On y était : Ben Howard à l’Alhambra

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Oubliez tout ce que vous avez entendu de Ben Howard. Non. Il n’est pas juste le mec à la guitare sèche. Comme James Vincent McMorrow quelques mois auparavant, l’Anglais a voulu casser cette image de folkeux aux chansons tristes. Ok les chansons ne sont pas encore faites pour shaker son booty sur le dancefloor. Au contraire. Elles donnent encore plus envie de chialer dans son verre de whisky. Pour son deuxième album, Ben Howard a presque tout changé. Non, en fait, il a évolué. Parce qu’il n’est plus le guitariste prodige de la guitare avec peu de moyen, il se permet de varier et enrichir ses mélodies. Il délaisse de plus en plus la guitare sèche pour l’électrique, étoffe sa musique, lui donne des accents tantôt country, tantôt blues.

A la formation de base, s’ajoute désormais une basse, une contrebasse et un autre guitariste. Sur scène, ils étaient trois, maintenant ils sont six. Sur la scène de l’Alhambra, ils ont l’air un peu à l’étroit. Ben lui, a l’air immense. C’est clair qu’il prend de la place. Sans doute, la renommée et la reconnaissance de ses pairs. On pourrait croire qu’avec les années, le garçon a pris confiance en lui. Qu’il est devenu une bête de scène. Non. Il est toujours aussi fragile et touchant. Il ne regarde jamais le public, il a les yeux fermés et parfois même il joue dos au public. On devrait être déroutés, mais on a l’habitude. Il lui arrive de parler quand même. Un peu. La bouteille de vin et les applaudissements aidant, l’ambiance se réchauffant, Ben Howard se montre plus prolixe, tente quelques blagues et se demande s’il y a des Français dans la salle. Si si, mec, on est là. On n’est pas beaucoup, mais on est là. La salle a en effet été prise d’assaut par les Anglo-saxons, venus voir en masse l’enfant chéri. On se sent un peu comme des étrangers, des touristes. Et puis on remarque trois personnes accrochés à leurs iPhone, filmant le concert du début à la fin. On a compris qu’ils étaient Français. Les seuls qui n’ont vraiment rien compris à la vie.

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Ah. Le concert ? J’aurais aimé vous citer les titres de chansons, mais Ben Howard n’a fait que de l’inédit puisqu’il présentait en avant-première Forget Where We Were. Donc je ne pourrais t’en parler. En revanche, je peux te dire que les titres s’étirent joliment, qu’une bonne place est faite aux phases instrumentales. Que l’atmosphère est lourde par moment, planante souvent. Les spectateurs étaient, il est vrai, un peu déroutés. Les titres connus du nouvel album (« End of The Affair« , « Forget Where We Were« ) sont néanmoins accueillis par des cris et applaudissements. Le « Oats In The Water » de l’EP The Burgh Island aussi. Ben Howard ne s’autorisera qu’un titre d’Every Kingdom, « The Fear » pour conclure l’heure et demi de concerts. L’air de « The Wolves » siffloté en choeur par le public avant le rappel n’y fera rien. Ben Howard a tourné la page. Il n’est plus le chanteur avec la guitare.

Et ça nous va.

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Une pensée sur “On y était : Ben Howard à l’Alhambra

  • 13 septembre 2014 à 14 h 05 min
    Permalink

    Ce n’est pas Diamonds qu’il a chanté à la fin mais bien « the Fear » de Every Kingdom….

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