La Route du Rock été 2026 – vendredi, le creux de la vague
FESTIVAL – Deuxième jour au fort pour cette édition de La Route du Rock. Une soirée sauvée par des Écossais, évidemment.
Cette deuxième journée au fort commence avec un optimisme exagéré. Ayant totalement sous-estimé le monde misant sur les navettes pour nous amener à bon port, on débarque devant la scène pour les quelques dernières secondes de fin d’Alice Costelloe. Dommage, ça avait l’air pas mal. On aura au moins pris quelques photos.

C’est d’autant plus dommage que la suite est Dry Cleaning, pas forcément un groupe qu’on adore puisque le spoken word de Florence Shaw nous avait déjà plus ou moins laissé insensible il y a trois ans. Qu’à cela ne tienne, on prend quelques photos de cette toile de fond tout de même très jolie et on attend la suite.


La suite c’est Moin, un groupe londonien plutôt instrumental. Un son noise, entre guitare, basse et batterie mais aussi électro. On n’est pas dedans. On a décidément bien du mal à plonger dans la journée, alors que le public semble conquis.

Les Ecossais toujours là quand on a besoin d’eux
Heureusement, Mogwai arrive. Et c’est en passant du jour à la nuit qu’on embarque enfin à bord. Le concert ne déçoit pas la horde de fans de tous âges venus applaudir leur groupe fétiche. Pour la grande amoureuse de voix que je suis, un long concert instrumental n’était pas une évidence, et pourtant. C’est Mogwai. Les frissons sont là. L’arrière scène est simple, l’image d’une montagne derrière laquelle les lumières changent, un oiseau, des cercles, des lignes, rien de tape à l’œil ou de trop mouvant. De la classe en toute simplicité. Le set est bien plus varié que ce que je redoutais. On y rentre comme dans un mer calme, toute en confiance, pour être progressivement emporté loin de la rive, dans un espace un peu plus agité. Les ponts sont faits entre albums de début de carrière et albums plus récents, et je crois que tout le monde y trouve son compte. En tout cas noi, on part loin, notamment emmené par Martin Bulloch dont le jeu de batterie est à mes oreilles phénoménal (oui oui les guitares… Mais la batterie, cette batterie !). On les remercie. Ils ont sauvé notre soirée.




Place ensuite au dandy Baxter Dury. Déjà vu en 2022 au même endroit, on sait à quoi s’attendre. Un jeu de veste, un mec qui fait ses 20km en traversant la scène de part et d’autre sans s’arrêter. Un crooner au style musical de plus en plus postpunk. Irait-on jusqu’à dire qu’on a pensé fort à Joe Talbot sur la fin du concert ? Oui. Baxter Dury a perdu en volonté de charmer mais a semble-t-il gagné en force et colère à évacuer. Et ce n’est pas pour nous déplaire.



La poussière de La Route du Rock
Sprints était le concert attendu comme celui qui bougerait. « Comme Ditz mais moins fou » nous avait on averti. Effectivement, on a goûté la poussière du fort sur ce concert, littéralement. Si le public était assez dissipé, ayant du mal à suivre les consignes pourtant très claires du groupe (laissez les femmes aller dans le moshpit, séparez vous en deux jusqu’au fond, etc), l’ambiance fut là, comme la veille à la même heure sur la même scène. Musicalement, le « moins fou que Ditz » se tient. Là où Ditz explore, Sprints développe. L’impression est un rendu un peu trop dans la veine de tout ce qui se fait dans le genre. Mais l’ensemble est « sauvé » par le charisme en toute sincérité de Karla Chubb, son ton et son phrasé qui font que, même si les propos sont finalement assez classiques pour 2026 (et néanmoins toujours nécessaires), on croit à leur intention première « Make noise that matters ».


La soirée se clôturera par le set électro de la canadienne Marie Davidson. Elle mélange techno, pop, voix rock, se partage entre les platines et l’avant-scène pour danser… Une fin somme toute efficace pour ce vendredi à La Route du Rock.

