« Where The Oceans End » : voyage initiatique dans le petit monde de Cocoon

Cocoon : qu’on aime ou qu’on n’aime pas nos deux frenchies, impossible de ne pas connaître Cocoon. Si certains ont découvert cette folk enfantine  « On My Way« , d’autres ont dû fredonner « Chupee« , musique reprise encore et encore par les programmes tv et les publicités sans même savoir qu’il s’agissait de Cocoon. Pour ces derniers, on leur conseille vivement de se pencher sur All My Friend Died…, le premier album des clermontois. Pour les autres, on attendait avec impatience la suite…

Les deux acteurs n’ont cessé d’affirmer cette volonté de casser leur image de « pop-casimir ». On se dit alors que Cocoon allait emprunter un virage à 180°. Mais, bizarrement comme pour brouiller un peu les cartes ils expliquaient également que dans ce deuxième opus il s’agirait d’océan et de baleine. On se dit oups, ce n’est pas tellement avec une image de baleine qu’ils risquent de changer d’image. De même que le clip de « Comets » premier single venant supporter l’album s’avère…étrange. La baleine est là, et le clip est on-ne-peut-plus niais. Même si je n’ai pas aimé le clip, le titre lui est prenant, entêtant, cocoonesque!

Premier soulagement à l’écoute de Where The Oceans End, Mark Daumail et Morgane Imbeaud prennent un virage mais à seulement 90% degré! Les bases sur lesquelles s’est bati Cocoon demeurent, à savoir c’est à dire un mélange entre mélodies folk séduisante, harmonies vocales, et arrangements subtils et orchestrations époustouflantes. Cocoon est devenu grand! Et si je trouvais Comets léger et pas tellement différent du premier album, je dois avouer que le reste lui l’est.

On note que le banjo se fait moins présent, certes on peut l’entendre sur certains titres, comme Super Powers. Mais il se fait discret et lointain, remplacé par des violons, donnant aux compositions de Cocoon un aspect plus grave, et plus adulte. On est en fait assez loin de l’univers enfantin et pop joyeuse qui entourait le premier album. Le titre « Oh My God » en témoigne, poignant et étourdissant, ce titre est pour moi le meilleur de l’album. « Cathedral » ne laissera pas les grands amoureux de folk et de musique épurée. Une guitare, quelques accords et les deux voix qui se marient parfaitement. Deuxième coup de cœur de l’album pour ma part. Cependant les autres titres ne sont pas en reste. Aussi, « I Will Be Gone » ou encore « Baby Seal » et leurs acoustiques dépouillés séduisent l’oreille. On retrouve des titres entraînants et léger ou la voix enfantine et claironnante de Morgane se mêle aux sons de trompettes lointaines comme sur « Dee Doo« , d’autres rappellent le premier album à l’instar de « Dolphins« .

COMETS – COCOON

Le clip de Comets m’avait un peu déçu. Je m’étais fait à l’idée que j’allais être déçue par l’ensemble de l’album. Et bien que nenni, quel raccourci stupide ai-je pris. Tout en retrouvant les compositions folk qui ont fait le succès de Cocoon, on note une évolution dans la musique. Cocoon a déchiré sa chrysalide et s’est débarrassé de cette étiquette « folk enfantine » qui lui collait à la peau. When The Oceans End se révèle être une douce invitation au voyage dans le petit monde de Cocoon, situé à la croisée des chemins : volonté d’affranchissement et d’évasion et préservation de la candeur et de la délicatesse qui ont donné leurs lettres de noblesse au duo.

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3 pensées sur “« Where The Oceans End » : voyage initiatique dans le petit monde de Cocoon

  • 25 octobre 2010 à 13 h 48 min
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    Pour ma part, j’ai trouvé l’album très convenu, très plan-plan et plusieurs titres poussifs. Quand on compare à plusieurs sorties récentes (The Villagers, The Tallest Man On Earth, et … le dernier Sufjan Stevens auquel on a bien trop vite comparé Cocoon…), cela n’a pas grand chose à voir avec de la musique mature. Le son est bon, la production un peu plus étoffée, les orchestrations certes sublimes (même orchestre que Radiohead, on ne pouvait pas attendre moins), mais les chansons sont sans grand relief, évoluent de façon très convenues, sans prise de risque…Très bof, alors que j’avais apprécié le premier malgré son côte un peu trop parfait, mais avec des chansons très poignantes qui auraient pu être arrangées de mille façon tout en gardant leur substance…

  • 13 novembre 2010 à 14 h 41 min
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    Je suis tout à fait d’accord avec ta critique sur l’album. J’ai eu aussi très peur face à ce clip horrible signé par Mark Maggiori. Eux qui revendiquent à tout va qu’ils veulent quitter cette image concon, ils en remettent une couche avec les animaux marins gentils… moué. Là où je suis un peu perplexe c’est comment ils vont rebondir d’un clip aussi joyfull à des morceaux moins single beaucoup plus sombres comme Mother. C’est vrai que mélodiquement c’est souvent folkement covenu mais je dois avouer qu’un morceau comme Yum Yum où Mother m’ont bluffé car ils s’éloignent enfin des codes assez strictes de la pop pour quelque chose de plus ambitieux.
    Un bel album c’est sur mais on ne m’enlevera pas de la tête que Mark Maggiori après avoir salopé le néo métal français avec Pleymo il vient dégueulasser les clips avec ses conneries…
    Cordialement

    Dicky le Canard

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