C.W. Stoneking à l’Espace Django : les prémices de la canicule
LIVE REPORT – Entre deux canicules, mi-juin, on est allé voir l’Australien C.W. Stoneking à Django, pour un concert tropical.
Il flottait comme un air de Louisiane à l’Espace Django, ce soir-là. Malgré une chaleur écrasante qui transformait la salle en véritable étuve, C.W. Stoneking est monté sur scène avec cette élégance désuète qui fait tout son charme. Né aux États-Unis avant de grandir en Australie, le chanteur puise depuis toujours dans les racines du blues, du jazz traditionnel et des musiques populaires du début du XXe siècle. Il y façonne un univers qui n’appartient qu’à lui. Dès les premiers morceaux, on devine pourtant que la soirée sera particulière. Stoneking est malade, la voix parfois qui semble plus fragile, mais jamais il ne laisse son état prendre le dessus. Au contraire, il s’accroche, plaisante avec le public et déroule un répertoire où les titres de son dernier album, The Zombie, trouvent naturellement leur place aux côtés de compositions plus anciennes.
Voyage musical sans frontières avec C.W. Stoneking
Autour de lui, ses musiciens font merveille. La contrebasse pose des fondations solides tandis que le trombone et la trompette colorent chaque morceau d’une palette sonore aussi riche qu’élégante. Ensemble, les musiciens embarquent le public dans un voyage où les frontières musicales disparaissent : blues rural, jazz de La Nouvelle-Orléans, calypso, boogaloo, swing, gospel, folk ou encore country se succèdent avec une facilité déconcertante. Rien ne semble forcé, tout paraît couler de source, porté par des arrangements subtils et un sens du groove qui ne faiblira jamais tout au long de la soirée.



C.W. Stoneking prouve une nouvelle fois qu’il est un artiste à part, trop rare en France, capable de faire voyager son public en quelques notes. Malgré la température étouffante, il livre une prestation généreuse qui ne perd jamais en intensité. Devant la scène et au fond de la salle, les spectateurs finissent d’ailleurs par s’y abandonner complètement : les premiers pas de danse apparaissent timidement, avant que l’énergie communicative du groupe ne transforme l’espace en véritable piste de danse. Les sourires se multiplient, les corps suivent le rythme, et l’on oublie presque la chaleur qui écrase la salle. Il ne reste alors que la musique, le plaisir évident des musiciens de partager ce moment, et cette impression rare d’avoir assisté à un concert sincère, vivant et profondément habité.
