La tête dans les étoiles avec Angus & Julia Stone (+ Isaac Gracie) au Zénith

LIVE REPORT – Retour sur une soirée de folk power, avec les très populaires Angus & Julia Stone, accompagné par un futur grand, Isaac Gracie.

Tu ne le sais peut-être pas, mais dans la team Rocknfool, parfois on n’est pas toujours d’accord. On essaie de se convaincre à coup de vidéos, souvent d’acoustiques. Et je dois avouer que je ne comprenais pas l’enthousiasme d’une partie de l’équipe pour Isaac Gracie. Si tu trouvais comme moi qu’Isaac Gracie faisait de jolies chansons mais tu n’avais pas plus les poils que ça, je te suggère d’aller l’écouter en live, tu changeras sans doute d’avis. Comme moi.

Ce soir-là, en première partie d’Angus et Julia Stone, Isaac Gravie est en trio. Une batterie subtile et une basse discrète qui apporte du relief aux guitares électriques qu’utilise Isaac pour s’accompagner. Rien d’extravagant, mais c’est bien suffisant. La voix de l’Anglais prend une toute autre ampleur et envergure en concert : elle vibre, elle est fragile parfois, presque sur le point de se casser, mais elle tient, elle résiste, elle vit. Cette voix qui raconte les doutes (« Terrified »), la tristesse (« Reverie ») ou l’anxiété (« Silhouettes of You »).

Sur scène, Isaac Gracie se révèle, lui qui semble si introverti se libère de cette nouvelle notoriété inattendue qu’il a encore du mal à assumer. Les trente minutes sont passées beaucoup trop rapidement.

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Totems et chansons tristes

C’est un peu après 21h qu’Angus et Julia Stone débarquent sur scène, avec leur quatre musiciens. Derrière eux, un gigantesque totem électrique a été dressé à l’inter-set. Un autre, tout petit, est posé sur l’un des ampli à côté de la batterie. Un grand écran diffuse des images romantico-psychédéliques : des mandalas, des étoiles, des loups qui hurlent, des soleils couchants… Sur le devant de la scène, Julia et Angus sont à un bon mètre cinquante d’intervalle. Julia,  en robe dentelle noire et blanche est resplendissante, Angus casquette vissée sur le crâne, grosse veste en cuir et chemise blanche bien loose est fidèle à lui-même.

Le concert débute par une petite intro à la trompette par Julia, suivi rapidement de « Baudelaire », l’une de mes chansons préférés de Snow, leur dernier album. Le frère et la soeur ont l’air très heureux de se retrouver au Zénith ce 1er novembre. Je me souviens de leur concert dans une Maroquinerie bondée en 2014. La transition dans une arène ne leur pose aucun problème, l’adaptation est naturelle et convient finalement bien à leur musique. La fosse est pleine, et malgré le rythme assez lent de leur musique, le public ondule. Il se réveille lorsque les premières notes de « Chateau » retentissent. Mais vite, l’enthousiasme est stoppé avec « Wherever You Are », joué à deux guitares sous un halo de lumière, avec charmant solo d’harmonica. Et oui, Angus & Julia Stone c’est surtout beaucoup de chansons tristes, comme le rappelle Julia.

Un concert c’est l’occasion de découvrir des titres qu’on n’aimait pas forcément en version studio. C’est le cas de « Private Lawns » tiré de A Book Like This, et son intro à la « Camisa Negra » qui voit Julia faire un très bon solo de trompette précédant un solo de banjo absolument divin (d’ailleurs très largement applaudi). L’ambiance est devenue festive, et le public peut enfin se déhancher avec « Who Do You Think You Are » et son synthé-orgue sous les lumières tournoyantes.

L’enivrement selon les Stone

Tour à tour mis en avant selon les chansons, Angus et Julia n’hésitent pas à prendre la parole longuement pour présenter certains titres. Entre « Yellow Brick Road » jouée spécialement pour une fan et la superbe « For You », les deux Australiens parviennent à nous faire rire. On aime particulièrement l’histoire de « For You ». Écrite un soir, dans le but de reconquérir un ex. Suivie d’un laconique « nice song », puis d’une réponse deux semaines plus tard par le biais d’une démo intitulée « Going to Hell ». Ils sont restés amis tient à nous préciser Julia.

Avant « Nothing Else », Julia s’essaie même au français, avec une récitation d’un poème de Baudelaire, Enivrez-vous, qu’elle a appris par cœur pour l’occasion. On ne peut que saluer l’effort et le courage. Rappelle-toi tes récitations seul devant tes 25 camarades de classe et ton cœur battant la chamade. Imagine toi alors devant des milliers de fans, dans un silence absolu, à parler une langue que tu ne maîtrises pas. Voilà.

On relève aussi « Big Jet Plane » arrangée en version acoustique, et tous ces téléphones qui s’élèvent pour former des « papillons » de lumière, illuminant soudainement le Zénith. Ou encore ces confettis blancs pour « Snow » qui se déversent sur la scène tel une tempête de neige. Inattendu et charmant. Une heure et quarante-cinq minutes après le début du show, le duo salue le public dans un tonnerre d’applaudissements. Ils reviendront pour trois titres, dont une reprise de Neil Young pour le plus grand bonheur du Zénith.

Setlist : Baudelaire / Make It Out Alive / Cellar Door / Heart Beat Slow / Chateau / Wherever You Are / Bloodhound / Private Lawns / Who Do You Think You Are / Yellow Brick Road / Nothing Else / Big Jet Plane / For You / My House, Your House / Snow / bis : Grizzly Bear / Harvest Moon – Neil Young / A Heartbreak

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Photos : Emma Shindo

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