Route du Rock 2018 : une soirée d’ouverture 3 étoiles

RDR 2018 – La Route du Rock, version été 2018, a le chic pour donner le ton. Dès sa soirée d’ouverture, le festival breton a envoyé du lourd avec Marlon Williams, Ezra Furman et The KVB.

On dit de La Route du Rock que c’est l’un des meilleurs festivals de France. Probablement le seul à encore tenir son nom correctement. On n’avait eu un aperçu il y a 18 mois en venant voir la collection hiver. Cette année, cap sur la collection été pour vérifier tout ça, et ce dès la soirée d’ouverture.

Je n’aurais manqué cette soirée d’ouverture pour rien au monde. Surtout parce que le tout premier à ouvrir le bal était Marlon Williams. L’interview annulée de l’après-midi, pour laisser l’artiste qui ne se sentait pas très bien se reposer, avait de quoi m’inquiéter. J’avais comme souvenir de Williams et de son groupe un concert magistral, l’un des plus beaux moments de musique de ma vie, il y a 2 ans. Même si je savais que plus rien ne surpasserait ce moment, j’avais très envie de retrouver la voix de Marlon Williams au meilleur de sa forme. Dieu merci, ça a été le cas.

Marlon Williams, l’art de la note finale

Il commence son set par l’entame de son dernier album « Come To Me ». Je comprends très vite que cet album, probablement bien meilleur que le premier sur disque, n’est pas aussi taillé pour la scène. « The Fire Of Love » ou même « Nobody Gets What They Want Anymore » joué plus tard manqueront de la grandeur que j’avais découverte un soir au Pop Up du Label. Les choses s’améliorent nettement dès que commence « Dark Child ». Premiers frissons pour cette voix, l’enchaînement avec « I’m Lost Without You » me terrasse, je retrouve toute la magie des Yarra Benders. Parce que la magie ne vient pas que de Marlon Williams, mais bien de l’immense complicité avec ses 3 musiciens, et de leur talent incroyable (surtout le guitariste Dave Kahn, toujours impressionnant). Et une fois tous lancés, « What’s Chasing You » déploie soudain toute ses qualités.

Si la présence d’un clavier me laissait espérer la parfaite « Love Is A Terrible Thing », ce sera finalement la non moins parfaite « I Didn’t Make A Plan » qui nous fera découvrir les talents de pianiste du néo-zélandais. Re-frisson (forcément). Mais le concert touche bientôt à sa fin, avec l’arrivée de la très elvisienne et pleine d’espoir « Make Way For Love ». On a à peu près tous le sourire collé au visage quand Marlon Williams annonce alors la dernière chanson. « Une chanson de Screamin’ Jay Hawkins ». Je ne retiens plus le cri de joie, moi qui sait à quel point le monde s’arrête de tourner sur cette reprise « Portrait Of A Man ». Et le monde s’est arrêté de tourner. Les gens sont restés bouche bée. Et Marlon Williams a brillé, sur une note finale qui a brisé La Nouvelle Vague tout entière.

Ezra Furman, l’insaisissable

Il faut atterrir à nouveau pour la suite, parce qu’Ezra Furman est lui aussi immanquable à sa manière. Rouge à lèvre, collier de perles, petite robe. Celui qui se présente comme bisexuel et androgyne est entouré là encore d’un groupe incroyable. Comme pour Marlon Williams, on tient là des musiciens qui sortent du lot, entre le violoncelliste, le batteur qui joue debout, et le joueur de sax… Cela étant dit, je ne saurais pas qualifier la musique d’Ezra Furman. Tant mieux, en fait. Il y a du Springsteen dans sa musique. Il a la voix et l’intensité de Finn Andrews, de The Veils. Ça parle ange et histoire d’amour gay. Ça bouge, puis ça se calme, puis ça repart, et puis un break et encore une cavalcade. Si au début, j’ai plutôt du mal à saisir, je me retrouve complètement déçue de voir le concert se finir. Déçue et surprise. Mais comment avais-je pu passer à côté de son dernier album Transangelic Exodus ?

The KVB, noir et dansant

8 ans que The KVB, groupe londonien exilé à Berlin, sévit. L’installation est simple. Une guitare, un ordinateur/claviers/pads, un vidéoprojecteur. Un gars, une fille. Et du son. On les classe à côté, pêle-mêle, des Jesus and Mary Chain, du Brian Jonestone Massacre (ils sont adoubés depuis longtemps par Anton Newcombe), The Soft Moon, etc. Leur musique est sombre, hypnotique, froide mais terriblement viscérale, ultra-dansante et carrément addictive. J’ai jamais vraiment été une grande fan de tous les genres qui finissaient par -wave. Je saurais faire une exception pour eux. Parce qu’ils sont du genre à te remémorer les concerts dans les sous-sol humide, à te faire kiffer les stroboscopes, et à t’imaginer dans une scène de film en club au ralenti.

La Route du Rock tient définitivement ses promesses.

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