La minute Viking #3 : Thomas Azier (Pays-Bas)

DÉCOUVERTE – Il aime l’électro, il la torture et la transforme en mélancolie androgyne. Thomas Azier est de retour avec « Talk To Me », un single automnal et nordique comme on aime.

Alors, commençons directement par l’étymologie du mot « viking ». Oui, un Viking est un « guerrier, explorateur originaire de Scandinavie ». Les Pays-Bas ne font aucunement partie de la Scandinavie. Malgré tout, la culture de Thomas Azier a un air scandinave. Aujourd’hui, je me permets donc de digresser quelque peu, afin de vous présenter un chanteur attachant, émouvant et beau.

La rencontre de Thomas Azier avec les nymphes d’Hylas

En 2014, Thomas Azier (27 ans) était l’invité du Festival Europavox. Je me souviens d’avoir eu un coup de coeur, dès son entrée sur scène. Un charisme, une attitude, une classe à la David Bowie. Tout comme le britannique l’avait fait à la fin des années 1970, Thomas s’est installé à Berlin pour créer une musique moderne et electro-pop.

Derrière cette personne, je sentais déjà un homme fragile, émotif et perfectionniste dans son travail. Son live nous touchait directement au cœur, tellement les vibrations de la batterie électronique étaient fortes. Une émotion certaine se faisait sentir. Mais moi, grand admirateur de la capitale allemande, je sentais qu’Azier avait ingurgité toute la culture berlinoise : un son dur, un univers sombre, un monde industriel. Je ne vous refais pas le topo sur Berlin. Je pourrais vous en parler des heures.

Son premier album, sorti la même année, était une bombe. Hylas renversait tout. 5 ans de travail pour un album magique. « Ghostcity » était l’un de ses tubes et montrait toute l’étendue du talent du chanteur. Une voix proche de Jónsi (leader du groupe islandais Sigur Rós), une musique proche de Roÿksopp (le groupe norvégien qui a transformé Susanne Sundfør en reine de la pop norvégienne).

‘Cause we are
The only one alive in this town
When everything is going down
We’re becoming ghosts as well

Fin de soirée à l’esprit rock, on partait dans un club berlinois et on dansait sans interruption. On était en transe, on se laissait porter par les stroboscopes éblouissants et on oubliait nos soucis du quotidien. Voici les émotions que procurait « Hylas », un album certes pas toujours facile d’accès pour les amoureux du rock et de folk. Et pourtant, je vous assure, l’écoute intégrale de cet album vaut le détour. Certes, comme le dirait Beyonce, vous aurez parfois une impression de « Déjà Vu », mais vous en sortirez chamboulés. Paroles de « Red Eyes » larmoyants !

La nouvelle pop hollandaise

Deux ans après son succès dans les charts hollandais, le chanteur revient avec un univers plus coloré et moins dark. L’électro des nightclub berlinois n’est plus. Thomas a voulu voir clair dans sa musique. Résultat ? On sombre dans les pensées mélancoliques du chanteur et on pleure sur un refrain dark.

Musicalement, le changement est aussi perceptible. Dan Levy (The Do) est à la production. Si je ne suis pas un fan de The Do (allez savoir pourquoi), l’alchimie, ici, fonctionne très bien. La voix posée et grave y est pour beaucoup. On ne sourrit plus, on ne fait plus la fête. Les rues dansantes de Berlin laissent place aux rues vides et déprimantes de Paris. Je ne ferai aucun lien entre mes deux capitales préférées, mais le contraste visuel et musical est fort. Thomas Azier chante désormais la dépression amoureuse et cela lui va si bien.

It burns when it caresses me
Like a medusa in the sand
It hurts but it possesses me
But I can feel myself again

« Talk To Me » est le premier extrait du deuxième album de Thomas Azier. Celui-ci devrait paraître au printemps 2017. On te tiendra, bien sûr, au courant !

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