On a écouté : « Full Circle » de HÆLOS

Lundi. Je me réveille à 4h00 du matin. Les insomnies me guettent depuis plusieurs jours. Je pars de chez  moi sans déjeuner, puis je cours pour aller d’un boulot à un autre. Le soir, dans les transports, j’entends des jeunes crier, je sens des gens qui poussent tout le monde, car ils ne peuvent attendre la rame suivante, et enfin, il y a les autres, ceux (comme moi) qui font la gueule. Pour ma part dans les transports, je me réfugie dans la musique et plus particulièrement, depuis quelques jours, dans « Doing It To Death » des Kills. Voilà, ce lundi aurait pu être un mardi, un mercredi ou un autre jour. Ce lundi fut une journée plus que banale !

Alors, plus que fatigué par ce côté « transport, boulot, dodo », je décide d’allumer ma télévision dès 18h30. Il est rare que je l’allume aussi tôt. À cette heure-ci, vous ne trouverez que télé-réalité, jeux et émissions de « pseudo-débats ».  Comme le disait un ancien président, il faut ces émissions pour que de grandes compagnies publicitaires puissent utiliser le temps de cerveau humain disponible et vendre ses produits. En matière de musique, il faut dire que l’ultra-mondialisme a réussi son pari ! La musique est devenue une culture sur le déclin, où seul compte l’argent et l’auto-tune (ce jeu de mot n’est pas voulu). Celui qui auto-tunera le plus, sera diffusé sur les grandes stations commerciales et remportera le Jackpot grâce aux cerveaux cocaolisé.

Heureusement, au milieu de ce capitalisme musical ambiant, une chaîne dans la tourmente réussit à tirer son épingle du jeu. Canal+, ne sachant pas s’il doit rester bobo ou devenir capitaliste, continue de diffuser chaque jour à 18h30 l’Album de la Semaine. Le programme a beaucoup changé depuis sa création en 2004, mais le fond reste identique : accueillir les groupes les plus connus ou les plus underground, pour filmer dans les conditions du direct, un concert de 35 minutes.

Et ce lundi soir, à 18h30, je tombe sur un groupe qui me bouleverse. Physiquement, la chanteuse Lotti Benardout est une copie conforme d’Hannah Reid de London Grammar. Quant au co-chanteur et guitariste, Arthur Delaney, il se la joue Eminem et Miles Kane en même temps. Musicalement, prenez ces mêmes London Grammar, mixez-les avec les niçois d’Hyphen Hyphen et un chouïa avec les danois The Raveonettes ou la suédoise Fever Ray. De cette improbable alchimie, il en ressort un nom : HÆLOS (à prononcer « hélosse »).

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Inconnu pour moi, je dois bien l’avouer, ce trio londonien m’a mis KO dès les premières secondes du live. Je me précipite sur l’album, l’écoute en entier, et là… j’ai eu envie d’applaudir. Applaudir tout d’abord, car cela faisait longtemps qu’un album de dark-pop n’était pas sorti. Et puis, applaudir encore, car le groupe nous fait voyager. La plupart des critiques décrivent ce voyage, comme une musique de soirées londoniennes à la rencontre des Cure, Depeche Mode ou Portishead. En ce qui me concerne, HÆLOS est un groupe « allemand ». Il est celui qui me donne envie de retourner à Berlin, pour faire des virées nocturnes dans des boîtes de nuit dark, celles-là même, où les stroboscopes sont omniprésents et les vêtements noirs nous éblouissement par leur luminosité !

Malheureusement, soyons honnêtes dès le départ : ce groupe fonctionne mieux en live qu’en studio. Oui, l’album est magnifique, mais il manque de basse, d’imperfection, de volume. Full Circle se doit d’être un album pour faire danser les déprimés et il ne le fait pas à 100%. À moins d’égaliser vous-même les chansons et d’augmenter les basses, de disposer d’un son 5.1 avec un caisson de basse indépendant, et d’habiter en maison individuelle pour mettre le son à fond, Full Circle ne vous donnera pas les mêmes sensations qu’en live.

Mais après tout, est-ce bien grave ? Je me rappelle de Beach House, qui m’avait quelque peu ému avec l’album Teen Dream, mais qui en concert avait fait vibrer mon cœur comme jamais, en réarrangeant chaque titre avec un peu plus de percussions et de rythmiques électro. C’est exactement ce que fait HÆLOS. Il nous donne un album plus qu’agréable, mais à découvrir en live !

Parmi les titres qu’il faut écouter en boucle en levant les bras au ciel et en absorbant la lumière blanche et noire des concerts, nous retrouvons des titres comme « Pray », « Dust », « Earth Not Above », « Oracle ».

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Je n’épiloguerai pas sur l’ensemble des titres, je n’épiloguerai pas sur l’ensemble de l’album. Je vais seulement vous dire que Full Circle est l’album parfait pour les jours de déprime et de burn-out. « Pray » nous donne envie de croire en nous, nous redonne confiance, nous évite de chuter et de nous faire mal. Jamais la noirceur renvoyée par HÆLOS n’aura été aussi lumineuse.

La voix de Lottie y est aussi pour quelque chose. Elle nous fait voler, mais jamais chuter ! Elle se joue de nous et de nos émotions, navigant entre les pleures de la déprime et le sourire de la gaieté ! Lottie peut rendre nos émotions totalement bipolaires. Là où London Grammar virait dans la pure mélancolie, HÆLOS va bien plus loin que cette seule mélancolie. Arthur Delaney, guitariste et co-chanteur, y est aussi pour beaucoup. Il ajoute une certaine puissance sur des titres comme « Full Circle« , ou le sublime « Earth Not Above ».

Some people need healing
Some people need love
Some die for the feeling

Je vous disais il y a plusieurs semaines, à propos de l’album « berlinois » de Diane Birch, que l’ambiance berlinoise me faisait vibrer. Plus que des vibrations, cette musique est un vrai rail de cocaïne pour ma tête (cf. la scène de « Girl You’ll Be a Woman Soon », dans Pulp Fiction). Elle me fait divaguer dans un monde parallèle, digne d’un trip à la Mia Wallace (toujours Pulp Fiction). Avec « Earth Not Above », j’ai cette sensation de lâcher prise, et puis, le trip retombant, je me mets à chialer seul, à me cacher sous ma couette et à avoir des frissons. Voilà le genre de sensation que j’ai en écoutant HÆLOS. Des sensations fortes, dignes des montagnes russes !

Full Circle, c’est l’album du burn-out, c’est l’album de la déprime, c’est l’album de la tristesse ! Certes, vous pourrez savourer celui-ci dans n’importe quel état, mais vous aurez forcement le même avis que tous : cet album fait voyager et nous fait oublier notre quotidien, de plus en plus noir… tout comme le soleil d’HÆLOS que l’on retrouve sur la pochette de l’album.

Full Circle, premier opus d’HÆLOS, est paru le 16 Mars 2016 chez Beggars France.

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3 pensées sur “On a écouté : « Full Circle » de HÆLOS

  • 9 avril 2016 à 13 h 09 min
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    Pour la photo live : © David Tabary (Des concerts, des photos) / indiemusic.fr
    Merci de bien respecter le crédit !

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    • 9 avril 2016 à 13 h 13 min
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      La photo était sur la page du groupe sans crédit, mais c’est noté. Merci !

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