Notre rétrospective musicale de l’année 2017

BILAN – Calmement, à travers une rétrospective musicale, l’équipe se remémore chaque instant, bons ou moins bons moments qui ont ponctué cette année 2017.

On ne sait pas où est passée 2017, mais ces 12 derniers mois sont passés à une vitesse grand V. Toute l’équipe a arpenté des salles en veux-tu en voilà, pour vous raconter avec enthousiasme, tristesse et déception son ressenti. On n’a pas chômé, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais comme d’habitude, il faut faire des choix (pour celles et ceux qui y arrivent). Voici donc nos tops de l’année, avec son petit pesant de déception.

• Swann •

Meilleur album : This Never Happened de Yan Wagner
Elle fut belle cette année musicale. Elle fut riche. Puisqu’il ne faut choisir qu’un album, je dis celui de Yan Wagner. Je me fie à mon top Deezer. C’est l’album que j’ai le plus écouté d’après lui. Qu’est-ce qui me fait l’aimer ? Sa puissance cinématographique, le spleen dansant, la voix d’outre-tombe et « SlamDunk Cha-Cha » qui me fait furieusement penser à « Fame » de David Bowie. J’en reviens toujours à lui. J’aurais aussi pu mettre Blitz d’Etienne Daho ou Blue Ceilings de Franklin Electric.

Meilleur concert : Benjamin Biolay au Zénith
Certes, c’est le Zénith. Du coup, pour l’intimité et le côté calfeutré et moite des ambiances argentines, on repassera. C’était autre chose. C’était grand, un panorama complet de la discographie du chanteur. « À l’Origine » épique, un « Négatif » puissant émotionnellement. Un grand bonhomme qui ne semble plus effrayé par la scène. Un public qui l’acclame comme il se doit. Il le mérite ce Zénith, plus que pour cinq minutes.

Découverte de l’année : Tamino
L’autre homme de ma vie, c’est Jeff Buckley. Et ce Belge semble être l’une de ses réincarnations. La ressemblance physique est là, mais la voix puissante, émotive, qui tutoie les aigus et les graves me font furieusement penser à Buckley. Écoutez le titre « Habibi ». Magnifique. Une claque.

Déception de l’année : Queens Of The Stone Age.
Quand Josh aura retrouvé le droit chemin dans sa tête et dans sa musique, quand les titres seront redevenus craspecs et les chansons lascives à la « Smooth Sailing », merci de m’appeler au 06 06 06 06 06.

• Emma •

Meilleur EP de l’année : Kid  d’Eddy de Pretto
Je n’ai pas de meilleur album, un LP génial de but en blanc. En revanche, Eddy de Pretto a sorti le meilleur EP de l’année avec Kid. Haut la main. Parfois il suffit de quatre chansons. J’ai eu la chance de le rencontrer avant son hyper-médiatisation, après l’avoir découvert lors des auditions du Printemps de Bourges. Un garçon touchant, et un artiste flamboyant.

Meilleur concert de l’année : Her à la Gaîté Lyrique
L’année passée, je te disais que ma meilleure découverte de 2016 était Her. Entre temps, les garçons sont devenus HUGE. Leur concert à la Gaîté Lyrique était incroyable émotionnellement parlant, l’ambiance était folle, même si je les avais déjà vus à plusieurs reprises. Je me revois danser/gigoter dans les premiers rangs, à chanter avec Victor et Simon, à admirer ce groupe qui me rend euphorique. Les garçons ne cachaient pas leur joie. C’était un concert extraordinaire.
Niveau émotions, je ne peux pas ne pas te mentionner rapidement ces larmes de bonheur qui dégoulinaient sur mes joues lorsque Gregory Alan Isakov a joué les premières notes de « Big Black Car » au Pop-Up du Label. Les premières fois tu sais…

Découverte de l’année : ISLAND
Là, si tu me connais un peu, ou si tu me côtoies dans l’année, tu sais que j’ai beaucoup (trop) parlé d’ISLAND. Découvert en première partie de Palace en mars, j’ai eu un énorme crush pour ce groupe londonien qui me fait planer. C’est bien simple, j’adore absolument t.o.u.t. de ce qu’ils font, et ce qu’ils sont. Leur premier album arrive l’année prochaine, il y a de fortes chances que je continue à vous baratiner d’ISLAND pendant un certain temps, car ils sont juste géniaux. And everyone should know.

Déception de l’année : Lines de Charlie Cunningham
Charlie tu le sais, c’est un chouchou de la rédac. C’est un artiste que j’ai découvert lors d’une de mes nombreuses errances sur internet. Depuis 2015 donc, je le suis avec grand intérêt et avec beaucoup d’amour. Car en plus d’être un des garçons les plus gentils au monde, Charlie est un artiste comme on en a rarement écoutés ces dernières années. Ces EPs étaient tops. Son premier album, Lines, beaucoup moins. Trop linéaire (sans jeu de mot) et trop produit à mon goût. Le live a commencé à nous réconcilier quelques semaines après.

