On y était : Douglas Dare + Wild Beasts à La Laiterie

LIVE REPORT – Soirée 100% British en perspective. Wild Beasts présentait son 5e album, « Boy King », sorti cet été, accompagné en 1re partie du Londonien Douglas Dare.

Arriver devant une salle de concert où joue Wild Beasts, c’est déjà deviner un peu ce qui nous attend. L’énorme tour bus noir ne trompe pas, Wild Beasts est une grosse machine. Lorsque la scène se prépare, on en a la confirmation : panneaux lumineux, grosses enceintes, grosse caisse à l’effigie de l’album, scénographie millimétrée, setlists proprement imprimées. Rien n’est laissé au hasard. L’arrivée du groupe elle-même est ultra calibrée. Song For The Siren de The Mortal Coil résonne, suivie d’une longue intro au synthé, qui n’en finit plus. Les garçons se font désirer.

Ils arrivent finalement, et là, on l’avoue, c’est un peu la douche froide. Il y a toujours un risque à faire monter les enchères comme cela avant un concert. Parce qu’à force de s’attendre à de l’énorme, on se retrouve déçus par du correct. C’est ce qu’il s’est passé pour moi ce soir. Oh bien sûr, on a retrouvé tous les ingrédients de Wild Beasts : pop British maîtrisée, voix parfaite d’Hayden Thorp, ambiance froide et sensuelle, synthés à foison, beats efficaces… Dès l’ouverture avec Big Cat, tout y était. On se déhanche, on remue la tête en rythme et on tape du pied sans s’en rendre compte.

Oui mais voilà, ça s’arrête là. Pas de flamboyant moment, pas de variation intéressante, on tourne un peu en rond. Du coup, on regarde le reste. Le look trop propret et trop réfléchi des garçons (la veste cuir/casquette de Fleming, la veste en jean sans manche/mèche bien placée de Thorpe, le petit pull gentillet de Ben Little), les gestes maniérés de l’ensemble du groupe… Au milieu de cela, seul éclat peut-être dans un concert trop égal, la voix de Tom Fleming, qui contrebalance parfaitement celle de Thorpe sur des chansons comme Wanderlust, et qui va clairement jusqu’à nous faire regretter qu’il ne soit pas le lead vocal plus souvent, comme sur King’s Men. Pour le reste, les descentes dans le public et vers le bar n’y changeront rien : on apprécie, mais on ne décolle pas.

Mais si avec Wild Beasts, il nous a manqué quelque chose ce soir, c’est peut-être parce qu’on avait été déjà comblé dès la 1re partie. En 6 petites chansons, Douglas Dare nous a conquis. Pas parce qu’il a avoué que Strasbourg était la plus jolie ville française qu’il avait vu jusque là, non. Mais parce qu’il s’est dégagé, de lui et de sa musique, la perfection d’un lyrisme minimaliste et d’une beauté aiguisée.  Seul au clavier sur Caroline ou à 3 sur Swim, on est captivé. Il invoque en nous ces songwriters aux pianos sombres que peuvent être Perfume Genius, Soap&Skin, ou Nils Frahm, un soupçon de sons électroniques en plus. C’est beau, glacé, et terriblement touchant. On n’en demandait pas tant.

 

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