Festival Détonation : un changement de format plus que réussi

FESTIVAL – Retour en terres bisontines pour tester la nouvelle formule de Détonation. Un réel succès.

Cela faisait 5 ans que nous n’avions pas mis les pieds à Détonation dans cette jolie ville de Besançon. Le format du festival a changé. Une version qui prend place sur le site de la Rodia, que je découvre, et qui me plait énormément. La localisation de la salle en contrebas de la citadelle de Besançon en donne une vue superbe (ça me rappelle la salle de la poudrière à Belfort). L’entrée donne directement sur le Bezac Soundsystem, un lieu où les DJ se succèdent et où les gens peuvent bouger leur corps et même, s’ils le veulent, s’imprégner du son face au mur d’enceintes.

L’ambiance festival est donc déjà là. Les deux salles (le Bal à fond et l’extra Bal) sous chapiteaux sont placées quasiment l’une en face de l’autre, ce qui permet de changer rapidement de salle et d’ambiance. Début des festivités avec le groupe Mogador, un mélange de musique et instruments traditionnels (Gwana fusion) qui donne à la musique du rythme et permet d’ambiancer le Bal à fond. Le public semble vraiment bien présent et bien participatif, j’aime beaucoup ça !

La voltige de Mathis Akengin

On s’éclipse pour aller écouter Mathis Akengin, claviériste du groupe Dead Chic, qui a sorti son premier album solo en juin. Debout entre ses machines (son instrumentarium), il nous accueille chaleureusement et se sent chez lui. « Y’a que des copains » nous dira-t-il ! Les titres sont tantôt douceur, tantôt plus enlevés dans une teinte indie pop. La construction des morceaux et la voix ne sont pas sans rappeler l’artiste canadien Chilly Gonzales, avec des ruptures/cassures qui donnent plusieurs facettes aux morceaux. Un titre émouvant, celui parlant de son grand père (« Passage des fleurs »), nous montre qu’ils arrivaient à se comprendre sans pourtant parler la même langue. Une fois le set terminé, la voix de Mathis finit par me rappeler un souvenir lointain : la voix d’Anohni and the Johnsons. Du miel pour nos oreilles. Merci Mathis de nous avoir emporter avec toi.

Direction la grande salle de la Rodia où Zélie est en train d’emporter le public, de le faire chanter et danser avec elle. J’avoue ne pas être sensible à ce genre de musique mais cela semble fonctionner auprès du public qui chante, et pas que les refrains. Je ne dois pas être assez jeune… direction l’extra Bal.

Détonation mexicaine

Allons voir ce groupe qui fait penser à des philosophes mais qui en sont loin, Descartes A Kant ! Ce groupe est composé de quatre musiciens et d’une espèce de machine qui balance des sons, mélange de rock, de bossa nova, de jazz. Formés au Mexique en 2001, je m’étonne toujours de voir jouer des groupes venus d’aussi loin. Leur tenue de scène flashy n’est pas raccord avec leur son ! Mais peu importe, le public bisontin bouge aux rythmes de leur musique. Bien loin de l’idée qu’on peut se faire d’un groupe venant du Mexique.

Petit tour par le soundsystem qui trouve son public, ou sait le garder. Ça danse toujours et l’ambiance y est toujours aussi sympathique. Avant de nous diriger vers L’extra Bal, passage par le bar du haut pour choper deux cookies et remplacer la crêpe manquante pour notre dessert.

Les groupes de Détonation qui ne font pas dans la dentelle

Suite aux conseils avisés de Morgane, nous voici devant la scène basse (pile poil face à nos tibias) pour Gans, groupe post punk de Birmingham. Ils ne sont pas 2 mais 3 ce soir sur scène : batterie, clavier/basse et saxophone/flûte traversière (oui vous avez bien lu !). Comme à leur habitude les Anglais démarrent leur concert pied au plancher, immersion directe pour nous devant la scène avec les musiciens. Ça joue vite, fort mais bien.

C’est fou comme l’énergie des anglais est communicative. Ils savent donner pour recevoir du public. Et aussi étonnant que cela puisse paraitre, les solo sont exécutés par le saxo ou la flûte traversière ! Les autres instruments sont là pour infliger le rythme et soutenir puissamment le chant de Euan (batterie/chant). Tom (basse/chant) participe également et donne de la voix. Le public rend bien au groupe l’énergie qu’il envoie. Le set est court mais ces 45 minutes
auront eu raison de mon t-shirt !

Retour dans la grande salle de ce superbe lieu de culture de la Rodia pour les Vulves Assassines. Nous dirons qu’il tombe à point après la semaine vécue concernant les manifestations de l’éducation nationale. Le militantisme a son groupe, les Vulves Assassines.

Un beau bilan pour cette soirée, avec une édition qui a un goût de reviens-y ! Bravo aux équipes de la Rodia pour l’organisation !

Texte : Bruno Geniller
Photos : Morgane Milesi