C’est l’histoire d’une chanson : « Bohemian Rhapsody »

Il n’y a pas que Philippe Manœuvre aka « PhilMan », qui s’intéresse aux histoires derrière les chansons et autres petits détails qui font les grands albums/artistes. Chez Rocknfool notre guest érudit c’est Gab et aujourd’hui il nous raconte « Bohemian Rhapsody »…

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« Freddie’s Thing » c’est le titre de travail d’une chanson sur laquelle bossent Freddie Mercury et ses acolytes en cette belle année 1975. Un truc bizarre donc, sorti tout droit de l’imagination kitsch et colorée de Freddie. 6 minutes ovniesques. Pas de couplet. Pas de refrain mais une structure inédite, partant d’une intro a cappella pour arriver à un passage hard-rock en passant par une bonne minute dégoulinante d’opéra déjanté et loufoque. 6 minutes : c’est le résultat final, mixé, remixé, surmixé , pour l’époque un véritable travail titanesque. Mais pour en arriver là, 6 semaines de préparation auront été nécessaires, dans 6 studios différents, ce qui en fait l’un de titres les plus chers jamais enregistrés ! -Pour les amateurs d’anecdotes à la con (dont je suis le premier représentant), le piano à queue utilisé par Mercury dans cette chanson fût celui qui servit aux Beatles pour l’enregistrement de Hey Jude).-

Dans ces 6 semaines de folie créative, on compte déjà 3 semaines de répét’ pour des mecs n’étant pourtant pas des peintres techniquement. La légende raconte même que Freddie Mercury, Brian May et Roger Taylor bossaient leurs parties vocales jusqu’à 10 heures par jour, près de 180 voix prises et mixées sur la bande ! Et oui car aucune voix, ni aucune note d’un instrument de musique ne vient d’un « élément » extérieur ! Ni même une note de synthé… À l’époque, Queen se faisait une règle et une fierté du « Nobody played synthetiser » (vérifiez par vous-même, cette mention apparaît dans tous les livrets des albums du groupe. Jusqu’au début des années 80, après ils en ont mis un peu partout, on est bien d’accord…)

Une fois « Freddie’s Thing » enregistré, reste à convaincre la maison de disques du potentiel radio-diffusable du « morceau ». Il faut donc un gros sens de persuasion de la part du groupe pour faire avaler cela (Queen en 1975 est encore un groupe « en devenir » et souvent qualifié d’ersatz de Led Zep) et sans doute une part de folie de la maison de disques pour espérer en faire un single diffusable. À tel point que, quand le manager du groupe de l’époque fit écouter le titre à une star de son écurie, un certain Elton John, celui- ci lui répondit « Hein ? Quoi ? Tu es fou, ce titre ne passera jamais en radio ! »
On doit donc le succès de ce titre en partie à Kenny Everett, un animateur vedette sur une radio anglaise et ami proche de Freddie, qui tranquillement passera le titre sur les ondes britanniques… Et ce jusqu’à 14 fois par week- end…
À partir de là, la légende est en marche avec toute une flopée de récompenses : « meilleure chanson britannique des 25 dernières années en 1977 » , « meilleur single anglais des 60 dernières années en 2012 », et une seconde jeunesse dans les années 90, à la mort de Mercury surtout, et non pas uniquement grâce au film Wayne’s World !

Il est également drôle de constater à quel point ce grand classique est peu repris du fait de sa complexité, si le groupe en fera un passage obligé à chaque concert, ce sera toutefois dans une version « raccourcie » et épurée. Les plus audacieux se tourneront vers la version des Flaming Lips, les plus courageux sur le massacre d’Elton John et Axl Rose lors du concert hommage à Freddie Mercury, aïe, qui vaut quand même le détour pour le passage opéra « original » diffusé dans le stade de Wembley et pour l’émotion qui s’en dégage. Mais finalement rien de tel pour les puristes que la version originale et son clip loufoque, c’est celui que nous avons choisi pour vous…

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