Cinq choses à savoir sur « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin

CULTE – Il y a cinquante ans, Led Zeppelin changeait la face du rock avec un tube lascif et sexy : « Whole Lotta Love ».

En 1967, l’amour était dans l’air. C’était le Summer of Love. Les Beatles chantaient « All You Need Is Love ». Les jeunes se réunissaient, le monde découvrait la contre-culture hippie et ses idéaux peace & love. Deux ans plus tard, ce sont les désillusions qui flottent dans les airs. La société américaine se déchire. La jeunesse se rebelle, elle refuse d’aller au Vietnam. Et le point d’orgue de cette rébellion s’appelle Woodstock.

En 1969, les Beatles se sont séparés après avoir pris la pause sur le passage piéton le plus connu au monde. Le rock psyché n’est plus à la mode. De toute manière, le rock commence à devenir ennuyeux et Led Zeppelin va donner un coup de pied dans la fourmilière avec son blues-rock sous stéroïdes. En 1969, pour la première fois en huit ans, le Fab Four n’est plus le premier du hit-parade britannique. C’est Led Zeppelin. Cette année-là, coup sur coup, le groupe sort deux albums : Led Zeppelin I puis Led Zeppelin II qui s’ouvre avec le massif « Whole Lotta Love ». Parlons de ce titre.

C’est un gros plagiat

Le groupe s’est fortement (mais alors vraiment fortement) inspiré de « You Need Love » du bluesman Willie Dixon mais aussi du groupe Small Faces. Après un procès pour plagiat, Led Zeppelin a dû créditer Willie Dixon et signer un accord financier. Selon Jimmy Page, ce plagiat, c’est de la faute de Robert Plant : « Robert était censé changer les paroles mais il ne l’a pas toujours fait, ce qui nous cause bon nombre de problèmes ».

1969, année érotique…

…chantait Serge Gainbourg. Ce n’est pas à l’écoute de « Whole Lotta Love » qu’on dira le contraire. C’est sans doute la chanson la plus érotique de Led Zeppelin. Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham font de la chanson doucement suggestive et un peu prude, une véritable apologie du sexe. Une orgie ponctuée de paroles imagées (« shake for me girl« , « keep it cool baby« , le « back door man« ) et des cris d’orgasmes dans le pont psyché… Plus rien n’est suggéré, tout est assumé. Led Zeppelin déclare sacré le droit à l’exultation des corps. Pas étonnant quand on sait que ce titre a été imaginé en pleine tournée, dans des chambres d’hôtel et dans la débauche.

Le premier tube de Led Zeppelin

Led Zep’ fait un démarrage en fanfare dans le monde du rock. Après avoir signé un contrat chez Atlantic Record, le groupe sort deux albums en l’espace de quelques mois. Led Zeppelin II fait l’effet d’une véritable bombe, grâce à « Whole Lotta Love », premier gros hit qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis en 1970. Le magazine Rolling Stone estime qu’il s’agit de la 75e meilleure chanson de tous les temps.

Le riff de Jimmy

« Je voulais un riff pour faire bouger, un riff que les gens aient vraiment envie d’entendre et qui leur donnerait le sourire ». C’était la déclaration d’intention de Jimmy Page. C’est réussi. Reconnaissable entre mille, il a été élu meilleur riff de tous les temps par les auditeurs de la BBC devant « Sweet Child O’Mine » des Guns N’Roses ou « Smoke On The Water » de Deep Purple (l’un des rejetons hard rock de Led Zep’ d’ailleurs).

Plus c’est long… moins c’est bon

Le titre fait 5m33… ce qui est bien trop long pour les formats de l’époque. Trop long à éditer. Mais Atlantic le fait quand même et sort en single le format de l’album. Cependant, ça reste trop long aussi pour les radios. Le titre pourtant est plébiscité par les auditeurs mais les directeurs de stations jugent que la section du milieu était « impropre à la diffusion ». Elles ont créé leurs propres versions de « Whole Lotta Love ». Atlantic suit et sort une version de 3m12. Page se souvient : « Quelques semaines avant sa sortie, ils m’ont envoyé un exemplaire du montage. Je l’ai joué une fois, je l’ai détesté et je n’ai plus jamais écouté la version courte ».

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