Yarol à La Laiterie, une belle leçon de rock’n’roll

LIVE REPORT – Quelques mois avant la sortie de son premier album solo, Yarol est venu passer quelques jours en Alsace, avec comme rendez-vous un concert à La Laiterie. Incontournable.

Caroline de Maigret et Melvil Poupaud. Voilà les deux premières choses auxquelles je pensais quand on me disait « Yarol Poupaud ». Un frère acteur dans un de mes films cultes (« Laurence Anyways »), une femme pas loin d’être mon icone mode si je devais en avoir une un jour… Yarol n’y peut rien, mon esprit associe. Pourtant musicalement, je connais aussi ce qu’il faut connaître de cet homme : fondateur de la FFF, guitariste de Johnny, moitié du groupe Black Minou. Lourd palmarès. Va savoir, j’ai toujours eu du mal à l’identifier comme artiste à part entière, le voyant plutôt comme un technicien de génie capable de naviguer d’un style à l’autre…

Encyclopédie du rock

L’impression est restée tenace au départ, quand chaque titre de chanson venait me remettre en tête d’autres titres, d’autres groupes… Boogie with you et Eagles Of Death Metal. The End Of The World dont le titre m’a ramené un instant à Ghinzu, pendant que Bad Habit me rappelait Arctic Monkeys. Mais c’est dans le plus ancien que l’esprit vagabonde en écoutant les titres de Yarol : AC/DC, le My Sharona de The Knack, Led Zep, Dire Straits,… Il est évident que le mec est une encyclopédie du rock mondial et maîtrise son sujet. Le risque, c’est un peu de s’y perdre.

Mais c’était sans compter sur le charisme du personnage et ses musiciens incroyables. Yarol Poupaud en solo, c’est un peu comme une panthère dont tu vois les omoplates rouler sous la peau, le regard déterminé. La même grâce, la même implacabilité. Il parcourt la scène, se déhanche, séduit le public, s’y joint même à deux reprises. Pendant ce temps, les musiciens sont au diapason et ce sont eux qui apportent finalement la touche Yarol. La basse et les percus sont irrésistibles de funk groovy. La batterie ne laisse aucune chance. Les claviers épousent parfaitement les guitares… Des arrangements tellement solides que Yarol peut se lancer en toute sécurité dans des riffs endiablés jouissifs.

Un public bien étrange

On passera sur les fans de Johnny tous portables dehors, qui filment en selfie le dos tourné à la scène sur la célèbre reprise « Fils de personne » que Yarol avait l’habitude de jouer avec le taulier. On passe sur la nana qui veut venir chanter Amy Winehouse sur scène avant de s’inviter pour danser puis de tenter de faire passer à Yarol un scénario. Parce qu’à part eux, tout le monde, moi y compris, a bien saisi l’essentiel après 2h15 de leçon de musique : Yarol mérite plus que la place d’homme de l’ombre. C’est à l’avant de la scène qu’il doit briller. Et nul doute que ce sera le cas dès février, à la sortie de son premier album solo.

PS : une collab est à prévoir entre Yarol et le groupe Dirty Deep, so stay tuned.

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