The End of the Fucking World : délicieusement dérangeante

CHRONIQUE – Quand deux ados totalement marginaux décident de partir ensemble vers une nouvelle vie, loin de leur quotidien morose, ça donne The End of the Fucking World, la très bonne surprise de ce début d’année disponible sur Netflix. 

D’un côté, Alyssa, 17 ans, aussi perturbée que rebelle, carrément vulgaire et nymphomane à tendance suicidaire qui méprise sa mère et surtout son beau-père. De l’autre, James, 17 ans, garçon solitaire, dénué de toute émotion et psychopathe en herbe qui a déjà la mort de nombreux animaux sur la conscience. Ils étaient faits pour se rencontrer. Alors quand la première propose au second de l’accompagner retrouver son père, il accepte voyant en elle la proie idéale pour assouvir ses pulsions meurtrières. C’est là que The End of the Fucking World commence.

Inspiré des bandes dessinées éponymes de Charles Forsman, la série suit le road-trip de ces deux ados marginaux, complètement fucked up, en manque de repères et de sensations fortes. Au cours de ce périple romantico-macabre, le duo va apprendre à se connaître et à apprivoiser ses émotions naissantes. Mais, rassurez-vous, la série ne fait pas dans le mièvre, bien au contraire. Ici, pas d’effluve de sentiments sans l’humour noir ni le gore, et donc la violence, qui vont avec. Car The End of The Fucking World est sans conteste le programme le plus WTF qu’on ait vu jusqu’à maintenant sur Netflix. Dans le bon sens du terme.

Génération désenchantée

Entre rires et malaise, on est pris dans une spirale infernale menée sans temps mort par deux personnages aussi atypiques qu’attachants. Construite en huit épisodes de 20 minutes (environ), le série se regarde comme un film, qui plus est servi par une réalisation sobre, une superbe photographie et une bande son vintage à souhait (Fleetwood Mac, Buzzcocks, Françoise Hardy…)

La prouesse de la série réside dans le fait d’avoir réussi à traiter de l’adolescence sans jamais tomber dans la caricature qui incombe souvent à ce thème. Malgré tous les tourments qu’ils portent en eux, on s’attache forcément aux protragonistes remarquablement interprétés par Jessica Barden et Alex Lawther (déjà vu dans Black Mirror). Il faut dire que s’ils ne tournent pas rond à l’intérieur, c’est en grande partie à cause des adultes qui les entourent. Et sans rien spoiler, ceux qu’ils vont croiser sur leur route ne vont pas changer la donne…

On voit ainsi Alyssa et James évoluer, de désillusion en désillusion, dans un monde difficile qui ne laisse aucune place à l’espoir ni à l’innocence. Fuir, telle est l’unique solution. Radicale, The End of the Fucking World dresse le portrait d’une génération blasée, sans aucun compromis, et dessine un passage à l’âge adulte brutal mais redoutablement séduisant. Bonne nouvelle, au vu de sa fin ouverte, une saison 2 est déjà confirmée. Youpi !

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