Francos de Montréal : Gab Bouchard, Myra, La Bottine Souriante, Ino Casablanca
COMPTE RENDU – Deuxième semaine aux Francos de Montréal. Les affaires reprennent de plus belle. On vous raconte le gros spectacle de Gab Bouchard sur la place des festivals, ainsi que nos aperçus des concerts de Myra, La Bottine Souriante et Ino Casablanca.
C’est la reprise aux Francos de Montréal ! Après deux jours de pause en début de semaine (bien mérités), nous voilà de retour dans le centre-ville. Une belle averse a créé des frayeurs dans l’après-midi mais il ne pleuvra pas ce mercredi 17 mai aux Francos.
Myra ramène le soleil

On entame notre soirée sous la tente Brasseur de Montréal, où Myra se produit. C’est sa toute première fois en Amérique du Nord annonce-t-elle d’emblée. Pourtant, dans le public qui s’est amassé, les paroles sont déjà connues. Myra a conquis la Cigale (Paris) en début d’année. Et sans doute que les Français parmi vous la connaissent pour son rôle récurrent d’Alison Valle dans la série Plus belle la vie. Pour finir sa fiche de présentation, et nommer une récompense importante à nos yeux, elle est lauréate du FAIR 2023.
Au-delà de sa profession d’actrice, Myra développe aussi sa carrière de compositrice-interprète depuis quelques années. Il faut avouer qu’elle a un timbre de voix qui lui facilite la vie (grave et plein d’aspérités) ainsi qu’une musicalité et un charisme innés. Elle se produit, monte ses clips elle-même et en est assez fière. « Il faut le dire quand on fait les choses ! » D’origines grecques par son père, Myra entrelacent plusieurs genres musicaux dans une proposition baignée de soleil (r’n.b, soul, influences latines…). Elle peut aussi bien chanter gravement en guitare-voix (« Rebetiko »), que faire danser le public sur des mélodies aussi douces qui sentent la Méditerranée (« Amour terrible »), que proposer des titres plus sensuels (« Câlins collés »).
Elle est accompagnée par un DJ multi-fonctions qui soutient au chant aussi bien qu’il joue de guitare dès qu’il peut. Une invitée spéciale, Mauvaise Bouche, monte sur scène dans un moment emprunt de sororité. Le set file et Myra est comme un poisson dans l’eau sur cette scène qu’elle arpente en dansant, tout sourire.
La Bottine souriante a 50 ans

Une anecdote pour vous parler de La Bottine Souriante, ce collectif de musiciens (il y a eu des musiciennes aussi à une époque) qui donnaient aux Francos le premier show de la tournée de leur 50e anniversaire. Figurez-vous, que c’est Gab Bouchard qui en 2018, nous mentionnait La Bottine, comme étant le premier groupe qu’il avait vu de sa vie (lire l’entrevue). Tout juste arrivé au Québec, on n’avait aucune idée de qui il s’agissait. Hazard cocasse puisque la Bottine et Gab Bouchard se retrouvent à jouer le même soir aux Francos de Montréal 2026.
La formation originale de la Bottine n’est plus depuis un bout (bien que deux membres originaux feront des apparitions ce soir-là). Elle s’est recomposée au fil du temps. Néanmoins, ce n’est pas un problème pour les amatrices et amateurs de chansons folkloriques et traditionnelles. On le sait, le patrimoine folklorique se transmettait de bouche à oreille et il est bien difficile parfois de remonter aux origines d’une chanson. De plus le groupe annonce la couleur, ils « revisitent » le répertoire de la formation. En tout cas le parterre de la scène Loto-Québec est plein. Beaucoup de familles, trentenaires, quarantenaires et plus âgés se sont donnés rendez-vous pour swinguer dans la bonne humeur.
On aperçoit Lisa LeBlanc en coulisse, la fameuse invitée surprise de la Bottine, mais on n’aura malheureusement pas le temps de la voir. Il nous faut déjà rejoindre la grande scène. Gab Bouchard, la tête d’affiche des Francos ce soir-là entre en scène dans quelques minutes.
Gab Bouchard, une chance incroyable

