Strasbourg Music Week jour 3 : le marathon du Molodoï
FESTIVAL – Toujours debout, on entame la 3e soirée de la Strasbourg Music Week, avec pas moins de 8 artistes qui s’enchaînent sur scène !
Ca commence à piquer. Pour ce premier festival de l’année, où on enchaîne boulot en journée, et nombreux concerts le soir, c’est assez incertain qu’on arrive au Molodoï. Va-t-on réussir à voir tous les groupes programmés de cette Strasbourg Music Week ? Spoiler alert : on a tenu !
NCY Milky Band & Lady Poï
On débarque devant un quatuor lorrain qui ressemble à un mélange de jazz, d’électro et de psyché. Sorte de labo du groove sur thème de “magic mushrooms”qui permet d’ouvrir cette soirée sur la petite scène, on enchaîne rapidement avec Lady Poï. Depuis 3 jours qu’on la croise dans le festival avec sa fourrure rose fuschia, elle en plaisante et se montre d’ailleurs assez bavarde pendant son set, nous expliquant ses changements de style et lançant avec autodérision qu’elle devrait peut-être se mettre au stand-up. Effectivement, le set de Lady Poi part un peu dans tous les sens. Elle semble refuser de choisir un style et se faire plaisir tant au micro qu’à la guitare, même si cela nous perd un peu.


Cascadeur et ŸEND
Cascadeur, c’est LE nom de la Strasbourg Music Week qu’on connaît depuis longtemps. On est assez étonné de voir qu’il se produit sur la petite scène. Ce n’est pas l’idéal pour son set assez intime qui sera un peu perturbé par les discussions du bar tout proche. Mais celui qui se cache derrière son masque et ses claviers saura nous le faire oublier. On retrouve la poésie de son piano, la voix pure à la Jeff Buckley, et même de petites perles du premier album, avec la planante “Memories”. Et même si on trouve son humour pour le moins décalé (parler de Raël et de Dany Brillant en 2026, pourquoi pas!), on est embarqué dans son univers, dans lequel il invitera Quentin, du NCY Milky Band, pour un duo piano/saxo. Magnifique.

ŸEND est l’Alsacienne de l’étape. Une belle découverte que cette artiste qui débarque avec une coupe de champagne et des escarpins rouges. Escarpins qu’elle troquera plus tard pour une paire de baskets, beaucoup plus en accord avec le hip-hop puissant qu’elle nous balance. Et qui nécessite de parcourir la scène et la fosse pour nous embarquer ! Ca envoie sans en faire des caisses et convainc l’assemblée de la queen qu’elle est. On note les titres pépites comme le son qu’elle a écrit parce qu’elle “ne se laisse pas aimer” ou comme “Barbès”.

Lobsterbomb et Nathalie Froehlich
La suite, ce sera deux groupes qui vont nous déboucher les cages à miel, pour ainsi dire. D’abord, Lobsterbomb, en provenance de Berlin, trio qui nous explique rapidement la fatigue d’être partis à 4h du matin. Qu’est-ce que ce la doit être quand ils sont en pleine forme… Ils portent un set nerveux porté à coup de guitares abrasives. C’est direct, efficace, et ça transpire l’énergie des clubs underground. Un cocktail de garage rock, new wave, glam qui a fini de nous réveiller à coups de riffs bien sentis.



On se dit qu’on ne peut pas être plus réveillés quand commence Nathalie Froehlich. Et là, on assiste typiquement au genre de concert auquel on n’aurait jamais assisté ailleurs. Le genre de set qu’on trouve plutôt en rave qu’en salle de concert. On est vite désarçonné par la vague scénique et les textes frontaux de la nana brute de décoffrage qui n’a pas le temps de louvoyer. Fuck le sexisme, racisme et violences LGBTQIA+. On adhère, forcément.
Quand elle explique qu’un journaliste de son pays (la Suisse) l’a traitée de grosse pétasse et qu’il a raison, on comprend que des artistes comme elle sont encore diablement nécessaires. Elle fait monter le public sur scène, nous remercie car sans nous, la culture n’existe pas. Et avoue que dans 5 ans, notre monde sera foutu mais que la teuf nous sauvera tous ! Allez on signe. Avec mention spéciale pour les 3 danseurs incroyables qui parsèment son set de chorés hypnotiques.

Gros Cœur et Cheapjewels
On finit la soirée avec des artistes belges. D’abord Gros Cœur, qui arrive comme une petite dose de fraîcheur sur le plateau. Les Belges ont transformé la salle en jungle psychédélique avec leur rock tropical complètement barré. Ça groove, c’est plein de reverb’, et ça donne une envie irrésistible de bouger les hanches. Un mélange de surf rock et de pop acide qui fait du bien au moral sans jamais perdre en efficacité. On finira avec Cheapjewels, duo d’hyperpop qui chante la désillusion et l’anxiété de sa génération. Du moins sur les premiers titres qu’on parviendra à voir, parce que la redescente est trop difficile pour nous… Alors on choisit d’aller retrouver notre lit avant une dernière matinée de concerts dont on vous parlera très vite !


