Les belles découvertes du Festival ABEL

LIVE REPORT – C’était la troisième édition du Festival Abel, au Pop-Up du Label. L’occasion de découvrir de nouvelles perles d’artistes francophones. De la pop à l’électro, en passant par la chanson jazz ou folk, il y en avait pour tous les goûts.

On a passé notre fin de semaine dernière en compagnie des petits nouveaux de la scène francophone, au Pop-Up du Label. Pour la troisième année consécutive, le Pop-Up du Label accueillait en ses murs le festival Abel mettant en avant les petits jeunes, révélations de demain. Sur les traces de Pépite, Adrien Soleiman, Eddy de Pretto ou Clara Luciani, qui avaient participé aux éditions précédentes, ce sont 9 groupes ou artistes qui se sont succédé pendant 3 jours. Malgré une salle peu remplie, l’ambiance était au rendez-vous, et les belles découvertes également.

Albé, le romantique

On est moins de 10 dans la salle quand Albé monte sur scène. On avait déjà rencontré le chanteur à la voix douce sur scène alors qu’il avait assuré en duo la première partie de Juniore à La Boule Noire. Ce soir, c’est entouré d’un batteur et d’un claviériste-trompettiste qu’il assure le set. Ses titres, mélangeant anglais et français, penchent tantôt du côté pop, tantôt chanson jazzy (l’effet trompette certainement). Il termine sur « LSD TV », titre qui résume à lui seul le style Albé : chanson romantique en piano-voix se laissant embarquer joliment dans une pop instrumentale au tempo dynamique et aux rythmiques dansantes.

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Maxime Jerry Fraisse, l’artiste abstrait

C’est sur une scène dépouillée que Maxime Jerry Fraisse entame son set. Seul, avec pour uniques compagnons de scène une pédale et un long fil de micro enroulé, il commence par lancer doucement ses sons depuis un clavier-pad installé dans un coin. Il crée doucement une atmosphère, ajoutant sporadiquement des pistes les unes aux autres. La pression monte, les rythmes se font graduellement plus soutenus, allant jusqu’au dub. Et puis vient la voix. Elle n’est d’abord que sons planants, comme voilés, avant de se faire mots, lentement et langoureusement articulés. Maxime Jerry Fraisse raconte le quotidien, augmenté d’une touche poétique frôlant parfois l’art abstrait. On se laisse facilement fasciner par ses créations. Balançant d’une jambe sur l’autre, rythmés par les contretemps, on se fait porter par la voix aérienne. Le set évolue ainsi créant progressivement un cocon confortable. Avec « Papillon », la voix devient celle d’un conteur, il ne chante plus mais récite son histoire, la frontière est fine. Le titre se clôt sur une partie instrumentale aux accents punk. On est conquis.

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Üghett, les enflammeurs du dancefloor

Le trio d’Üghett vient clore en beauté la première soirée. La jeune femme au micro emporte toute la salle dans une danse psychédélique rythmée par des basses électro bien marquées. Sur fond de techno-dance endiablée, Diane accapare de son charisme fascinant la petite scène du Pop-Up. En français, et avec une voix se laissant parfois entraîner dans des tons jazz et soul, elle parle de notre quotidien et de cul essentiellement (« Je baise » ou « Enfin je m’abandonne », seul titre disponible sur la toile). Le discours est clairement féministe, pour la liberté et l’affranchissement des corps face aux diktats de la beauté imposées sur papier glacé. La foule est déchaînée, le groupe se marre, c’est complètement jouissif. On reviendra sans hésiter !

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Melissa Bon, l’intense ténébreuse

Pour la deuxième soirée du festival, c’est Melissa Bon qui entame les festivités. La jeune femme en impose quand elle monte sur scène. Dans son grand costume noir elle a le charisme d’une Clara Luciani et l’intensité d’une diva jazz. Ses premiers mots ne masquent pas son émotion à se retrouver sur la scène du Pop-Up. Derrière elle, se tiennent deux hommes souriants, l’un au piano et pad électronique, l’autre aux percus et machines. À trois ils instaurent tout de suite une atmosphère douce et conviviale. Les titres de Melissa Bon sont pourtant emprunts d’une mélancolie poétique, parfois sombres et toujours interprétés avec une sincérité émouvante. C’est un folk-jazz minéral qui se joue là. Elle chante notamment « Nomad » et « One », deux titres à paraître sur son premier EP, Away, attendu pour le 15 juin.

