Minor Victories : quatre alchimistes, un supergroupe

Slowdive + Mogwai + Editors + Hand Held Cine Club = Minor Victories. Ouai, c’est ce qu’on appelle dans le jargon musical, un supergroupe. En fait, c’est pas tout à fait ça. En vrai, Minor Victories c’est donc Rachel Goswell, Stuart Braithwaite (je vous avoue que j’ai poussé un petit cri de joie parce que j’ai réussi à écrire son nom sans vérifier sur Google, ce qui m’arrive jamais), Justin Lockey et son frangin James.

Minor

À l’été 2015, ce beau monde a l’idée géniale de faire un truc ensemble. Une fusion de cerveaux bouillonnants avec une certaine propension à la perfection musicale ne pouvait pas donner quelque chose de mauvais. Certes, parfois les supergroupes signent de super navets. Mais pas Minor Victories. Ouf. Soulagement. Depuis plus de six mois, le groupe joue avec nos nerfs, distille les informations au compte-gouttes, propose des extraits qui nous réjouissent autant qu’ils nous frustrent. Parce qu’on en veut plus. Parce que les trois-quatre minutes de (superbes) clips en noir et blanc ne suffisent pas à caler la faim et la curiosité.

Tout a commencé avec l’apéro : « A Hundred Ropes » et cette vidéo épique. Images au ralenti, plan séquence hypnotique, esthétique léchée, samouraïs à l’assaut qui avancent droit vers nous. Une certaine idée de l’art visuel. Et la musique ? À la croisée des chemins. Un peu post-punk mais avec une orchestration magistrale. Ça ressemble, un peu, à du Editors pour les guitares furieuses, la batterie métronomique, mais le violon apporte un touche de douceur et de contraste. Mogwai. Et la voix sublime de Rachel. La traduction musicale du clair-obscur en peinture. Enfin je crois ? J’ai jamais vraiment bien suivi mes cours d’histoire de l’art.


Bref, « A Hundred Ropes » est un bien bel amuse-bouche qui a atteint son objectif aussi facilement qu’Usain Bolt bat les records du 100m. Résultat : on en veut plus. La suite viendra avec un extrait radicalement différent : « Folk Arp ». Et comme son nom ne l’indique pas, ça n’a aucun rapport avec le folk. Ce deuxième single, long de six minutes,  est d’une beauté à couper le souffle. Sans déconner. Je vous mens pas, j’en ai chialé de joie à la première écoute. Actuellement, j’en suis à la 32e en quatre jours.

En lieu et place de la savoureuse cacophonie de guitares agressivement brutes, on se retrouve submergé par un violon, quelques nappes synthétiques, des notes de pianos qui émergent ici et là, et la voix éthérée de Rachel. La batterie vient se mêler discrètement aux autres instruments et en toute fin de titre pour une explosion finale, les guitares électriques. L’ensemble est parfait, subtil, dosé de façon juste. Un travail d’orfèvre, d’alchimiste. Pour moi, ce titre, il se traduit par cette image : c’est sortir la tête de l’eau après avoir passer quelques minutes en apnée dans au beau milieu d’une piscine. Pour la suite de l’épopée musicale de Minor Victories, il va falloir patienter jusqu’au 3 juin. Ça va être tendu, mais ça va le faire.

 

 

 

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