Novo Amor : « Les peines de cœurs sont de grosses motivations pour écrire »

INTERVIEW – Il marche sur les pas d’un Bon Iver mais se dit plus influencé par Keaton Henson ou Sufjan Stevens. Rocknfool a rencontré Novo Amor, ce formidable songwriter dont tu vas beaucoup entendre parler.

D’où te vient ton inspiration ?
Je pense qu’elle varie d’une chanson à l’autre. Les paroles de chaque titre sont inspirées d’événements personnels ou de lieux. Je pense que beaucoup d’artistes inspirent différents aspects de ma musique. La manière dont Keaton Henson pince les cordes de sa guitare comme s’il essayait physiquement de tirer sur les notes a certainement inspiré un peu de mon jeu de guitare. Le fingerpicking et les slides de certains artistes populaires américains classiques, tout comme certains contemporains tels que Sufjan Stevens et The Tallest Man On Earth ont aussi joué un rôle. J’ai trouvé mon amour de jeu à travers la musique rock également. La lourdeur et l’intensité de ce style m’a vraiment frappé et m’est resté. Je pense qu’un peu de tout ça se retrouve dans ma musique, principalement dans les crescendos et les guitares déformées, que j’aime.

Quels sont les sujets que tu aimes aborder dans tes EPs ?
Mes deux EPs,Woogate, NY and Bathing Beach sont dans la même veine. Ces deux EPs concernent le moment que j’ai passé à New York. Avant cette époque, je n’étais pas vraiment un auteur-compositeur. Cela a eu une grande influence sur toute mon écriture.

Quelle est la chanson préférée que tu as préféré écrire ?
L’un de mes titres préférés à écrire et produire a été « From Gold ». Cette chanson a été un tournant pour moi et a vraiment propulsé mon art. Je ne me suis mis aucune pression et je n’avais aucune attente particulière. Je savais juste que je voulais faire une chanson. J’ai produit beaucoup de chanson dans une grange reconvertie à Lake District au Royaume-Uni. Il régnait une très bonne atmosphère pour faire de la musique dedans.

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« Le rôle principal de la musique est de donner des émotions aux gens »

Peut-on dire que tu es un folksinger ?
Je pense que tu peux m’appeler ainsi… mais pas dans le sens traditionnel du terme. Pour être honnête, je ne sais pas vraiment comment définir « le folk ».

Penses-tu qu’il soit plus simple d’écrire sans douleur ?
Pas nécessairement. Mais les peines de cœurs sont de grosses motivations pour écrire. Et pour moi, c’est la raison pour laquelle j’ai commencé ce projet. Je trouvais ça difficile d’être motivé à écrire. Je sentais que j’avais atteint un but personnel en mettant des mots sur le papier à propos de ma « douleur ». Comme si je la posais. Je pense que beaucoup de mes nouvelles chansons sont un peu plus festives, ce qui est une progression naturelle par rapport à ce que j’écrivais avant.

À ton avis, quel rôle devrait avoir la musique dans une époque comme la notre ?
La musique est devenue si polyvalente et si liée à la vie des gens qu’il est difficile de lui donner un rôle. Des gens écrivent des chansons « politiques » ou engagées pour sensibiliser sur les questions mondiales, des hymnes de clubs seulement pour danser, des chansons personnelles, des musiques pour les atmosphères de films… et il y a de la musique juste pour vendre des albums. Je pense que le rôle principal de la musique est de donner des émotions aux gens. C’est quelque chose que tu peux aimer et dont tu peux tomber amoureux. C’est un super outil pour te changer les esprits, pour t’immerger.

Novo Amor sera à Paris le 18 octobre pour le MaMa Festival, il jouera aux Trois Baudets.

Propos recueillis par Sabine S. Bouchoul

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