The Sherlocks en professionnels à Montréal

LIVE REPORT – L’avant-dernière date de la tournée nord-américaine de The Sherlocks les a amenés au Café Campus de Montréal. Un show intime, trop intime.

Pour la petite histoire, j’étais il y a quelques jours à un brunch de réseautage de femmes travaillant dans la musique. Une employée du plus gros tourneur montréalais expliquait combien il était parfois difficile de programmer des groupes anglais en ville et d’attirer du public. Alors que ces mêmes groupes remplissaient des salles énormes en Europe. Malgré la proximité géographique des États-Unis, elle expliquait qu’il s’agissait bien de deux marchés distincts et incomparables. Montréal est une ville particulière, où la culture francophone est mise en valeur et défendue par l’État. Une ville où la culture anglaise d’Angleterre n’est vraiment pas développée, pour ne pas dire carrément absente.

Tournée sur tournée

Si je vous parle de tout ça c’est qu’hier, un dimanche estival, avait lieu le concert des Sherlocks au Café Campus. Nous étions 30 personnes. En comptant large. Intime dirions-nous. Dans cette salle que je connaissais pour y avoir fait une grosse fête étudiante il y cinq ans de ça. Logiquement, le son est trop fort, et pas très bon. On peine à entendre les harmonies, et surtout la ligne de chant. On repassera pour les subtilités instrumentales, alors que The Sherlocks est une formation qui a fait de la scène son quotidien et sa force depuis plusieurs années.

Le quatuor anglais ne démérite pas. Les garçons sont très professionnels alors que quelques larsens se font entendre pendant les cinq premiers titres. Ils ont les petites mines de ceux qui finissent une deuxième tournée mondiale entamée en février. Une tournée qui les a notamment amenés à ouvrir 10 fois pour Liam Gallagher en Europe. Il le retrouve d’ailleurs fin juin à Londres pour un Findsbury Park complet. Ils continueront de défendre leur premier album Live For The Moment dès septembre, en France, en Allemagne, en Belgique, en Irlande et au Royaume-Uni. On ne les arrête plus.

Le flegme anglais

Clairement, les Anglais ne retiendront pas cette date au Café Campus. Eux qui étaient déjà venus jouer au Ritz l’année dernière. Cela dit, les quelques personnes présentes ce dimanche soir estival ne lésine pas sur la démonstration d’enthousiasme. Elles se serrent les coudes, sûrement aussi atterrées que moi face à ce flagrant manque de reconnaissance de la part de Montréal.

Sur scène, la section rythmique basse-batterie semble beaucoup s’amuser à mesure que les titres de leur album défilent. Andy à la basse est le plus démonstratif, cherchant le regard du public et de son frère Josh à la guitare à l’autre bout de la scène. Musicalement, et malgré les conditions, on ne peut que constater combien The Sherlocks sont bien rodés et professionnels. Ce n’est pas parce que la salle est vide et qu’ils sont sûrement usés par leur tournée qu’ils ne vont pas faire une bonne prestation. Très flegmatique, Kiaran le frontman parlera peu, prenant toutefois la peine de souhaiter un bon anniversaire à une jeune femme dans le public. Son l’amie lui réclame un bisou pour l’occasion. Pince sans rire, l’Anglais répondra : « steady on, steady on ! ».

J’imagine que dans un cadre différent, à performance égale, mon discours aurait été tout autre. Cela dit, je sors du Café Campus après une heure de concert en me disant que les garçons ont tout de même assuré dans ces conditions. En tout cas, ils sont très loin de m’avoir déçue, et c’est bien là le principal.

The Sherlocks seront à la Coopérative de Mai le 26/09 et à l’Olympic Café le 27/09.

Photos : Emma Shindo

Advertisements