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Francouvertes soir 1 et 2 : l’éclectisme au rendez-vous

LIVE REPORT – Retour sur une première semaine des Francouvertes. Forte en émotions.

Cette année, les Francouvertes célèbrent le retour sur scène des activités culturelles et musicales avec un programme condensé en formule hybride : deux soirs par semaine, en présentiel ou à distance. Voilà de quoi combler le long désert musical duquel nous sortons toustes.

Soir 1 : Vidjay Rangaya, FAÇADES, NINAN

Une première soirée hétéroclite, allant de l’indie pop à la musique traditionnelle autochtone, le tout introduit en douceur par Thierry Larose. On adore (à noter : il sera en concert le 14 avril au Club Soda).

Entouré de quatre musiciens et d’une choriste, Vidjay Rangaya nous propose une pop rock bien rodée oscillant entre rythmiques électrisantes et tonalités plus groovy. Bien que présentant un projet solo, une complicité rafraîchissante se dégage de la scène. On devine bien la longue amitié qui unit les musicien.nes. Le projet est efficace mais sans surprise : Vidjay Rangaya fait preuve d’une aisance impeccable sur scène sans pour autant nous transporter hors des sentiers battus. Le tout reste plaisant.

FAÇADES. Quatre “boys”. Cheveux teints, tee-shirts coupés, on se croirait de retour dans les années quatre-vingt dix. L’énergie débordante de ces jeunes musiciens prometteurs nous ravit dès les premières notes. Les paroles poétiques et parfois langoureuses (oui oui !) du projet sont contrecarrées par des tons plus métal prêtant au mush-pit. Le public saute, danse, crie et se laisse surprendre par une pause planante inattendue. Bref, on embarque !

NINAN, le groupe innu de Schefferville a reçu un accueil très favorable du public, visiblement sensible à la belle diversité accueillie aux Francouvertes cette année. Pour quiconque ressent la nostalgie du rock des années quatre-vingt, le projet tombe à pic. Pas de véritable découverte de ce côté. Et pourtant, la salle embarque ! Je me contente d’apprécier l’émoi du public et l’entrain du groupe ravi de clôturer cette première soirée.

Soir 2 : pataugeoire, Hôte, Zach Boileau

Deuxième round. La soirée s’ouvre avec Fanny Bloom et sa reprise de Spoutnik tiré de Rêver mieux, cultissime album de Daniel Bélanger. On trépigne déjà.

On n’en doutait pas une seule seconde et ça se confirme : Agathe Dupéré aka pataugeoire est une bête de scène. Accompagnée de ses deux meilleurs chums (guitare électrique et drum), elle rock sa basse avec fougue et nous offre une performance grunge haute en couleurs. Sa voix claire convient parfaitement aux accords punk des guitares, mais s’essaye aussi sur des tons plus envoûtants et sensuels. Bref, le réveil est parfait pour commencer le show.

Hôte. Projet électro-rock de Marc-André Dupaul, accompagné de quatre musiciens dont le talent évident est peut-être sous-représenté car fondu dans les basses intenses qui pulsent sous nos poitrines.  L’installation scénique est remarquable et la performance nous surprend par sa technicité et son hybridité : on est quelque part entre le show post-rock et le DJ set de fin de soirée. Ceci dit, la voix ne s’harmonise pas toujours avec les sonorités électrisantes offertes… La dissonance est-elle volontaire ? Un projet qui reste satisfaisant pour les aficionados.as des soirées électro montréalaises.

Quel plaisir de finir cette deuxième soirée avec la poésie de Zach Boileau ! Plaquées sur des accords tantôt folk, tantôt rock et même bluegrass, ses paroles nous transportent dans un univers mélancolique empli d’humour et de second degré. Les morceaux s’étirent divinement avec riffs endiablés de guitare, solo de keyboard et drum généreux. Un véritable festin.

Si cette formule 2022 offre des semaines intenses en show (deux soirs de suite), elle se démarque surtout par la diversité des styles musicaux et des projets présentés. On a hâte à la deuxième semaine !  

Classement provisoire :
1. Hôte
2. NINAN
3. FAÇADES
4. pataugeoire
5. Vidjay Rangaya
6. Zach Boileau

Texte : Elise Denis / Photos : Emma Shindo