Cavetown sort de sa cage à l’Elysée Montmartre
LIVE REPORT – Plongée dans le nouvel univers de Cavetown à l’Elysée Montmartre debut avril. De quoi voir les effets bénéfiques du temps et de l’expérience.
Ce vendredi 3 avril, on était à l’Elysée Montmartre revoir Cavetown – aka Robin Skinner, trois ans après l’avoir déjà applaudi à la Laiterie. Et il faut bien l’avouer, depuis le concert de 2023, je n’avais plus vraiment suivi ce que Cavetown avait sorti. J’en étais restée aux sonorités pop toutes douces de Animal Kingdom, Worm Food et Lemon Boy. Mais ce nouveau projet met en avant un son davantage tourné vers le rock indie. Et ça bouge étonnamment beaucoup, compte tenu de ce à quoi il nous avait habitué. Des morceaux comme “Cryptid” ou “NPC” laissent plus de place à la guitare, et explorent des genres assez inattendus.

En me renseignant par-ci par-là et en lisant quelques interviews, je vois que c’est quelque chose de voulu, et, si la volonté était de créer de la surprise voire de l’inattendu, et bien c’est plutôt réussi surtout auprès des vieux fans. C’est l’album qui a mis le plus de temps à sortir depuis le précédent, permettant à l’artiste d’évoluer pour le plus grand bonheur des fans qui sont, et je les vois au premier rang, au rendez-vous.
On n’oublie pas le Cavetown des débuts
Je lisais dans une interview que l’idée n’était pas de dire au revoir à “l’ancien Cavetown” mais plutôt de préserver des souvenirs de cette période. Impossible de dire si cette idée est intervenue au moment de créer la setlist… En tous les cas l’équilibre entre vieux et nouveaux morceaux est bien tenu et ne laisse personne sur la touche. Evidemment, j’aurais adoré retrouver sur la setlist “Lemon Boy”, qui est l’une de mes chansons préférées, mais il faut laisser aux artistes la liberté d’avancer ! Parfois à contre-cœur. Impossible de ne pas clôturer le concert avec un super rappel : “Home” puis “Devil Town”, deux morceaux qui ont le don de faire remonter des souvenirs ! Au final, onze morceaux du nouvel album qui a été on peut le dire plutôt bien défendu, et neuf autres piochés ça et là dans la discographie déjà très fournie pour son âge de l’artiste.

Du nouveau dans la musique mais pas que
Ce qui m’a le plus bluffée, c’est clairement l’aisance scénique de Cavetown. Moi qui avais le souvenir d’un Cavetown derrière son micro, visiblement stressé à l’idée de se déployer devant le public, j’ai eu ici l’impression de voir une chenille devenir papillon ! En trois ans, c’est certain que l’expérience ne permet que d’évoluer, mais c’était très flagrant ici et ça m’a donné envie de suivre cette évolution de près. Sur la scène de l’Elysée Montmartre, Cavetown se déplace comme s’il était chez lui. Il communique avec son public, parlant souvent de sa copine restée à New York , et n’hésite pas à prendre possession de tout l’espace qui l’entoure. La scénographie est par ailleurs particulièrement jolie avec un pied de micro prenant la forme d’une branche et en arrière-plan un décor végétal très stylisé.

En bref, si un artiste vous semble peu à l’aise sur scène, laissez-lui trois ans et vous aurez l’impression de voir une véritable métamorphose !
Texte et photos : Lou Geniller
