On y était : Benjamin Clementine aux Francofolies de la Rochelle 2013

Mathilde avait déjà déclaré sa flamme à Benjamin Clémentine. Moi, j’attendais de le voir sur scène. Impatiemment. L’homme est prévu au Théâtre Verdière. Cadre intimiste. Une salle plongée dans l’obscurité. Une scène à peine éclairée. Quand il entre sur scène, c’est comme un Mohammed Ali qui entre sur le ring. Les pieds-nus, la capuche sur la tête. Il se plante au milieu de la scène. Debout. Balaie la salle du regard, la toise puis fixe l’horizon. Une minute entière se passe comme ça. Il ne bouge pas. Personne ne bouge de peur. Puis, lentement il ôte sa chemise et prend place derrière le micro.

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La tension qui flottait dans l’air descend d’un cran, mais déjà on sait qu’il va se passer quelque chose d’énorme pendant la prochaine demi-heure. Quelques notes de piano puis il se met à chanter et il suffit qu’il ouvre la bouche pour que les poils des bras s’hérissent et que des frissons parcourent l’ensemble des échines. Le corps puissant de Benjamin Clementine laisse échapper une voix toute aussi puissante. Le récital du garçon est sous tension, le regard de Benjamin est habité, les muscles de son dos sont tendus. Il ne se contente pas de chanter, il vit ses chansons, les habite, les transforme. Il y va parfois en force, son regard se durcit, le front se crispe, le visage se déforme et les chansons nous prennent au corps. Au cœur. Parfois, sans prévenir, Benjamin se lève de sa chaise, arpente la scène dans toute sa largeur comme un lion cage tout en chantant ses histoires. Un lion. Il ne lâche pas sa proie.

Une claque comme celle-ci, cela fait un petit moment que je n’en ai pas eu. J’avais peur de terminer dans la catégorie « gens blasés ». Il a fallu un concert de Benjamin Clémentine. Cachée dans l’obscurité, j’ai lâché ma larme. Et pour ça, merci Benjamin.

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