Les Louanges, ou l’art de faire groover la nuit et l’espoir

DÉCOUVERTE – Tout le monde en parle, et à juste titre. Halo sur Les Louanges, le projet indéfinissable de Vincent Roberge, qui vient de sortir un premier album des plus prometteurs.

Les Louanges. C’est le nouveau phénomène québécois du moment. Celui dont toute la hype montréalaise parle avec engouement et excitation. C’est le nom du projet musical de Vincent Roberge. Celui dont le lancement au Ministère affichait complet, et que les médias n’ont cessé d’encenser. Petite présentation.

Étudiant en jazz, le Québécois originaire de Lévis se fait remarquer dès 2015 en accédant à la finale du Festival international de la chanson de Granby. Puis, de nouveau en 2017 aux Francouvertes. Entre temps, le jeune homme sort son premier EP, Le Mercure, qui sera suivi de deux singles : « Encéphaline » (2017), puis « Pitou » (2018). Un single qui lui permet de se retrouver sous les projecteurs du grand public puisqu’il annonce dans la foulée sa signature sur le label Bonsound, en gérance, disques et spectacles. Le gros lot.

La Nuit est une panthère est le tout premier LP du Québécois, propulsé par Bonsound (Safia Nolin, Milk & Bone, Dead Obies, Lisa LeBlanc…). Un album co-produit avec Félix Petit, saxophoniste et multi-instrumentiste d’un groupe qu’on affectionne tout particulièrement : Bellfl0wer. Parmi les musiciens présents en studio, d’autres membres de la famille Bellfl0wer, William Côté aux percussions et Jérémi Roy à la basse. Lors de la soirée de lancement, c’est Jérôme Beaulieu au piano qui vient rejoindre les quatre musiciens (et une choriste, la sœur de Les Louanges) déjà sur scène. On ne pouvait rêver meilleure équipe de musicos. Le soin et la précision des accompagnements permettent de conserver la singularité de l’identité composite de l’artiste.

Groove nocturne

La Nuit est une panthère est un album de rentrée qui pulse de la fraîcheur à la face pendant une nuit de pleine lune. Sans spleen nocturne plombant. Un virage dans la discographie plutôt folk-pop avec laquelle l’artiste avait fait ses premières armes. Le Québécois, fan de Frank Ocean, s’est nourrit de multiples influences, et ses nouvelles compositions, toujours en français/québécois, sont difficilement étiquetables. Ainsi, sur 14 titres, on trouve notamment 4 petites pièces instrumentales, sortes d’intermèdes à ambiancer, venant faire le lien et le liant entre ces chansons qui fusionnent moult influences.

On peut parler de RnB, de hip-hop, de jazz, de rap, de funk et de pop fondus dans une dichotomie voix glapissante et denses instru’. Mettons tout ceci dans un grand shaker magique à faire des chansons sexy (coucou l’effet solo de saxo’), diablement entraînantes et groovy qui donnent l’irrépressible envie de se déhancher sensuellement à la tombée de la nuit.

Un univers urbain et onirique tout personnel, porté par le timbre enfantin, nonchalant et félin de Vincent Roberge, qui n’hésite pas se lancer dans des échappées vocales, sortes de miaulements à la lune qui peuvent en surprendre plus d’un. On a un faible pour l’intense « Jupiter », l’addictive « Pâle » et la berceuse « Platane ».

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Du body surf et un scandale

Le Ministère est, en tout logique, plein à craquer pour le lancement montréalais de l’artiste. De très belles lumières, une scène débordant d’instruments et beaucoup de fans de la première heure. L’artiste est surexcité aussi, bien que ça ne soit pas le Club Soda, note-t-il amusé. Il vaut mieux une petite salle pleine, qu’une grande dégarnie, ajoute-t-il, réaliste.

Plus d’une heure de concert, dont deux titres en guitare-voix, et une aversion à rejouer les titres de son EP. Et ce malgré une demande particulière du premier rang. « Scandale ! » crie un spectateur amusé après que Les Louanges imagine déjà les gros titres des journaux people à la suite de ce catégorique refus. Peu importe. Quelques minutes après, le voilà surfant sur la foule qui le porte à bout de bras. Il est acclamé tel un politicien à quelques jours du passage aux urnes. Après plus d’une heure de show, Les Louanges donne rendez-vous au Quai des brumes. La fête est loin d’être finie.

Toute comme la hype montréalaise, on a bien des difficultés à ne pas succomber à Les Louanges. Celui-ci nous avait déjà fait forte impression cette année en solo (et en rodage). La Nuit est une panthère est définitivement l’un des albums forts de cette rentrée musicale et Les Louanges l’un des artistes québécois à suivre de très près.

Les Louanges donnera 5 concerts aux Trans Musicales de Rennes (5-9 décembre), et un concert à Paris le 12 décembre au Pop-Up!. Il sera en concert au Cha Cha (Sainte-Thérèse) le 1er novembre. Au MTelus (Montréal) le 22 février, et à l’Impérial de Québec le 22 mars.

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Crédit photo : Jean-François Sauvé

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