Jaune comme la Suède, bleu comme Avatar, glam rock comme la Coopérative de Mai !

LIVE REPORT – Se laisser porter par la neige et partir en concert, à la Coopérative de Mai, afin de voir les Suédois d’Avatar, précédés par le punk irlandais de The Mahones et le blues-folk de Dylan Walshe, quelle belle idée !

En 2019, laissons-nous porter par le temps, qu’il soit météorologique ou numérique. Laissons la vie choisir pour nous nos concerts. Laissons-nous surprendre par les recommandations de l’internet et filons les voir et les apprécier comme il se doit.

Avatar Country give your testimony, sing long live the King

The King Welcomes You To Avatar Country – Avatar Country Album

En toute franchise, aller en concert, sans savoir ce qu’il nous attend est d’un bonheur exquis. Seul les mots « métal suédois » était gravé dans mon hippocampe. Rien de plus. Alors, quand je suis entré dans La Coopérative de Mai, je m’attendais seulement à voir un groupe nordique, comme j’eu vu quelques années auparavant : In Flames, Sonic Syndicate ou Arch Enemy.

Une première partie vibrante et Springsteenienne !

Que nenni ! La première partie de cette soirée le montrait. Un songwriter d’origine irlandaise, domicilié à Nashville, devant un public de cheveux longs et hauts noirs. Que dire de plus ? Quelle est belle la musique. Qu’elle peut joliment rassembler les cultures ! Dylan Walshe a su hypnotiser un public, qu’il sait ne pas être là pour lui. Voix grave et enrouée sur certains titres, Dylan enchaîne ses compositions, sa guitare et son harmonica à l’appui. Les frissons ne viennent plus de la neige. Ils surgissent de l’émotion émise et envoyée par Dylan Walshe. Un petit pic envers Trump, un set court et intense. Quoi de mieux pour commencer ?

Restons dans la musique passéiste ! Si Dylan Walshe est un hommage au blues et folk US, The Mahones – deuxième groupe à monter sur la scène de La Coopé – sont la réincarnation des Clash et Pogues* ! Totalement punk, le quatuor canadien nous renvoie dans les années 1980. L’envie de danser se fait ressentir. L’accordéon, bien que parfois peu audible, y est pour quelque chose. L’envie d’air frais irlandais, de bières, de crachats dans les airs, de révolutions et de renversement de têtes couronnées se font ressentir et nous rendent nostalgiques. Pour finir en apothéose, vous prendrez bien une reprise de Van Halen, « You Really Got Me », ainsi que le retour de Dylan Walshe, montrant que le punk et le blues peuvent s’associer. GOD SAVE THE QUEEN !

This Smells Like a Freakshow !

Et maintenant, place au SHOW ! Oui, ce mot n’est pas de trop. Ce n’est pas à un concert, que nous allons assister, mais à un show plus rock que jamais. Dès lors, difficile de décrire verbalement le visuel scénique. Seules des photos rendraient hommage aux talents du groupe, ainsi qu’aux personnels du staff suédois, œuvrant sans discontinuer, deux heures durant, afin que chaque élément du décor soit à la bonne place, que les guitares soient les bonnes, que les artifices utilisés soient correctement installés. Ce n’est pas du Rammstein, mais visuellement, Avatar est époustouflant.

Mais le visuel ne suffit pas pour un concert. Il faut aussi une performance scénique. Et Avatar se donne à 100% pour faire pogoter le public, ou le mettre dans sa poche et le faire chanter en chœur.

Suite à une exorde sonore, où une voix française nous invite à accueillir Jonas Jarlsby (roi et guitariste d’Avatar), les premières notes de guitare commencent à résonner dans une salle remplie et vouée à leur Kungen** . Arrive alors Johannes Eckerström, chanteur et clown du groupe. Se posant à son pupitre / micro, sceptre royal dans sa main gauche, la douce, mélancolique, vibrante et métalleuse voix d’Eckerström nous touche en plein cœur.

Leur dernier album « Avatar Country » étant un véritable album concept et opéra-métal, la cuvée live 2019 lui rend hommage. Entre titres plus anciens et rauques, d’autres plus récents et mélodiques, les adeptes de Marilyn Manson, Alice Cooper, SOAD seront tout aussi enchantés que les partisans d’une musique plus glam et rock : Queen, BRMC ou même QOTSA. Avec cette dualité musicale, Avatar ne se contente donc pas de faire des Headbangs sur scène, ils savent – en outre – apaiser le rythme du concert. « Let It Burn », « Bloody Angel », « The Eagles Has Landed » en sont la preuve.

Le clou du spectacle viendra lors du final, avec l’harmonieux « The King Welcomes You to Avatar Country ». Entre guitares à la AC/DC et sonorités « Beat The Devil’s Tatoo » de BRMC, ce titre communie encore plus les vassaux du roi et le clown. Tandis que des bulles de savon sont éjectées sur le public, un ping-pong vocal prend place : « Avatar Country, Avatar Country ».

De facto, le métal n’est pas une musique forte avec des chanteurs qui « growlent » ? Assurément, la réponse est : NON, NEIN, NO, NEJ ! La musique ne doit pas être rangée dans des cases, elle doit casser les barrières fantomatiques créés par une industrie ne fonctionnant qu’en codes. Accueillir tout style de public et tout style de groupe lors d’un concert, voici ce qu’est la culture musicale. Et les Suédois savent y faire. Grattis
**** !!


* En parlant des Pogues, notons que Dylan Walshe accueille, sur son dernier album « All Manner Of Ways », James Fearnley l’accordéoniste du groupe punk irlandais.
** Roi, en suédois.
*** SOAD : System of A Down / BRMC : Black Rebel Motorcycle Club / QOTSA : Queen of The Stone Age
**** Grattis : Bravo !

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