Triptyque d’une France créative : Malik Djoudi, Eddy de Pretto et Palatine au FGO Barbara

ON Y ÉTAIT – Ce mercredi 14 juin, le FGO Barbara accueillait Malik Djoudi, Eddy de Pretto et Palatine, trio d’artistes et groupe émergents, diablement talentueux.

Douce fraîcheur du FGO Barbara lorsque l’on passe les portes boulevard de la Chapelle. Il y a foule devant la salle. Il faut dire que l’affiche de la soirée est alléchante pour tous les amateurs de musique et chanson française actuelle. Le FGO a réuni trois projets montants : une découverte, et deux que l’on suivait déjà avec attention.

La soirée débute avec Malik Djoudi. Un timbre de voix surprenant au premier abord, côtoyant les aigus planants avec une facilité déconcertante. Un timbre qui sait se faire puissant et consistant dès lors que Malik Djoudi retrouve sa tessiture usuelle. Une pensée pour Christophe avec cette voix limpide qui s’échappe des nappes électroniques et gros beats que Malik Djoudi et son acolyte Greg Cadu égrènent adroitement. Avec son premier album UN, le Poitevin propose une pop électronique dans l’air du temps, en français, parfois en anglais avec cette reprise géniale de « Cambodia » de Kim Wilde dont on se souviendra.

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Eddy de Pretto, tragédien contemporain

Désormais accompagné d’une batterie en plus des machines et de la basse habituelles, Eddy de Pretto nous captive toujours autant. On se souvient encore de la claque qu’il nous avait mise lors de son passage aux auditions du Printemps de Bourges. On se souvient aussi surtout de la foule distraite et bruyante qui s’était métamorphosée en public attentif et enthousiaste. Ça n’y loupe pas au FGO Barbara. La salle se remplit et le Cristolien démarre avec « Fête de trop » puis « Rue de Moscou ».

Eddy de Pretto se balade sur cette scène qu’il a fait sienne en quelque secondes, avec une gestuelle et des moves de rappeur. Sérieusement, quel charisme et quelle prestance ! Très vite on entend des « Eddy ! » criés depuis le public. Ça ondule dans les premiers rangs, et ça chante. Comment ne pas se laisser porter par ces lourdes instrumentations pop/hip-hop sur lesquelles sont brodés des textes ciselés comme des punch-lines ? On ne connaît pas encore les titres officiels, mais on adore déjà cette chanson qui parle de virilité abusive, cinglante et véridique. 

Le jeune homme ne perd pas le nord, et nous balance naturellement que son tout premier single sort dans 10 jours, avant de se lancer dans l’interprétation d’un de ses titres phares, « Beaulieue ». Eddy de Pretto est loin d’être « complètement normal, complètement banal ».

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Rêveries et voyage palatin

Palatine prend les rênes pour la fin de soirée. Après une intro instrumentale planante, les quatre garçons se lancent dans « Darkest City » puis « Comme il se dissout » et « Dame Damoclès ». Vient l’heure d' »Orange Sylvestre » et de la balade en forêt. Ce titre, et plus généralement le set a regagné en vigueur et en intensité, les passages instrumentaux aériens sont finement amenés et menés, la voix est plus solide et assumée.

Puis vient le temps des nouvelles compos. On aime beaucoup « Paris l’Ombre », la contrebasse et la guitare qui se répondent, et comme à leurs habitudes, les percussions chapeautent et syncopent le tout avec l’aide d’accessoires originaux. Palatine a le don de toujours nous surprendre et le prouve à nouveau ce soir-là avec « Est-ce de l’or ? » une superbe ballade mélancolique, entamée et terminée en guitare-voix. Toute en nuances et subtile accompagnement.

Vincent nous présente ensuite « Marlaguette » inspiré du conte du même nom. Finie la contrebasse, Adrien est passé à la basse. On adore leur mélancolique reprise de « Novocaine for the Soul » de The Eels, puis on se laisse chalouper sur « Baton rouge » que le public demandait depuis la moitié du spectacle. Pour finir, on ferme les yeux sur les onomatopées rythmiques qui clôturent « Noir Nord », notre passage préféré, tandis que les percussions s’élèvent et que la contrebasse chante à nouveau.

En concert le 21 juin à l’église Saint-Eustache pour les 36h.

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Texte : Emma Shindo | Photos : Jeanne Cochin

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