On a vu : « 1:54 » de Yan England

CRITIQUE CINÉMA – Un film québécois, avec en prime Antoine Olivier Pilon pour le premier rôle, il ne nous en faut pas plus pour nous précipiter au cinéma. « 1:54 », un film à ne pas manquer !
Tim (Antoine Olivier Pilon) et Francis ont une passion : la chimie, faire des étincelles et des petites explosions. Au lycée évidemment ils passent pour des losers. Pourtant ils sont sympas, n’embêtent personne et font leurs expériences dans leur coin, discrètement. Les gros durs du lycée – une énorme structure en béton bien glauque à Longueil – se font un plaisir de les martyriser : boulettes de viande jetée en pleine face à la cantine, moqueries sur Internet, ils vont même jusqu’à enfermer Francis dans un casier.
Et là c’est le drame. Francis ne supporte plus la situation, il décide d’en finir. Tim n’ose pas s’opposer, il est dévasté. Après la catastrophe, il n’a plus qu’une idée en tête, se venger. Mais ce n’est pas si simple quand les représailles peuvent être si violentes. Sa solution : reprendre le 800 mètres, atteindre 1 minute 54, et obtenir l’unique place aux championnats nationaux, place tant convoitée par Jeff (Lou-Pascal Tremblay), son bourreau.

1:54

Un film bouleversant

Le film aborde plusieurs sujets de fond durs et graves : le harcèlement scolaire bien sûr mais également l’homophobie, l’acceptation de soi-même, la vengeance, le deuil, etc. Le fil conducteur c’est Tim, qui traverse mille épreuves avec force et courage. Personne ne le comprend parce qu’il ne dit rien. Il ne dit rien à personne, ni à son père pourtant à l’écoute, ni à son amie Jennifer (Sophie Nélisse), ni même à son coach qui est prêt à l’entraîner en pleine nuit sans lui demander d’explications. En se réfugiant dans la course, Tim ne cherche pas à s’occuper l’esprit ou à transformer son désespoir en action, ce qui le motive c’est l’idée d’en finir avec son harceleur.

L’excellence du jeu d’acteur et de la réalisation

Antoine Olivier Pilon, la révélation de Xavier Dolan dans Mummy, est le cœur du film. Intense dans son silence et puissant dans sa détermination, il nous fait oublier le jeu d’acteur. On s’attache à la mission qu’il s’est donnée, on pense le comprendre, être entré dans son esprit, mais non, rien ne se déroule comme on l’attendait. Et la fin explosive nous assomme de silence.
 Ce film est saisissant, palpitant, sensible et beau. On n’en dévoilera pas plus de risque de gâcher l’émotion en salle. Sortez les mouchoirs, réparez un remonte-moral pour l’après-film, mais surtout ne passez pas à côté : 1:54 ne vous laissera pas de marbre.

► 1:54, de Yan England, avec Antoine Olivier Pilon, Sophie Nélisse, Lou-Pascal Tremblay, Robert Naylor, en salle en France depuis le 15 mars.

Au cinéma UGC Les Halles : rencontre avec le réalisateur Yan England lundi 20 mars et mardi 21 mars à 20h10 à l’issue de la séance.
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