Simon Carpentier, we will miss him

HOMMAGE – Rocknfool a croisé à plusieurs reprises la route de Her, on a souhaité rendre hommage à Simon Carpentier, décédé dimanche 13 août.

Morgane – C’était en mai 2014. J’allais au Pan Piper ce soir-là, pour une soirée Longueur d’Ondes qui réunissait 3 groupes. J’en connaissais un, le premier. Je suis restée jusqu’à la fin de la soirée. On m’avait parlé du dernier groupe. Des Rennais, avec un nom bizarre : The Popopopops. J’avais quelques années de retard visiblement, je n’en avais jamais entendu parler.

Mais ce soir-là, je suis tombée amoureuse de ce groupe. De deux voix, surtout : celle de Victor, et puis celle de Simon. Deux voix qui se complétaient parfaitement. Celle de Victor hypnotisait, nous caressait, pendant que celle de Simon nous embarquait exactement là où le groupe voulait nous mener, entre danse et transe. Cette impression qu’on avait que c’était Victor qui menait la danse, quand c’était en fait Simon qui ancrait le rythme du concert.
À partir de ce soir-là, « My Mind Is Old » s’est installée dans mes playlists et ne les a jamais quittées.

Beaucoup plus tard, voilà qu’on me parle de Her. J’écoute. Les voix me semblent familières. Forcément, il s’agit de Victor et Simon, encore. Plus soul, mais toujours cette maturité, ce talent. Et les concerts, surtout… Après celui de Strasbourg, on échange quelques mots, on parle de The Popopopops, et de la suite de Her : la Cigale, les Etats-Unis, les tournées à venir… Victor, pas avare d’explications, en avant, et Simon, en retrait, le sourire aux lèvres pour parler de The Popopopops. Qui semble affectueusement couver son pote du regard.

La force tranquille, sur scène et en dehors. Voilà l’impression que je garderais de ce garçon. Ça et la poignée de titres brillants qu’il nous laisse.

Sabine – J’avais croisé The Popopopops par hasard, à une soirée au Dandy, je crois. En 2013. Je me rappelle du mélange de deux styles très différents. Mais, si je devais parler d’un concert qui m’a marqué et l’image que je retiendrai de Simon Carpentier, c’est ce concert à Montréal. C’était au Festival de Jazz. Il était là, amaigri, fatigué, un grand chapeau sur son crane. A ce moment-là, il n’avait pas annoncé qu’il luttait contre un cancer depuis quelques temps. Mais, je voyais bien que quelque chose n’allait pas. Que ses traits étaient tirés. Pourtant, il avait le sourire jusqu’aux oreilles, Simon.

Il a fait le show comme d’habitude, avec élégance, son costume parfait. Sa voix suave caressait nos oreilles. La scène, c’était son élément. Malade ou pas, il était là. C’était sa façon de dire, je t’emmerde la maladie. Malheureusement, il a rejoint ce club très fermé des 27 ans. Je me dis qu’il sera bien entouré, là-haut, avec Kurt Cobain, Amy Winehouse, Janis Joplin et les autres. Prenez soin de lui, les gars. Nous, de cette côté de la rive, on s’occupera de Her, on les chérira, on s’occupera de faire découvrir au plus possible de monde possible la voix de Simon.

Emma – Je me souviens très bien de ma première rencontre avec Simon et Victor. C’était un midi d’avril, sur l’esplanade de la Défense durant le Festival Chorus 2016. Deux jours avant, je rentrais d’un gros voyage sur la côte ouest du Canada avec Jeanne. Mais Festival Chorus oblige, je traversais Paris d’est en ouest pour assister aux concerts du midi, ceux où l’on découvre de nouveaux groupes.

J’étais venue revoir We Are Match. J’hésitais à rentrer chez moi, après leur concert, fatiguée. Mais Jeanne curieuse, souhaitait écouter un peu la suite, quelques chansons tout au plus. Je lui en serai éternellement reconnaissante. Je ne crois pas que ce court concert fait partie des concerts marquants pour le groupe. Pour moi en revanche, ça a été un réel coup de foudre. La synergie des voix, la qualité de l’interprétation, les rythmes chaloupés, les instrumentalisations au demi-soupir près, cette musicalité qui leur est propre et le charisme du groupe ne pouvaient que me plaire. Conquise j’étais.

Je les ai revus brièvement au Prix Adami, puis je les suivais ensuite dans ma ville de Fontenay-sous-Bois pour le Festival des Aventuriers où j’avais choisi de reporter une interview de 10 minutes avec eux afin de pouvoir, j’espérais, discuter avec eux plus longuement lors d’une prochaine date. J’avais préparé mes questions pour Rock en Seine.

Je me revois enfin faire la queue devant la Gaité Lyrique pour leur grosse date parisienne complète de chez complète. Cette date, je l’avais notée depuis belle lurette dans mon agenda. C’était un concert de fou. Dont le groupe a d’ailleurs fait un EP live. C’est le souvenir que j’ai choisi de garder de Simon, moi qui me place toujours du côté droit de la scène. Un jeune homme aux yeux brillant de passion, fin guitariste et chanteur accompli. Je me souviendrai de ces regards de connivence échangés avec Victor sur sa droite quand ils chantaient à tour de rôle ou ensemble. De ces hochements de tête avec Thomas le bassiste sur sa gauche. De ces sourires timides mais sincères quand il remerciait la foule venu se déhancher sans pudeur, ce public qui les acclamait à chaque fin de chanson. De son bonheur manifeste de pouvoir se produire sur scène avec ses compagnons de route, ses frères de cœur.

L’aventure de Her n’est pas finie, mais avec le décès tragique de Simon, c’est un chapitre qui se clôt. La tournée se poursuivra et l’album sortira, comme l’a souhaité Simon. Her est amputé d’une de ses fondations, d’une parcelle de son cœur battant et vibrant.

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