Lettre à Amy Winehouse

REHAB – Samedi 23 juillet 2011. Un samedi comme un autre… jusqu’à ce que le téléphone surcharge en notifications et annonce le décès d’Amy Winehouse

Chère Amy Winehouse, c’est avec ma plume malhabile et émue, que je t’adresse cette lettre, en ce dimanche 23 juillet 2017.

« Je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Sur la terrasse de mon appartement parisien, je rêvais doucement. Nous étions un samedi après-midi (presque) comme un autre. Un samedi 23 juillet 2011, où la météo n’était pas des plus belles. Un samedi post-attentats en Norvège, où la ville d’Oslo et l’île d’Utøya vécurent l’horreur la veille et où l’on voyait, à la télévision, des images terribles depuis 24 heures. Je me souviens qu’autour de 16h, mon téléphone fut pris d’une surchauffe à cause des notifications. Ce samedi 23 juillet 2011, peu après 16h, chère Amy Winehouse, j’apprenais ton décès.

Bien que, comme beaucoup, je redoutais ce jour et m’y attendais, le choc fut réel. Tu n’avais que 27 ans et ta jeunesse t’avait été volée. J’ai pleuré sur le moment, car longtemps j’avais écouté ton album Back To Black, acheté en 2007 dans une gare parisienne, le jour de mon oral pour entrer en école d’ingénieur. Entendu de nombreuses fois sur les ondes du Mouv’, ton album avait fait sensation en 2006, lors de sa sortie. Toute souriante et heureuse, tu avais fait la promotion de ton album sur tous les plateaux du monde. Pour la France, je me souviens de ton passage dans La Musicale de Canal +. Malgré la noirceur de tes paroles, tu donnais l’envie, à tes fans, de danser et se dandiner sur tes chansons. Tu avais ce don de jouer une double musique : triste littérairement, joyeuse musicalement. Il faut dire que ton groupe était dément. Tes musiciens et tes choristes nous ramenaient à l’époque magique des Blues Brothers ! 

Mais si c’est en 2006/2007, que tu es devenue une vraie icône de la musique, tu avais déjà commencé à faire parler de toi, en 2003. Je me souviens, alors que tout le monde faisait l’éloge de ton Back To Black, que sur Le Mouv’, l’animatrice Emilie Mazoyer incitait ses auditeurs à découvrir ton premier opus, Frank. Cette animatrice t’aimait beaucoup et ne ratait jamais une occasion pour rappeler que ton premier album était une pépite, mais nous contait aussi toutes les souffrances, que tu avais pues connaître plus jeune. 

À l’instar d’un Chester Bennington ou Kurt Cobain, tu avais aussi vécu l’enfer. D’ailleurs, le documentaire Amy d’Asif Kapadia le relatait tellement bien en 2015, qu’il avait fait pleurer nombre de spectateurs dans la salle où j’avais pu voir ce film. La musique et tes chansons étaient comme un exutoire, autant pour toi, que pour tes fans. Car oui, derrière ton enfer, tu as aussi aidé des jeunes à se sentir mieux dans leur peau. Tu as incarné une certaine noblesse de l’esprit punk anglophone. Tu fus une réelle icône… jusqu’à ce que des médias décident de faire de toi une star des journaux people. Alors qu’avec Back To Black, tu avais voulu te soigner par la musique, c’est l’inverse qui s’est passé. 

Ta mélancolie, ta joie de chanter, ta beauté, ton sourire, disparaissaient jour après jour, semaine après semaine, et tu t’écroulas un samedi après-midi, de 2011. Aussi, de toi, je ne retiendrais que de belles images. Contrairement à certains, ma mémoire a effacé toutes ces fois, où tu as fait la Une de la presse people ou dite musicale, à contre-cœur. Je ne retiendrai de toi, que ta voix surdouée de chanteuse blues, ton sourire et ta Une posthume dans Rock&Folk. 

Tu (me) nous manques. Cela fait désormais 6 ans que tu es partie. Tu aurais (pu) dû avoir 34 ans, cette année… » 

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