Route du rock 2017, collection hiver : Omni, Tim Darcy et Rendez-vous

LIVE-REPORT – Rocknfool est à La Route du Rock pour couvrir la collection hiver, placée sous le signe du post-punk. Pour notre premier jour (le deuxième pour le festival), c’est à Rennes que ça se passe. 

Rennes. Une bruine et un vent froid nous accueillent. L’air vivifiant de la Bretagne, dit-on. Rocknfool découvre la collection hiver de La Route du Rock. Une première pour nous. Avant de rejoindre St-Malo, un stop à l’Antipode, à Rennes, donc. Ce jeudi, trois groupes jouent dans la salle qui jouxte la MJC. Omni, le fraîchement Canadien Tim Darcy et les Parisiens de Rendez-Vous.
Vu dans des conditions plus que chaotiques au centre Barbara FGO, lors des auditions des Inouïs Pop/Rock du Printemps de Bourges, le groupe n’avait pas pu lâcher les cheveux, même si on avait déjà aperçu une énergie qui se voulait féroce. La tornade Rendez-vous a pu jouer libérée à Rennes. La ville de leur début. « Notre premier concert, c’était dans un petit bar de la rue de la Soif, je crois qu’il a fermé. C’était cool, on avait trop kiffé, on avait fait nos six morceaux… On avait fini dans le mal aussi et puis on avait terminé à dormir dans le van », s’est remémoré le groupe, avant de monter sur scène.  

Dans une quasi-obscurité, le groupe joue sur une esthétique post-punk très British des années 1980 et une froideur et distance propre aux groupes électroniques allemands. Alignés sur la scène, plongés dans l’obscurité, ils balancent leur musique aux frontières floues. D’ailleurs, si on essaie de les mettre dans une case – l’un des jeux favoris des journalistes français – on se rend que ce n’est pas possible. En cherchant, on a trouvé mille et un qualificatifs. Le public, lui, s’en fout. L’important, c’est qu’il se laisse embarquer dans l’univers de Rendez-vous. Et ce fut le cas. Pogo, filles en transe, slam dans la foule, mecs torses-nus, on a pu cocher toutes les cases dans la liste du concert de rock parfait. 

Tim Darcy, mi-crooner mi-rockeur

Avant de plonger dans les limbes punk, le public découvre Tim Darcy, échappé du groupe-dont-on-ne-sait-pas-prononcer-le-nom, Ought. L’élégance du dandy arrivé tout droit du XIXe siècle. Les critiques le comparent à Lou Reed. On attendait de voir ça. Il y a quelques ressemblances, une influence non cachée, mais ce serait une erreur de le réduire à ça, car Mr Darcy est plus complexe. Plus crépusculaire.

Tantôt charmeur, tantôt crooner, un peu rock, un peu folk, un peu garage. Et cette voix nonchalante mais puissante. Il est déroutant. Le regard fixant le lointain, il ne regarde jamais le public quand il chante. Il est dans sa bulle, une bulle où seules sa batteuse et sa bassiste sont invitées. Une bassiste qui troque parfois cet instrument pour un violon. Et, cet association mélodieuse entre les cordes et la voix de Tim Darcy est indescriptible. Il faut l’écouter. En fermant les yeux. On regrettera l’attitude un peu léthargique du  public. Mais, c’est totalement compréhensible. Plus introspective, plus soulful, elle touche à l’intime, et convoque le sublime. Pour les Parisiens, il joue ce soir, le 24 février, à l’Olympic Café, dans le 18ème arrondissement.

Un troisième groupe jouait ce jeudi soir. Omni. Ce qu’on appelle un supergroupe puisqu’il est composé d’un membre de Deerhunter et deux de Carnivor. Le groupe ouvrait la soirée. 20h30 tapantes sur scène. Peut-être trop tôt pour le public qui gigote un peu mais ne semblent pas vraiment emballé. Omni, c’est trois mecs un peu je-m’en-foutiste qui balance leurs chansons les unes après les autres, tels des métronomes. Attitude distante, regard blasé parfois pour le chanteur. Leur musique est efficace, certes, mais manque d’originalité.

Photos : Morgane Milesi | Texte : Sabine Swann Bouchoul

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