• Jeanne •

Meilleur album de l’année : Fishbach, À ta merci
L’année 2017 commençait fort avec la sortie du premier album de Fishbach dès le 27 janvier. Avec À ta merci, on plonge dans 12 titres à la poésie virevoltante et à la sensibilité brillante. Pendant tout 2017, mes tympans ont résonné en continu des rythmes de « Un autre que moi » et de la voix éraillée de « Un beau langage » ou « Invisible désintégration de l’univers ».

Meilleur EP de l’année : Clara Luciani, Monstre d’amour
On l’a attendu longtemps cet EP et quand il est enfin arrivé on n’a pas été déçus. Tout y est : l’émotion, la sensualité, la profondeur et l’intensité. Toutes ces émotions qu’on a dans un concert de Clara Luciani, sont parfaitement rendues à l’enregistrement. Et notre inquiétude, quant au passage du traditionnel guitare-voix à une orchestration de groupe, est vite rassurée. En aucun cas la qualité des compositions intimes n’a été ternie par l’enrichissement des sonorités. Bravo et merci pour tout.

Meilleur concert de l’année : Cabadzi pour le MaMA Festival
Ça avait été une vraie claque d’entrer dans la chapelle du lycée J. Decour en cette première soirée du MaMA 2017. La salle toute de boiseries revêtue résonnait d’une chaleur bienveillante tandis que sur scène, enchaînant chorégraphies, punchlines et beatbox hypnotisantes, le duo suait sang et eau. Toute la scénographie était fascinante : leurs mouvements, leurs costumes qu’ils changeaient au fil des titres, les illustrations projetées sur de longues franges de tissu, les lumières, etc. Ils avaient littéralement captivé le public qui se balançait au rythme des textes, inspirés des films de Bertrand Blier, tels des zombis émerveillés.

Découverte de l’année : Theodora
Theodora, c’est tellement ma découverte de l’année qu’elle trouverait bien sa place dans meilleur EP et meilleur concert aussi. Hyper talentueuse autant derrière sa basse, que créative dans ses textes et compositions, autant fascinante par sa voix chaude et chaleureuse que par son interprétation intense. Bref, Theodora est toujours au top !

Déception de l’année : l’absence d’Emilie Plaitin
Emilie Plaitin, on l’a découverte au printemps avec deux clips dévoilés : « À l’hôtel » et « Palimpseste » et depuis… plus rien ! Bien dommage parce que cela présageait plein de belles choses. On croise les doigts pour que 2018 soit l’année de concert et pourquoi pas d’un album ou d’un EP pour Emilie !

• Mathilde •

Meilleur album de l’année : Little Fictions d’Elbow
Elbow, le groupe britannique le plus mésestimé des français a encore signé un diamant brut cette année. Un ensemble de titres extrêmement symphoniques et cinématographiques, un véritable voyage en soi. Et dans le même état d’esprit, est arrivé dans mon coeur quasi ex-aequo Sleep Well Beast de The National.

Meilleur EP de l’année : Palace de Matthew & The Atlas
Merci Deezer car cette année je me suis abonnée chez toi et tu me glisses dans l’oreille quelques pépites qui me font me lever de ma chaise pour aller regarder quelle est la merveille que j’entends. C’est souvent du folk, on ne se refait pas, et donc Matthew & The Atlas et son joli EP Palace promettent une suite cajolante.

Meilleur concert de l’année : Arcade Fire au festival de Fourvière
Malgré un nouvel album assez décevant dans son ensemble, Arcade Fire nous livra avant sa sortie un concert dantesque dans le théâtre antique de Fourvière en juin dernier. « Everything Now » reste un titre ultra catchy, et le reste du répertoire des Canadiens n’est qu’une longue suite de tubes. On les sait capables du meilleur comme du pire, cette année ce fut le meilleur !

Découverte de l’année : Harry Styles
Oui allez-y sortez les tomates, les œufs pourris, le fouet même, mais je ne peux rien dire d’autre que : j’assume. Il m’a fallu du temps hein, car je n’en revenais pas moi-même ! Mais oui, je trouve l’album d’Harry Styles bon, le garçon excellent chanteur, et j’ai écouté de nombreuses fois son album éponyme, fondant littéralement pour « From The Dining Table ».

