On y était : Peter Peter + H-Burns à La Laiterie Club

LIVE REPORT – Très joli co-plateau sur la scène de La Laiterie Club, qui accueillait Peter Peter et H-Burns pour un jeudi soir de haute volée.

Tu le sais bien, par ici, on considère le Québec comme la terre promise de la musique francophone. Et même si Peter Peter est devenu parisien d’adoption, tout dans sa musique nous ramène au Québec. Car quelle autre province serait capable de servir de la pop dansante, dans un français jouant si bien des figures de style, le tout interprété de manière si peu empruntée et si honnête ? Qui d’autre qu’un Québécois serait capable de nous faire ressentir cette douce mélancolie, cette nostalgie adorée à coup de paroles déprimantes derrière les paillettes électro ? Alors même si l’accent s’éteint entre les titres, on sent Montréal repointer le bout de son nez l’espace d’un « Alright! » lancé au public. On est sous le charme.

Car ce n’est pas une première partie à laquelle on aura droit, mais bien à un set de plus d’1h. L’occasion pour le groupe de présenter le dernier album en date, Noir Éden, sorti il y a un peu plus d’un mois. L’occasion aussi de replonger dans les anciens titres, notamment ceux de l’album qui l’aura fait connaître en France, Une version améliorée de la tristesse. De « Bien réel », qu’il interprète tout en face du public, à « Beauté baroque », en passant par les géniales « Carrousel » et « Vénus », le public se déhanche et remue la tête en rythme. Moi, je ferme les yeux et me repasse le film de mes périples canadiens.

Une bande-son à se passer en boucle

Peter Peter est de ces artistes qui, en live, te font prendre toute la mesure de leur talent cinématographique. Oui, si j’accolais bout à bout les souvenirs de cette soirée dans un bar du Mile-End, des routes immenses parcourues en voiture avec les sapins et les érables pour seuls paysages, de ces personnes qui riaient en plein karaoké, du vent dans mes cheveux au bord du Saint-Laurent, je voudrais une bande-son comme « Loving Game ». Et je la mettrais en boucle.

Quand le groupe s’efface, le public le réclame et obtiendra un rappel de 3 titres, dont « Noémie » en guitare-voix, pour finir sur une version sublime de « Pâle cristal bleu » Que dire après cela, si ce n’est reviens vite, Peter Peter.

H-Burns enchaîne. H-Burns, c’est ce groupe qui existe depuis des lustres et qui mériterait tellement plus de lumière. Découvert au hasard d’un concert il y a des années, je refais le même constat concert après concert. Un constat que je me dois de refaire encore une fois. H-Burns est un groupe sans faille. Honnête, généreux, et carrément classe. Un peu de folk quand Renaud Brustlein met la formule guitare-voix en avant, un peu de pop songs enlevées et délicates, et surtout cet air de ne pas y toucher mais finalement de toucher à tout, dans un sourire. C’est beau, c’est élégant, et foncièrement dans l’esprit indé de la simplicité.

Californian vibes pour public français

Venus pour présenter Kid We Own The Summer, sixième et dernier album en date, la Laiterie s’est un peu remplie d’une chaleur californienne avec H-Burns. L’opus, enregistré à Los Angeles comme le précédent, est rempli de cette douce rêverie qu’on entend sur « Kid We Own The Summer » ou sur la très très jolie « White Tornado ».

Le public n’est pas en reste quand les titres du cinquième album Night Moves se font entendre, et personne ne se fait prier pour taper un peu des mains. Il suffit de tourner la tête pour voir les étoiles briller dans tous les yeux alentours, quand « Big Surprise » est jouée en solo, ou quand la tubesque « Nowhere To Be » résonne. Est-il besoin de rappeler le pouvoir fou de cette chanson qui avait mis tout le monde d’accord à sa sortie ? Non.

Bien qu’un petit peu déçue de ne pas entendre plus de titres du passé lointain du groupe (à quand des concerts interminables ?), je finis tout de même comblée par le rappel que le public réclame fort. Après la terrible montée en puissance de « Night Moves », le set se clôture sur l’incroyablement merveilleuse reprise de ce grand classique qu’est « Pale Blue Eyes », du Velvet Underground. Une reprise qui a inspiré à H-Burns un titre nommé « Linger On ». Et qui, comme l’originale, s’attarde dans nos têtes bien après notre départ de la salle…

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