Salons acoustiques : Jesse Mac Cormack et Rosie Valland se mettent à nu

LIVE REPORT – Pour la 2e édition des Salons acoustiques à la Chapelle, ce sont Rosie Valland et Jesse Mac Cormack qui se sont prêtés au jeu du concert acoustique.

Il neige de gros flocons sur Montréal, le vent nous pique les joues. Le Chapelle nous ouvre ses portes tel un chalet salvateur pris dans la tempête. L’occasion était trop belle pour rester blotti chez soi. La 2e édition des Salons acoustique propose de découvrir Jesse Mac Cormack et Rosie Valland en concert acoustique (ou presque) dans le cadre intime de La Chapelle. Pas le droit aux photographes, et on nous invite à éteindre nos téléphones.

Pour l’occasion, des coussins et des poufs sont installés sur le sol, autour d’un tapis où les instruments ont été disposés. Des guirlandes lumineuses participent à l’ambiance chaleureuse, presque guinguette de l’espace. Rosie Valland ouvre la soirée. Au piano et à la guitare, elle est accompagnée d’Anaïs Constantin (une amie de longue date) au violoncelle et parfois d’un énorme lecteur cassette lancé manuellement pour jouer une piste rythmique simpliste.

Revenir aux bases

Sans réverb’ dans la guitare ni dans le micro, Rosie Valland paraît ravie et inquiète à la fois. D’autant plus que ce soir-là, elle présente une flopée de nouvelles chansons, qui paraîtront sur son prochain album dont la sortie est prévue le 28 février 2020.

« Revenir à la base et devoir y rester c’est très confrontant » nous dit-elle doucement, les mains sur le piano, « mais c’est le fun », ajoute-t-elle dans un sourire timide. Au piano ou à la guitare, elle chante sa nouvelle vie, loin de la ville, à la campagne, comme elle l’appelle. Les déceptions amoureuses aussi, comme dans son premier long-jeu qui nous avait beaucoup émues (Partir avant, 2015). « Quand on va trop bien, est-on encore capable d’écrire ? » nous questionne-t-elle spontanément. En théorie oui, en pratique, on est moins certains.

Les cordes frappées du piano se mêlent merveilleusement bien avec les notes tenues et pizz du violoncelle joués avec beaucoup de nuances et de délicatesse. Parfait pour tendre une oreille attentive aux textes imagés et réalistes de la Québécoise, qui semble avoir travaillé un album très autobiographique : « Je me retiens de ce que j’étais avant, de ce que j’étais hier » chante Rosie Valland, « nous sommes des îles où les ponts disparaissent »

Comme pour son EP Nord-Est, la Québécoise a de nouveau collaboré avec Jesse Mac Cormack qui vient la rejoindre pour un duo à la guitare avant de conclure son set par « Olympe », une chanson qu’elle espère un jour pouvoir arrêter de chanter, quand les combats féministes ne seront plus que des souvenirs désuets et désabusés dont nous nous souviendrons avec émotions. E.S.

Le show introspectif de Jesse Mac Cormack

Sur la scène, quelques indices nous laissent penser que le set de Jesse Mac Cormack ne sera pas tout à fait acoustique : deux amplis, trois claviers et pad électroniques ainsi qu’une multitude de pédales forment un joli arc de cercle. On craint un peu la suite des événements. Mais, on est vite rassuré. Le Montréalais nous a finalement réservé une intime plongée introspective, quittant rapidement son appareillage électronique pour se concentrer sur le plus minime, sa guitare.

C’est avec « No Other » qu’il entre en scène. Le titre est arrangé avec quelques nappes sonores au synthé, enregistrées en live et répétées, s’ajoutant à la voix et la guitare acoustiques. Sur ce début de set, il lance à plusieurs reprises un beat pré enregistré depuis une boîte à rythme. On aurait tout à fait pu s’en passer. En effet, le plus intéressant c’est la façon dont Jesse Mac Cormack empoigne sa guitare, la frappe avec passion et la fait vibrer avec émotion. On est particulièrement touchées par son interprétation au piano de « A Way », très intime (et résonnant à la manière d’un Gary Jules). Il nous présente également un nouveau titre, composé en collaboration avec CRi, et encore à l’état de « work in progress ».

Au milieu du spectacle, le jeune homme invite Alex McMahon à prendre place au piano. Il restera sur plusieurs titres, ajoutant avec douceur et délicatesse quelques notes merveilleusement choisies. Rosie Valland est également conviée à prendre la voix de chœur sur un titre. Le trio est réussi. Alex reste au piano pour cinq titres, jusqu’à la fin du show. Avant de quitter définitivement la petite scène, Jesse revient pour un bis seul à la guitare, « To The End ». Il est loin le temps où l’électronique était jugé utile ! J.C.

Texte : Jeanne Cochin et Emma Shindo

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