Le (vrai) retour en grande pompe de Ghinzu sur scène

LIVE REPORT – Il était grand temps de découvrir W.O.W.A sur scène et c’est chose faite à La Laiterie hier soir. Un concert qu’on n’osait pas espérer.

Ghinzu et moi, grosse histoire, gros passif, je ne reviens pas dessus (on en a un peu parlé ici). Mais je peux rappeler que leur retour avec le Blow Tour en 2024 après dix ans d’absence m’avait à la fois rendue extatique et aussi un peu frustrée du manque de nouveauté. Et puis il y a eu a la sortie du single « Out Of Control », et j’ai eu peur d’être vraiment très déçue. L’album W.O.WA. est sorti et je suis restée silencieuse. Ça m’arrive. Parce qu’il me fallait du temps. J’avais entendu de belles choses dedans, et d’autres moins folles. Alors j’attendais. J’attendais ce qu’on attend toujours finalement, le seul truc qui révèle vraiment l’essence d’un album : la scène. Et là patatras, accident de John, mes dates prévues sont annulées, impossible d’aller aux reports, j’attends. Encore. Jusqu’à hier soir. À la Laiterie.

Ghinzu et ses mythiques intros

Et on va le dire : ENFIN ! Enfin, je retrouve le Ghinzu que j’aime. Quel plaisir d’entendre du neuf, dès que retentit le titre éponyme « When Other Worlds Await ». Quelle claque, tout de suite. Tout y est, la montée en puissance si typique du groupe. Les paroles, la voix, la liste de mots scandés, tout ce qui fait Ghinzu est là. Et depuis le bord de scène, l’émotion déjà. Et puis un truc me prend soudainement au tripes :

When Other Worlds Await – Ghinzu

On est le 18 octobre, on est en France au lendemain d’une journée de mobilisation immense. L’espace d’une seconde, je vois défiler toutes les images de manif vues les heures précédentes. Pas celles des dégradations ni des violences policières. Celles des gens qui s’organisent dans la joie. Qui marchent ensemble. Qui jouent de la musique ensemble. Qui prennent ensemble la décision que les choses vont changer pour le meilleur. Une bouffée d’espoir monte en moi. Un autre monde nous attend et il ne tient qu’à nous de le faire émerger. Damn it Ghinzu… Vous m’avez prise par surprise là.

Le parfait mélange

La suite du concert, je balaie tout ça et me concentre sur ce pour quoi je suis venue. Entendre et voir le Ghinzu 2026. Et je suis servie, avec une setlist qui donne la part belle à ce dernier album. Avec du Blow entremêlé (5 titres), un peu de Mirror, Mirror (4 titres) et un petit « Dragon », seul rescapé d’Electronic Jacuzzi (snif), W.O.W.A ne dénote pas dans l’identité du groupe, et continue de proposer des trucs que les anglo-saxons ne pourraient pas renier.

On ne m’enlèvera pas de l’idée que « Morning Lights » sonne un peu comme du récent Fontaines D.C. (enfin plutôt l’inverse en fait, si vous voulez mon avis). Ou qu’un « Death Race » est une explosion sonore poussée à un niveau qu’ils n’avaient encore jamais osé. Et poser ce titre entre « 21st Century Crooners » et « Do You Read Me », c’était une petite diablerie bien cardio qu’on valide totalement.

Nostalgie out

Alors bien sûr, j’adore voir les T-shirts de toutes les générations de fans se rencontrer dans cette salle pour chanter en chœur sur « Blow », gueuler sur « Mine », pleurer sur « The Dragster Wave » (sorry not sorry). Je ne me lasse pas de voir un public sauter sur « Do You Read Me ». Je ne me lasse pas des célèbres déhanchés de John. Mais je les avais retrouvés il y a 2 ans. Suffisamment pour me rendre compte que la nostalgie ça va bien 5 minutes. Que le groupe avait certes eu besoin de se retrouver et retrouver son public, mais surtout qu’ils n’étaient pas tout à fait prêts à la suite. Oh qu’ils le sont maintenant.

Et je crois que mes moments préférés, avec l’introduction, ont été leur nouvelle image. Celle qui transparaît dans les parfaites « Apologies » et « Forever ». Celle qui fait sortir une trompette à Jean. Celle qui se voit sur le visage de John qui prend réellement un plaisir fou à faire kiffer son public. Celle d’un groupe de mecs apaisés, heureux de continuer à faire ce qu’ils aiment, dans les conditions qu’ils veulent. Vivement la suite, vivement les variations de setlist, vivement les nouveaux morceaux. VIVEMENT.

On n’oublie pas non plus la première partie : Damaghead. Ce n’était pas la première fois qu’on les voyait et on doit dire qu’on est particulièrement content de voir des groupes locaux faire les premières parties de nos groupes fétiches. Surtout quand il s’agit d’un trio de potes, guitare Hello Kitty, t-shirt et pompes roses, qui chantent les lave-vaisselles et le rock sans prise au sérieux. Leur album Lily Gazpacho est sorti tout récemment alors on vous conseille fort d’aller l’écouter. Et de les retrouver en concert quand vous pourrez.