MaMa Event #2 : Hein Cooper, The Franklin Electric, In The Canopy, Chapelier Fou…

LIVE REPORT – J’avoue, j’ai peur de faire ce report parce qu’on a vu quasiment que des garçons chanter ce soir, et que la plupart des concerts étaient vraiment bien. Tu vois j’ai peur que si jamais je dis « oui j’ai adoré untel ou untel », on me réponde : « ah mais c’est parce que tu le trouves beau », que je suis une groupie. C’est marrant. Moi ça me fait rire. Et ça m’énerve aussi. Comme si moi, femme, je ne pouvais pas juger avec mes oreilles mais seulement avec mes ovaires. Je dis ça parce que j’ai encore entendu cette réflexion ce soir. En 2015, une femme qui va écouter un concert d’un gars, c’est encore et toujours une groupie. Alright.

Hein Cooper

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Hein Cooper

Pensons comme une groupie : tu vois Hein Cooper, c’est vraiment un mec craquant. La version indé de Justin Bieber. En encore plus beau… Est-ce qu’on a déjà écrit ça par ici ? Je ne crois pas.

Donc Hein Cooper ? Australien, 23 ans, et un talent pur. Une voix haut-perchée qu’il module à l’envi, une guitare qu’il triture, accompagnée parfois par des nappes et touches électroniques. Une musique qui apaise l’âme et qui réchauffe, en ces temps de froid presque polaire, une musique solaire et bienvenue. On aime les envolées presque lyriques et cette douceur qui s’échappe des mélodies. On a eu un peu peur quand le garçon demande à la foule massée dans la cave du Petit Moulin si elle aimait Radiohead… parce que la suite on la connaît : souvent c’est une reprise ratée de « Creep ». Mais pas lui. Lui, arrive à apporter sa touche de douceur et de sensibilité à cette chanson maintes fois reprises et assassinées. Mention spéciale au titre « The Art Of Escape » présente sur le premier EP du jeune homme : une pépite. Des larmes assurées.

Rappel >> Hein Cooper le 19 octobre au Point FMR.

Broken Back

Ils ne sont que deux sur scène : un batteur qui s’occupe également des sons électroniques et un guitariste-chanteur. Et c’est agréable d’avoir pour une fois le batteur sur le devant de la scène. Surtout que ce batteur-là connaît bien son instrument et s’amuse avec quelques percus originales. Broken Back c’est de la musique ensoleillée : des contre-temps à la guitare folk, une voix éraillée plutôt jolie (qui nous fait drôlement penser à Milky Chance), une rythmique qui tend vers la bosa nova et des choeurs enregistrés qui ne lésinent pas sur la réverb. Malheureusement, ce résumé vaut pour toutes les chansons du duo. Passé le plaisir festif des deux premiers morceaux, on est vite lassé.

The Franklin Electric

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The Franklin Electric

Alors là on a de la chance, on a quatre beaux gosses sur scène. J’avoue que j’ai complètement craqué pour le mec derrière le rideau. Celui qui se cache dans les loges tsé…

Non, ça aussi, tu le trouves pas par ici, en revanche on peut te dire que ces Canadiens suivent les pas de Half Moon Run. Une musique indie-pop qui oscille entre balade au piano et explosion sonore avec une batterie quasi-tribale parfois. On notera la voix incroyable du lead singer, Jon Matte, qu’on sentait un peu stressé. Ça c’est parce qu’il n’a « jamais vu autant de badges dans une salle »… Oui, le MaMA c’est aussi ce moment de l’année où les pros viennent faire leur marché, en attendant Bourges et les Francos. Vu les sourires sur les visages, la foule présente au Divan du Monde s’est laissé gagné par l’énergie communicative de la bande et par ses titres tantôt dansant comme « Unsatisfied », tantôt planant en piano-voix comme la magnifique This Is How I Let You Down, titre qui a donné son nom à leur premier album sorti en France, il y a quelques jours. A découvrir très vite. Pour rappel, ils seront en première partie de Half Moon Run, le 4 novembre au Trabendo.

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Chapelier Fou

Tout est dans le titre, avec Chapelier Fou on a de la magie, des merveilles et un brin de folie. Derrière leurs claviers, ils sont quatre. Quatre musiciens qui jonglent entre leurs instruments respectifs (violoncelle, violons, clarinette et guitare électrique) et les samples électroniques. On entre dans un monde onirique où l’on se prend à rêvasser, porté par les envolées de violons, le calme solennel du violoncelle et les pirouettes de la clarinette. Il y a des touches de musique classique, de baroque, de musique traditionnelle, mais aussi des rythmes à la drum & bass. Un mélange plein de surprises pour les oreilles. Et les yeux ne sont pas en reste : les lumières font elles aussi des merveilles !

In The Canopy

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In The Canopy

Oh la la, alors on n’a pas écouté le groupe mais le déhanché du chanteur chevelu était vraiment sexy. Whaouh, chaleur quoi.

Really ? Non. Ça fait un moment qu’on suit ce groupe et on se réjouit de les voir dans la nouvelle promo du Fair. Sur scène, c’est une dynamite de sonorité qui explose au milieu duquel un chanteur aux allures de chaman profère des incantations avec sa voix suave. Les garçons sont littéralement habités sur scène, on aime les instants où seuls les instruments parlent, le magique solo de guitare sur la géniale « Never Return », et cette reprise en apesanteur de « Teardrop » (Massive Attack).

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Inna Modja

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Inna Modja

Inna Modja c’était LA femme de la soirée, et quelle femme ! Une voix chaude et des mouvements chaloupés sur une musique africano-électro. On aurait préféré la voir dans une salle plus intime et cosy que le Backstage By The Mill parce qu’on sent qu’elle a des choses intéressantes à dire en plus d’avoir une jolie voix et le sens du rythme. En tout cas, elle a réussi à réchauffer le public, même si nous avons eu du mal à nous concentrer. Chapeau tout de même à ses musiciens, notamment le percussionniste qui excellait au tamani (petite percu d’aisselle).

Texte : Sabine Swann Bouchoul (notamment l’ital.) & Jeanne Cochin

Photos : Emma Shindo

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