On a écouté : « L’amour s’en va » de Nord

Nord c’est le projet solo du normand Xavier Feugray. Après un premier EP, Temps morts sorti le 11 septembre dernier – où l’on trouvait déjà 3 des 6 titres présents sur ce second opus :  « Drunk », « Mémorable », et « Temps morts » – Nord poursuit son chemin de poète mélancolique avec L’amour s’en va. Comme son nom l’indique, le nouvel EP de Nord, n’est pas des plus joyeux, il s’écoute dans le noir et sans aucune nuisance sonore (donc plutôt fort). Cet EP est sombre, enivrant, il impose une attention entière et prend vite aux tripes.

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Ce qui frappe avant tout c’est la poésie des textes, pourtant sans prétention aucune. Nord chante avec simplicité et sincérité les amours désenchantées et les nuits hantées par la peur de l’avenir. Avec « Mémorable » il nous raconte la jeunesse désillusionnée qui se perd dans l’alcool, se met en scène et lutte tant bien que mal contre ses angoisses. Il martèle « C’est le plus beau jour de ma vie » sur un beat glauque et des samples inquiétants qui essaient en vain de nous rassurer « jusqu’ici tout va bien ».

Nord sait être presque agressif, dans « Drunk », avec une rythmique entêtante et la violence des mots de l’homme malheureux alcoolisé. Mais il sait aussi être doux, implorant. Avec « Temps Morts » sa voix pleine de sanglots répète « qu’est-ce que je peux faire en t’attendant ? ». Et si l’on n’est pas noyé par les larmes, c’est la session de cuivre très présente qui nous emporte au loin. Il nous fait même doucement valser avec la berceuse « Quand tu me regardes ». Il devient petit garçon timide, abandonné par l’amour.

Nord c’est une sobriété pudique dans les textes, mais également une sobriété efficace dans la composition. Sur un fond électro lancinant, presque étourdissant, il mélange des mélodies graves à quelques touches de légèretés. Il fait cohabiter des sonorités électroniques à des instruments aux inspirations classiques : percussions, cordes, choeurs. Toujours rythmée et mélodique, la musique de Nord accompagne avec délicatesse et tact ses mots parfois très durs. Le tout crée une un EP surprenant et attachant, mi-chanté mi-déclamé aux inspirations multiples et parfaitement arrangées.

On écoute Nord comme on regarde un film noir, Nord raconte des histoires auxquelles on s’identifie, questions de génération, des histoires bouleversantes sur un ton torturé. L’expérience n’est pas de tout repos, mais elle est bien belle.

 

L’amour s’en va (EP), sorti le 08 avril chez Low Wood.
Nord sera au Point Éphémère le 17 mai.

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