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Aprile, la pop-funk dansante

Ils ne sont que deux sur scène et pourtant avec Aprile, l’ambiance est électrique. L’un à la basse et samples, l’autre à la guitare et au chant, les deux hommes savent faire le show. La musique navigue entre pop électronique et funk minimaliste. L’ensemble est festif et dansant. Au milieu du set cependant, c’est une toute autre ambiance, qui nous fascine complètement, qui se crée. Aprile, seul à la guitare-voix, interprète « Yeux disent » de Lomepal avec beaucoup de douceur et d’émotion. Une bien jolie réécriture, qui rompt (pour un temps seulement), l’énergie sautillante du duo.

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Antonin Appaix, le poète nonchalant

Dans son survet de sport et avec son dégingandé, Antonin Appaix donne l’impression d’un grand ado nonchalant. Ses deux compères de scène lancent des pistes et sons électro, tandis que lui attrape un micro par le cordon pour chanter d’une voix lasse et gutturale des textes aux thèmes marins (« Grand Gobie », « La baigneuse », « Ta peau contre ma peau »). Alors qu’il chante, il fait des étirements, arpente la scène. Antonin Appaix, c’est de la chanson, de l’électro parfois psyché, du sentiment poétique, le tout un peu perché.

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Ouai Stéphane, l’homme qui faisait chanter les carpes

Dans la salle, pendant l’intro instrumentale, le public crie « ouais Stéphane ». Lui, Ouai Stéphane, est assis tranquillement derrière ses machines, caché, en train de siroter une bière. Après ce long moment où son nom de scène prend tout son sens, il apparaît et lance ses premiers mots : « Moi c’est Stéphane et je vais faire de la musique ». Son micro est lié à une carpe parlante, aux yeux vairons, qui s’allument ou clignotent rouge et bleu. La carpe parle et répète ses samples, tandis que lui mixe. D’autres curiosités accaparent la scène, comme cette horloge relié à un verre d’une substance jaunâtre, qui fait un son de sifflement lorsqu’on lui tourne les aiguilles. Le spectacle est surprenant, drôle et conceptuel, la musique tout autant.

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Dramadrama, l’électro-pop voluptueuse

Pour ce troisième et dernier soir de festivités c’est le trio Dramadrama qui investit la scène. La musique est électronique (machines, claviers et pad), avec quelques notes de guitare électrique de temps à autre. S’ajoute à cette instrumentalisation plutôt sombre et riche, la voix douce et aérienne de la jeune chanteuse. L’ensemble est assez planant et voluptueux, avant qu’on entre dans le côté plus dark du set – comme nous met en garde la jeune femme. Pendant près de 3 quarts d’heure le trio joue, entre autres, les titres parus sur son premier EP Forever qui sort aujourd’hui  comme « To The Sea » et une cover très réussie de Hot Chip « Look at Where We Are ».

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Royaume, les stars de la soul-pop

Le dernier groupe de la soirée, et du festival, c’est Royaume. À deux sur scène, elle au chant, lui aux machines et guitare, ils soufflent un vent de pop bien agréable sur le Pop-up du Label. Le public est connaisseur, il chante en chœur « If We ». Sur scène le duo semble ravi de l’ambiance qu’il a instauré. Le guitariste se retrouve même sur le devant de la scène, la guitare à bout de bras, à jouer des solos endiablés. Tout est parfaitement réalisé, la musique très bien écrite et la voix chaleureuse et bienveillante nous transporte. Le set de termine sur « Again », on espère en effet qu’il y aura une nouvelle scène très vite.

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