La magie Julien Baker aux Étoiles

LIVE REPORT – Pour son premier concert en tête d’affiche à Paris, Julien Baker ne s’attendait certainement pas à une telle ovation. Et pourtant, la salle des Étoiles était quasiment pleine, le public comme possédé.

Hier soir, le Théâtre Les Étoiles accueillait la prodige Julien Baker. Du haut de sa petite vingtaine d’années, la jeune femme en est déjà à deux albums – Sprained Ankle, sorti en France en 2016, et Turn Out the Lights, sorti le 27 octobre dernier. Julien Baker, qui ne cesse de nous fasciner, a hier soir encore frappé. Douceur, émotion, intensité et sincérité, elle est la chanteuse qui touche au plus sensible avec une simplicité évidente.

L’aura Julien Baker

Quelque chose de magique entoure Julien Baker sur scène, une aura fascinante et touchante. Seule avec sa guitare et, nouveauté, un clavier qu’elle maîtrise avec autant de poigne que ses 6 cordes, la jeune femme parvient à troubler et à émouvoir la salle entière. Nous n’avions jamais vu une salle aussi silencieuse et attentive pendant les titres, explosant en de si sincères et puissantes acclamations sitôt les dernières notes posées. Encore plus surprenant, les premiers rangs semblaient connaître sur le bout des lèvres tous les morceaux chantés ce soir.

Sur « Sour Breath », on entend monter doucement de la foule des voix répétant : « The harder I swim the faster I sink », créant un effet d’écho et d’harmonie avec la voix de Julien. Elle-même semble surprise et touchée par la beauté du moment. L’ambiance dans la pénombre de la salle varie donc entre concentration absorbée pendant que Julien joue, et explosion de joie dès que le morceau se termine. Ou commence… à l’image des premières harmoniques de « Sprained Ankle » qui déclenchent un tonnerre d’allégresse dans le public.

La voix de l’âme

Cette voix, tantôt brisée, tantôt triomphante, est très certainement sa plus belle arme. Elle en joue à merveille, alternant son intensité et son interprétation avec 1000 nuances captivantes. Depuis la fosse, on l’observe souvent grimaçante de douleur car elle vit chaque soir ses titres, et que ses titres sont des plus tourmentés. Elle doit s’éloigner du micro lorsqu’elle chante « Tell me you loved me I wanted so bad to believe it » (« Shadowboxing »), tant sa voix résonne naturellement dans la salle. À la guitare comme au clavier, elle promène ses doigts simplement, par petites touches ou au contraire on grattant ou frappant les notes avec vigueur. Elle quitte la scène après un titre plus rock qui donne son nom à son dernier album, « Turn Out the Lights », deux morceaux au clavier dont la magnifique « Hurt Less » et « Something » repris en chœur par le public. Il n’y aura pas de rappel, sa sortie en est d’autant plus fracassante.

Setlist : Over / Appointments / Funeral Pyre / Sour Breath / Sprained Ankle / Everybody Does / Red Door / Shadowboxing / Rejoice / Turn Out the Lights / Televangelist / Hurt Less / Go Home / Something

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