Strasbourg Music Week – jour 4 : la soundwalk
FESTIVAL – On clôt cette édition de la Strasbourg Music Week avec un dernier moment de musique. Ou plutôt quatre.
Elle est devenue un incontournable et pourtant, on n’a toujours pas réussi à y assister. Mais cette année, c’est la bonne : on est de la partie pour la soundwalk de la Strasbourg Music Week ! Le rendez-vous est donné au pied de l’emblématique cathédrale, en ce vendredi 8 mai. Le réveil pique un peu, avec la folle soirée de la veille. Notre mission, ne pas perdre de vue le parapluie rose qui va nous embêter dans des lieux qu’on découvrira au fur et à mesure, pour voir se produire quatre artistes. C’est parti !
The Wooden Wolf au cinéma Le Cosmos
Premier arrêt, le Cosmos. C’est dans ce cinéma municipal aux cycles thématiques qu’on va avoir la chance d’écouter les pépites du nouvel album de The Wooden Wolf (Indigo Prayers) qu’on adore tant. Sièges en velours rouge, dorures sur murs bleus, devant le grand rideau est installée la scène de fortune. L’espace habituel d’Alex, avec sa lampe, son classeur, son étui à guitare, et le violoncelle de Marie sur sa droite. Ce sera la formule duo ce matin. Quel bonheur. Peut-on rêver mieux comme manière de débuter une journée ? Je ne crois pas.

Je me faufile à l’étage pour profiter de la vue d’ensemble. Le public est enfoncé dans son fauteuil, serein, captivé. Les musiciens sont beaux dans cet écrin, et le lustre immense éclaire tout ce beau monde. On suit le violoncelle qui s’étire sur “Black Fire”, on flotte sur le justement nommé “Out Of The Night”. L’utilisation d’un vieil enregistreur cassette qu’Alex fait passer de mains en mains montre qu’une belle partie du public de ce matin découvre le groupe. Les chanceux.
Grindi Manberg au square Louise Weiss
La météo est avec nous aujourd’hui. Le soleil brille sur notre chemin à travers la Petite France jusqu’au square Louise Weiss. Grindi Manberg est installé pour un concert en plein air, avec ses claviers, sa guitare et un vélo à l’énergie solaire pour la sono. L’artiste se présente en solo pour nous livrer une pop intimiste, sous les feuilles vertes, avec les bateaux-mouches et le linge qui sèche en toile de fond. Seul bémol : le pollen qui nous mènera la vie dure.

Allivm au Graffalgar
Passage dans le barrage Vauban pour se rendre au garage du Graffalgar. Devant la fresque de HRVB, Allivm est seule et nous éclaire avec sa lanterne. Allivm “avec un V comme valium”. Le ton est donné ! Elle nous invite dans sa scénographie très réfléchie. Une estrade de chaque côté, l’une pour le clavier, l’autre pour les percus. Au centre son micro. Elle circule entre les trois au gré des titres engagés qu’elle égrène dans une sorte de rap slamé teinté de pop. Mention à la percutante “Sale conne”, écrite en réaction à la célèbre sortie de Brigitte Macron. Allivm défend toutes les femmes à la manière d’une Suzane et forcément, des voix comme ça, on n’en aura jamais assez.

Nubreeze au Troc’afé
On termine cette balade musicale par un dernier arrêt. On se cale tant bien que mal dans le Troc’afé qui finira plein à craquer. Nubreeze est allemand et nous explique dans un anglais impeccable être à l’origine un batteur. Ce sera la première fois pour lui qu’il jouera du piano devant autant de monde. Il dit ne pas vouloir trop parler, préférant s’exprimer avec ses paroles. Et elles sont claires : “hip hop showed me a way to cope”. Sorte de manifeste doux et impactant, il veut montrer comme les mots peuvent changer le monde. Et tous ceux qu’on a entendu ce matin tout au long de la soundwalk auront en tout cas au moins changé notre monde.

