Fête de l’Humanité, jour 3 : un dimanche à la française
FESTIVAL – La Fête de l’Huma touche à sa fin, et nous voilà déjà au dernier jour de ce week-end riche de culture, de musique, de poussière et de souvenirs. On vous y emmène une dernière fois (avant l’année prochaine).
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, il faut que ce week-end touche à sa fin aussi, mais ce n’est que pour se reposer avant l’année prochaine, bien sûr. Le dimanche à l’Huma, c’est toujours plus calme, les fêtards décuvent avant de devoir rentrer, les familles passent leur dimanche à la Fête. Bref, tout le monde commence à fatiguer mais l’esprit de la fête perdure et nous on a tapé dans une setlist 100% française pour cette journée.
Le rap engagé de Kery James
D’abord, on ne voulait pas louper Kery James, grand nom s’il en est du rap conscient, politique et engagé. Clairement, il faut un peu de temps pour se mettre dedans, car Kery est surtout là pour faire passer un message. On range les pas de danse, les sauts et les mains en l’air pour l’instant et on prend le temps d’apprécier.
Lorsqu’il arrive sur scène, Kery James rappelle qu’il est là pour défendre son art : le rap, qui est l’acronyme chez lui de résistance, amour et poésie. Cette sainte trinité — sa sainte trinité — il la défend sur la scène de l’Huma en rappelant sa ligne politique (« il faut nettoyer Nicolas Sarkozy au karcher »), son amour de la scène et de la musique et sa poésie par ses mots et son phrasé. Il clôture son set par le magnifique et rempli d’espoir « Banlieusards » : « Et si tu pleures, pleure des larmes de détermination, car ceci n’est pas une plainte, c’est une révolution ».

Un bon moment avec Soprano
On passe du tout au tout, du rap à l’ancienne au (pas si nouveau) Soprano et son rap hyper engageant, musical, mélodieux. En fait, ce qui est drôle avec Soprano, c’est qu’on a beau ne pas l’écouter au quotidien, sa musique a tellement d’énergie à revendre qu’elle nous donne irrémédiablement envie de nous trémousser (si si, il faut le voir pour le croire).
Donc, on fait comme tout le monde, scène Angela Davis, et on se prête au jeu de Soprano, à sa bonne humeur et à son entrain (très) communicatifs. En fait, on serait presque bêtes de pas adhérer, tant il semble rassembler les foules. On a le temps de rester pour quelques morceaux uniquement, parce qu’on ne veut pas rater Superbus qui jouent en scène Joséphine Baker… À l’opposé de la Fête ! 20 minutes de marche, comptez dans cela les imprévus de type rassemblement impromptu au stand savoyard du PCF ou karaoké géant en pleine rue.
En tout cas, on a déjà eu un bon concert de clôture sur la grande scène, et ça n’annonce que du bon pour la suite.

Allô Lola, j’ai le coeur qui fait boum…
Quand Superbus arrive sur scène… C’est tout rouge. Et pas seulement parce qu’on s’est trop frottés les yeux avec toute cette poussière, promis. Ici, on aime les monochromes et les gammes chromatiques chaudes (déformation professionnelle, sorry). Du coup visuellement, le rendu est sympa et on aime.
Côté musique, car c’est quand même de cela dont il est question après tout, de Superbus on ne connaissait que « Allô Lola » et « Butterfly », mais là, on aime bien ce qui se passe sur scène. C’est un groupe un peu à l’ancienne sans qu’il soit démodé, avec une chanteuse en tête à qui on laisse de la place, figure de proue de ce groupe sinon 100% masculin. C’est plutôt doux, on entend des sonorités assez inédites et c’est du plus bel effet en guise de clôture de la Fête de l’Humanité 2026.
Vous l’aurez compris, on a plutôt bien kiffé l’Huma, c’est notre rendez-vous militant et musical de l’année, alors forcément on est au rendez-vous. Nous, maintenant, on va se reposer (c’est-à-dire reprendre le travail, en vérité) en attendant la prochaine affiche !

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Crédit photos: Lou Geniller
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