2016 n’aimait pas la musique

La longue liste des disparus de la musique en 2016 s’allonge : George Michael est mort, un 25 décembre, à l’âge de 53 ans. « Last Christmas », disait la chanson…
2016 n’aime pas la musique. C’est la seule explication que j’ai trouvé. Pour expliquer quoi ? La mort de toutes ses icônes de la musique. Et puis, d’un commun accord, le monde entier a décidé que 2016, comme ses grandes sœurs, 2015 et 2014, était une année de merde. Politiquement, socialement, géo-politiquement parlant. Et musicalement donc.

Le 8 janvier, David Bowie sortait son nouvel album Blackstar. Le dernier. Mais, on ne le savait pas encore, quand on a lancé la première écoute. Même si avec « Lazarus » et son clip, on s’est dit que quelque chose n’allait pas. Que c’était une mise en scène étrange et qu’il y avait un message caché derrière. Oui, il y avait un message. Et il n’était pas caché. Il nous disait adieu, avec toute sa classe, sa folie, son élégance et son génie. Et, il nous manque. Il y avait cette phrase sur Twitter dite par je ne sais plus qui, qui disait, en substance, qu’il fallait s’estimer heureux d’avoir vécu sur Terre en même temps que David Bowie. Personnellement, je ne suis toujours pas remise de sa disparition, je suis toujours dans la phase de déni. On dit que dans un deuil, il y a plusieurs phases.

Mon ascenseur est toujours bloqué au sous-sol et il n’a pas vraiment envie de regagner le rez-de-chaussée parce qu’il faut s’habituer à vivre dans un monde sans David Bowie, mais aussi dans un monde où il n’y a plus de Prince, de Pete Burns, de Billy Paul, de Bobby Vee, de Viola Beach, de Greg Lake, de Sharon Jones, de Slow Joe, de Leonard Cohen, de George Michael. Ce dernier départ vers l’au-delà s’ajoute à la longue liste des légendes parties en 2016. Il est mort un 25 décembre. « Last Christmas », disait sa chanson. Partir avec classe, dit-on. Il avait 53 ans.

S’il y a un endroit où reposent les chanteurs morts, ça doit être la grosse teuf. Nos idoles se meurent, les unes après les autres. Et ils nous restent que nos yeux pour pleurer, et nos oreilles pour saigner : Jul, PNL, SCH et autres abréviations incompréhensibles trustent les premières places au top des charts. Si les grands-parents de tes parents pensaient que les Rolling Stones étaient la musique du diable, imagine ce qu’ils diraient en écoutant les « chansons » de Jul. À côté, même Maître Gims passerait pour un songwriter émérite.

Le rock est mort aussi

Nos idoles se meurent. Nos festivals aussi. Celui d’Île-de-France, Musique en Stock, le Pont du Gard, le RDTSE ont mis la clé sous la porte. Leur décès a été annoncé à quelques semaines de différence. Manque d’argent, dit-on, raisons économiques, les régions, les politiques considèrent que la culture n’est pas importante. Qu’en temps de guerre (apparemment nous sommes en guerre si on écoute BFM), mieux vaut ne pas dépenser les deniers pour instruire, divertir, cultiver la plèbe. Continuons à leur donner du Jul à écouter. Ça instruit. Continuons à niveler le bas et mettons Bob Dylan, Neil Young, Patti Smith dans un endroit sûr. On aura besoin d’eux pour survivre à l’année qui vient… À ce qu’il paraît, James Blunt sort un nouvel album.

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