Déception de l’année : Villains de Queens of the Stone Age
Mon cœur en saigne encore, donc je ne m’appesantis pas plus sur cette douleur… Des mois (voire même des années si on compte depuis l’album précédent !) à attendre cet album, ultra bien marketé en amont, pour découvrir le Jour J un album fadasse et parfaitement oubliable… Josh, j’oublie tout et ressors vite autre chose…

• Morgane •

Meilleur album de l’année : William Z. Villain LP / The Death Of You & I (EP) – Isaac Gracie / Layer After Layer (livre album) – Ross Heselton
Je triche. Je me rebelle. Je n’aime pas les tops. JE N’Y ARRIVE PAS. Alors j’en mets trois, voilà, quitte à me faire taper sur les doigts. Un album, celui de William Z. Villain, parce que c’était le premier de l’année 2017 à m’avoir ensorcelée. Un EP, celui d’Isaac Gracie, parce qu’il était inenvisageable pour moi de ne pas parler de ce garçon. Je l’aime très fort, et cet EP représente toute l’étendue des possibles, toutes ses facettes, toutes ses promesses. Et puis un album-livre, celui de Ross Heselton. Parce que l’objet est le plus magnifique qu’il m’ait été donné de toucher cette année. Et parce qu’il faut absolument défendre ces artistes qui osent et qui prouvent que la musique, c’est de l’art et de l’émotion avant tout.

Meilleur concert de l’année : Lisa Hannigan / Shame
Oui, je triche encore. Ça va, hein. Habitue-toi. Les règles sont faites pour être transgressées. Donc Lisa Hannigan, c’était à Amsterdam, à De Duif, cette ancienne église sublime. Elle était seule à sa guitare, avec quelques invités, mais surtout elle a chanté d’une manière inoubliable « We, The Drowned » et « Lille ». J’ai versé toutes les larmes de mon corps. Dans un style bien différent, il y a eu Shame. Deux fois cette année, à La Route du Rock hiver, et puis au Point Ephémère. Ils te retournent une salle comme personne. Ils suent à grosses gouttes, sautent, éructent, et sont débordants de charisme. Leur album risque d’être dans mon top 2018.

Découverte de l’année : Fenne LilyGeorge Ogilvie
Elle en première partie de Charlie Cunningham, lui au hasard d’internet puis à Amsterdam. Les deux apaisent, les deux caressent, les deux sont les plus talentueux folkeux de l’année. Deux voix et deux guitares. Si un jour ils se rencontrent, je veux être là.

Déception de l’année : Heymoonshaker et leur album live
Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais de la part du duo de beatbox-blues. Mais une chose est sûre, je ne m’attendais pas à ça. J’ai jamais aimé les albums live. Mais vraiment jamais. Alors de leur part, c’est encore pire. Parce que si tu as déjà vu Heymoonshaker, tu sais que leur live NE PEUT PAS tenir sur un CD. Impossible. Leurs concerts, c’est métaphysique. C’est grandiose, c’est la claque dans ta face, c’est l’énergie pure. Tu peux pas décrire ça en 13 pistes, juste avec des applaudissements en fond. Et entre le solo de Crowe qui ressemble à un ballon de baudruche qu’on dégonfle et la version pas terrible terrible du solo d’Andy, seuls titres qui n’étaient pas sur l’album originel… Nan, vraiment… Le péché ultime.

• Renaud •

Meilleur album de l’année : Will to Power d’Arch Enemy
Le soleil s’est fait rare en 2017. Alors qu’au printemps, l’album de l’année devait être sans équivoque celui du folk fleuri et mélancolique de Karen Elson, je me suis retranché à la fin de l’été sur le rock dépressif de Chelsea Wolfe, avant de sombrer totalement dans le death metal melodique d’Arch Enemy. Leur album « Will To Power », m’a totalement scotché, tant par la performance musicale du groupe suédois (des riffs de guitare endiablés et une batterie surpuissante) que le leadsinging guttural de la québécoise Alissa White-Gluz. Je suis revenu aux bases : le métal et la noirceur !

Meilleur concert de l’année : Agnes Obel
Premiers jours d’été. Le Festival Europavox de Clermont-Ferrand accueille en tête d’affiche de sa soirée Dreampop, la danoise Agnes Obel. Après avoir eu la chance de parler mélancolie et musique avec elle, je pus la voir en live pour la première fois de ma vie. Et, même si ce ne fut pas la claque attendue, je fus totalement sous le charme, tant cette artiste est attachante. L’humanité sur scène existe donc encore !

Découverte de l’année : Adna
Noir, le retour. Vue en première partie d’Agnes Obel à Europavox, la jeune Suédoise – expatriée dorénavant à Berlin – avait sorti quelques semaines plus tôt un 3e E.P, « Closure ». Pour sa première date en France, Adna a eu le malheur d’arriver en retard, de perdre un de ses instruments à l’aéroport, mais dans la noirceur de son univers, j’y ai trouvé un joli sourire. Un sourire sombre, mélancolique mais enchanté.

Déception de l’année : l’industrie musicale
En cette année 2017, j’ai divorcé. Oui, le monde de la musique et moi-même ne sommes plus en amour. En 2017, on a eu l’interdiction de prendre des photos en concert, on a eu l’interdiction de diffuser des photos sur internet, on a eu l’interdiction de critiquer des artistes. On doit vivre dans un monde musical aseptisé et monotone. Ce monde n’est plus le mien. Alors, si tel doit être le cas, Amen !

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