Kim Churchill au Verre Bouteille : le cœur a ses raisons

COMPTE RENDUQuelques mois à peine après son dernier concert en ville, Kim Churchill était de retour au Verre Bouteille pour un concert solo affichant complet.

Ça faisait longtemps ! On a renoué avec nos premières amours en retournant voir Kim Churchill à Montréal. La dernière fois qu’on le voyait, il était en tournée avec ses mates de Sons of the East et c’était la folie. Une folie courte puisqu’une première partie est limitée dans le temps. On avait retrouvé l’Australien seul sur scène, avec tout son attirail. Depuis, il a rejoué au Théâtre Outremont au printemps 2026 et il est déjà de retour dans un Verre Bouteille qui affiche complet.

Vieillir ensemble

Le public et Kim Churchill (moi y compris) ont vieilli ensemble (on n’échappe pas au temps). Depuis 2011 pour être tout à fait exacts. Quinze ans de vies parallèles. Comprendre qu’il s’en est passé des choses depuis ce coup de cœur surprise au Festival d’été de Québec. Déjà 16 ans que Kim Churchill se produit au Québec ! Son premier festival, celui de la poutine à Drummondville en 2010, lui a permis de rencontrer les bonnes personnes et signer son premier contrat avec Indica, son premier label montréalais.

Depuis, Kim Churchill fait de la musique. Tout n’est pas égal : on a adoré, moins aimé puis raccroché les wagons. Son univers tend, avec les années, à plus de légèreté, d’apaisement et d’un lâcher-prise bien conscientisé. Il fallait se trouver en vieillissant, comprendre ce qui le faisait vibrer et comment il voulait que ce soit fait.

L’habitude de jouer pieds nus ne l’a pas quitté elle (sans doute plus facile pour accrocher un bébé tambourin à ses orteils me direz-vous). Depuis quelque temps complétée par des journaux de gratitude, des cailloux rapportés de ses différents voyages, ou de cette boîte « d’honnêteté » placée devant son merch lorsqu’il ne peut pas être là pour discuter avec son public. Gardons en tête que le talent vient avec son lot de singularités. Tant que le tout est sincère, on est partant.

La fascination de l’homme-orchestre

À coup d’anecdotes croustillantes et amusantes, l’Australien offre une prestation bourrée de charmes, presque ingénue par moments, soutenue par un talent musical in-dé-niable. Ses doigts courent toujours aussi vite sur le manche de sa guitare et sa capacité à jouer différents rythmes et notes de toute part continue à nous bluffer solide.

Mais, pas le temps de niaiser ni de radoter. Place au spectacle ! Deux sets pour le prix d’un car il n’y a pas de première partie ce soir. Ça part, comme on dit au Québec. Pied gauche sur la pédale de la grosse caisse, tambourin accroché au pied droit, harmonica gorgé de réverb’ vissé sur les épaules, et guitare sur le genou, Kim Churchill n’a pas changé. Sa formule d’homme-orchestre est toujours aussi admirable et fascinante.

Puisqu’il est la tête d’affiche de la soirée et seul sur scène, il propose au public montréalais un best of de son répertoire. De ses premières chansons blues jouées au Farmer’s Market de sa petite ville australienne de Merimbula (car ça attirait du monde) aux chansons plus intimes qui rendent hommage à sa famille (plus il vieillit plus il ressemble à ses parents constate-t-il, amusé), le « grand tour » est complet. En prime, des chansons récentes (« Clarity »), ses titres plus allants qui font gigoter le Verre Bouteille dans la 2e partie (« Canopy », « Single Spark », « Window to the Sky » sa meilleure selon lui) mais surtout des classiques, « Loving Home » entre autres (la première qu’il ait écrite de sa carrière), ses meilleures selon moi. La nostalgie est réelle, les émotions toujours là. Les années passent mais le cœur est fidèle.

Photos : Emma Shindo