Au tour de Gab Bouchard de fouler la grande scène. Comme il le rappelait la veille sur ses réseaux sociaux, il jouait il y a huit ans, pour la toute première fois, aux Francos de Montréal. C’était sous une tente pas loin de la grande scène, que des constructions ont remplacé (on y était !). Trêve de nostalgie ! Mais quel émouvant rappel des premières heures de cette carrière qui culmine aujourd’hui. D’un p’tit bum du Lac fraîchement débarqué à Montréal pour faire de la musique, il est maintenant tête d’affiche du plus grand festival francophone du pays.
Cette prise de conscience doit encore lui trotter en tête alors qu’il débute son spectacle, arborant un chandail bleu avec une fleur de lys. Dans les premiers rangs de la foule, des drapeaux québécois sont hissés fièrement, comme des fausses moustaches. Un hommage à leur idole du soir, dont la moustache fait encore frémir Tom Selleck.
Une énorme boule à facette culmine au-dessus de la formation, constituée du groupe habituel (le Cool Band) et de musiciens et choristes spéciaux. On compte notamment Marie-Neige Lavigne et Rose Perron (Rau_Ze) en renfort d’Éléonore Dessureault aux chœurs, ainsi qu’Olivier Langevin (Galaxie). Les origines saguenéennes de Gab ne sont jamais trop loin (son papa, ancien batteur fait également une apparition à la fin du show). Il fallait bien marquer le coup ! Le début du concert manque cependant un peu de rythme. Les titres peinent à s’enchaîner, sans prise de parole (ou blagues) qui aurait pu colmater un peu. Il nous confirme, peu de temps après, cette impression, « J’étais stressé, j’avais peur que personne ne soit là ! »
Gab Bouchard raccroche les wagons

Après un temps de chauffe, et quelques solos bien sentis de Zachary Boileau à la guitare puis de Mathieu Quenneville aux claviers, Gab Bouchard sort de sa bulle, va chercher ses acolytes, guitare haute et harmonica en bouche, et semble se détendre. En alternant rapidement les titres de son dernier album ENCORE ENCORE à ceux des deux premiers, il raccroche vite les wagons. « ENCORE ENCORE » et le chœur final de « POUR L’INSTANT/PERSONNE » qui se finit en beau gros jam, finissent par faire crier les Francos de contentement. Une pause douceur & ballades nous est accordée. Car rappelons que Gab Bouchard compte dans ses bagages deux disques de chansons d’amour triste. « Une valse triste » et « C’est cool » sont revisitées pour l’occasion et le duo de voix Gab-Éléonore fonctionne vraiment bien et apporte une certaine fraîcheur au répertoire.
« J’suis un homme de peu de mots ce soir. J’ai une chance incroyable ! » finit-il par avouer. On le sent ému et pas tout à fait conscient de ce qui est en train de se passer sous ses yeux. « Tu m’connais trop bien » et « Dépotoir » entérinent le concert. Somme toute, le choix a été de miser sur la musique, les solos, (LE ROCK !), plutôt que sur la mise en scène et les apparitions. La forme est plus classique, mais le rendu est plaisant. Avant le rappel, Gab Bouchard et ses musiciennes et musiciens interprètent « ENFIN » et on voit le Québécois regarder au loin de la place des festivals, bien comble, les yeux embués. Ils réapparaissent une dernière fois pour jouer « PLEURE BÉBÉ PLEURE ». Il est 22h20, c’est fait. Gab l’a fait.
Ino Casablanca, force tranquille

Pas le temps de niaiser, on va passer une tête au début du concert d‘Ino Casablanca. Le Français donnait la veille, au Club Soda, son premier concert à Montréal. Sold out bien sûr. Les programmateurs du festival qui aiment faire des surprises ont annoncé il y a deux jours qu’Ino serait ce concert surprise de 22h30 ce mercredi 17 juin. Dans la même teneur que Théodora l’année passée. L’appel a été entendu !
C’est sur les notes de son hit « BISSAP DU 20ÈME » qu’Ino Casablanca débarque sous une trompe de cris, applaudissements et de youyou. Le Français, a grandi en Espagne avant de s’établir avec ses parents marocains à Toulouse. Un peu comme Danyl, il a étudié la musique classique au conservatoire avant de connaître un vrai succès populaire avec la sortie de EXTASIA son 3e album. Cheveux détachés, tout de noir vêtu, Ino Casablanca semble être une force tranquille. Ses deux musiciens derrière, aux prods, basse et guitares assuraient la partie accompagnement avec solidité. La voix et le flow posé, l’ancien nommé aux Victoires de la musique 2026 (révélation masculine) paraît assuré, calme et franchement ravi de retrouver une partie du public de la veille.
On aurait aimé rester plus longtemps, mais l’appel du travail (le vrai) s’est fait entendre dans notre corps et notre conscience et nous avons dû quitté la scène Desjardins pour rejoindre nos pénates.
Suivez-nous sur Instagram pour suivre nos aventures live !
Crédit photos : Emma Shindo
- Francos de Montréal : Gab Bouchard, Myra, La Bottine Souriante, Ino Casablanca
- Le « Frisson Noir » de Tarja Turunen
- Francos de Montréal 2026 : Danyl, Wamen, St Graal
- L’été à Montréal : 8 concerts au beau milieu du Jardin botanique
- Francos de Montréal : Ariane Roy, Marco Ema, Grand Eugène et l’École nationale de la chanson
