MaMA 2017 : Safia Nolin, Pi Ja Ma, Laura Sauvage, Inüit, Sandor

LIVE REPORT – Deuxième soir au MaMA Festival. Une soirée placée sous le signe de la francophonie et du girl power. 

Berceuses et burrata

Pour commencer notre deuxième soirée au MaMA on choisi d’office le folk triste mais beau de Safia Nolin. La veille, la Canadienne ouvrait pour sa compatriote Isabelle Boulay à l’Olympia. Ce soir, elle joue aux Trois Baudets. Safia est venue toute seule, et interprète les titres de Limoilou, son 1er album, sorti il y a peu de temps en France (« Igloo », « Technicolor »). Des chansons qu’on connaît déjà bien, puisqu’au Canada, son album est sorti il y a plus de deux ans. « J’ai une passion dans la vie, c’est les reprises… enfin j’en ai plein d’autres de passions » rigole-t-elle avant de se lancer dans une tragique cover de Julien Clerc (« Ma préférence »). Superbe, bien sûr ! Entre chaque chanson la Québécoise est bavarde, et très drôle. Du tricot aux autographes de Peter Pan à Disney, à sa passion pour la burrata, Safia compense la tristesse de ses belles ballades mélancoliques avec des capsules d’humour très spontanées. Elle finit le concert sur un Namasté ! plein d’entrain, alors que l’on s’éloigne déjà en chantonnant l’air de « Ce matin ». E.S.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pi Ja Ma Party

Pi Ja Ma était en forme ce soir. Elle jouait au Bus Palladium pour les 10 ans de Cinq7. Une salle particulière pour elle, puisque c’est ici même que quelques décennies plus tôt, ses parents ce sont rencontrés. « Si la salle n’existait pas, je n’existerais pas », plaisante la jeune demoiselle. Éclat de rire dans l’audience. Faire rire le Bus, c’est un exploit en soi. C’est bondé ce soir, il faut chaud, le matos fait des siennes (un running gag cette année) mais Pi Ja Ma s’en sort plus que bien. Avec ce côté très « Nico », elle présente ses titres, en revisite quelques-uns comme le « Plateau » de Meat Puppets immortalisé par Nirvana. Pas si simple, mais elle ajoute cette petite touche d’espièglerie charmante. Espiègle c’est le mot qui qualifierait le mieux la jeune femme. S.B.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Sandor, la force douce

La Suisse francophone, avec Sandor, prend la suite du Québec sur la scène des Trois baudets. Autour de la jeune chanteuse, une clavieriste-choriste et un percussionniste électronique ; dans ses bras une guitare électrique et devant elle un pad-clavier. Le trio est tout de noir vêtu, les éclairages sont sombres, tout est fait pour pénétrer en douceur dans le monde intimiste de Sandor. Elle nous confie qu’elle est timide, mais sur scène quand le tempo est donné c’est une femme fatale, rockeuse, battante et sûre d’elle qui prend en main scène et public. Ses textes parfois crus, comme ce titre NSFW où elle répète « Baise-moi » avec moult détails, sont aussi extrêmement poétiques. La sonorité des textes fait écho à la musique, se répétant en boucles hypnotisantes. Elle parle d’amour et de désirs comme personne, avec des mots simples mais parfaitement agencés comme dans « Bar de nuit » où de sa voix feutrée elle chante « J’sers les poings dans mes poches et / Je retiens mon souffle / Pendant que je m’approche lentement de sa bouche ». Avec Sandor on voyage et on se sent le courage de tout oser. J.C.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Laura Sauvage, l’authentique rockn’roll girl

Laura Sauvage et ses trois musiciens branchent leurs guitares, ajustent les tomes de batterie et attaquent le set, électriques. Assis, le public des Trois Baudets savoure le rock brut, seventies et garage de la jeune acadienne. Les guitares sont saturées, la batterie incisive et la voix est nonchalante. Laura Sauvage, qui porte bien son nom, a quelque chose d’animal. Authentique, elle ne s’embarrasse pas du superficiel et délivre toute sa passion et sa hargne dans ses morceaux. Déjà 1 EP et 2 albums – dont le dernier, The Beautiful, vient tout juste de sortir – au compteur, la jeune femme a des choses à dire, et elle le fait si bien qu’on aurait nous aussi envie de l’accompagner frapper du pied contre tous les Trump de la Terre. J.C.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La confirmation Inüit

On finit la soirée au Bus Palladium que les six Inüit ont décidé de transformer en boîte de nuit. Leur set commence vers 22h20, le Bus Palladium est bien rempli, l’entrée se fait au compte-gouttes. Comme d’habitude, un concert d’Inüit c’est un atome en fusion. L’éruption ne se fait jamais attendre. Entre les titres désormais bien connus tirés d’Always Kevin leur 1er EP, des parenthèses dance et quelques nouvelles chansons (« Adama » déjà entendue à Rock en Seine et « Comment on fait le feu » si j’ai bien compris le titre…), la pop-électro tribale des Nantais est toujours aussi efficace. On le sent toujours très heureux d’être sur scène, et sincèrement, leur enthousiasme, leur pas de danse, leurs percussions à gogo et les regards qu’ils se lancent en douce pendant le concert sont communicatifs. On se questionne juste sur « Into Foam », la nouvelle (belle) chanson en français de clôture du set, plus atmosphérique que les précédentes. Un « Dodo Mafutsi » aurait peut-être été plus approprié pour finir en beauté cette bouillante soirée. E.S.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

À LIRE AUSSI
Safia Nolin : « Faire du folk dans les bois c’est fini ! »
INÜIT : « Notre premier concert était une fête de potes à la campagne »

Texte et photos : Sabine Bouchoul, Jeanne Cochin et Emma Shindo

Advertisements

Laisser un commentaire