Hellfest 2026 vendredi : température et émotions en hausse

FESTIVAL – Jour 2 du Hellfest, en forme de montagnes russes émotionnelles. Dernier article de cette édition, on vous explique pourquoi.

Pour ce deuxième jour, pas le temps pour la grasse mat’ ! Je ne voulais absolument pas louper le groupe Uravena venu de Polynésie française chère à mon cœur. Et je n’étais pas la seule à venir dès 10h30 sur la mainstage 2 découvrir les cinq polynésiens ! Les drapeaux aux couleurs du Fenua et les couronnes de fleurs étaient présents de bon matin dans le timide mais néanmoins bien présent circle pit. Les musiciens de Uravena mesurent la chance qu’ils ont de pouvoir faire résonner ici leur métal teinté de percussions traditionnelles sur des paroles en ori tahiti. Un trajet de plus de 17 000 km permis grâce à un appel aux dons, des répétitions après leur journée de travail et aucun financement extérieur pour leurs albums : c’est une véritable prouesse pour eux et une fierté pour moi d’avoir été là pour entendre le premier groupe polynésien au Hellfest ! 

Mais impossible pour moi de faire un choix entre Uravena et Dragunov qui passait en même temps à la Valley. J’ai dû consacrer quinze petites minutes à chacun des deux groupes, qui jouaient tous les deux seulement trente minutes. Dragunov n’en était pas à son premier passage au Hellfest. En effet, ils étaient déjà programmés l’an passé dans le ring de la Purple House. C’est un chouette tremplin pour les jeunes groupes, mais clairement, les Nantais méritaient mieux et la programmation du festival ne s’est pas trompée en leur proposant d’ouvrir le vendredi à la Valley cette année. Ce duo batterie/guitare composé de Sébastien Pineau et Tristan Monein depuis une dizaine d’années est venu nous réveiller avec leur post-métal instrumental et la journée a bien commencé !

Peu de représentantes féminines au Hellfest 2026

Sur le papier, le vendredi s’annonçait comme la meilleure journée pour moi. J’ai donc enchaîné par une séance de yoga metal guidée par Elsa Sunita au Metal Corner. Nous étions un petit nombre à venir profiter de cette parenthèse pour réveiller notre corps en douceur. Ces séances de yoga matinal nous aident à chouchouter notre corps pour qu’il tienne encore trois jours intenses.

Retour à la Valley, le soleil tape fort mais on résiste afin d’assister aux concerts de Rezn puis Conjurer. Avec un petit saut à la War Zone pour entendre quelques titres des filles de Die Spitz. L’an passé, le Hellfest avait programmé volontairement une journée “girls”. Cette année, on a bien senti que rien n’avait été fait en ce sens et elles n’étaient vraiment pas nombreuses sur scène. Alors c’est une petite satisfaction de voir les quatre texanes se donner à fond pour exister sur la scène emblématique des musiques les plus abrasives du festival.

Les rattrapages du Hellfest 2025

On a déjà parlé l’an passé de la mésaventure de Stoned Jesus qui, à cause d’un problème d’avion, n’avait pas pu se produire à l’heure à la Valley et avait joué sur la minuscule scène de la Purple House. Cette année, les trois ukraniens étaient bien là, à la Valley et avec l’envie de rattraper l’édition précédente ! Hyper sympas, cheveux au vent, sans oublier d’évoquer les sujets d’actualité lourds, ils nous ont ravis avec leur stoner précis et émouvant. Leur musique conjugue la lourdeur du doom, les grooves du stoner et la liberté du rock progressif, c’est captivant et cathartique.

On sort de notre transe, direction l’univers d’Opeth en Mainstage 2. C’est assez déroutant car leur musique est un mélange complexe de différentes ambiances qui s’enchaînent. Mais Mikael Akerfeldt, le chanteur et guitariste, est épatant. Les découvrir en festival n’est peut-être pas la meilleure approche, mais ça vaut le détour. Et malgré le soleil rasant, les grands écrans de la mainstage 2 nous ont aidés à les suivre dans leurs propositions.

This is the end

Le soleil étant enfin couché, on en profite pour se balader et manger au son de Slift. Petit tour pour moi à la War Zone afin d’entendre La Dispute. Je me faufile jusqu’à la barrière histoire de ne pas être trop chahutée et de pouvoir prendre des photos et vidéos sympas. Au troisième titre, je cherche à dégainer mon téléphone et là, plus de téléphone ! Je me retourne, regarde par terre, je croise le regard paniqué de deux de mes voisins qui cherchent aussi leur téléphone. Les gars derrière stoppent net le pogo, le mec de la sécu grimpe sur la barrière avec sa grosse lampe torche pour éclairer le sol à la recherche de nos téléphone… Seules gisent, parmi les éclats d’éco-cup, des coques vides, abandonnées par les rois du pickpocket qui ont sévi durant ces 4 jours de façon très très bien organisée.

On apprendra en fin de festival qu’au moins 1000 plaintes ont été déposées à la brigade de Clisson. Cette édition aura été fructueuse pour les voleurs qui, en plus de prendre la place de vrais fans, nous ont pourri la fin du fest. Et du coup, fin de la soirée sans photos et avec beaucoup de dégoût mais une confirmation de la solidarité et de la bienveillance des métalleux, les vrais !