Festival d’été de Québec 2018 : Neil Young, Loud, Camila Cabello, Matt Holubowski…

LIVE REPORT – On est allé passer la fin de semaine au 51e Festival d’été de Québec. On te raconte nos trois jours intensifs de concerts à gogo.

S’il y a bien un festival qu’on apprécie tout particulièrement, c’est bien l’iconique Festival d’été de Québec (FEQ). Difficile de passer à côté de 10 jours de concerts divers et variés à travers la capitale parlementaire de la Belle Province. Ni une, ni deux, on a pris le bus drette après la job pour assister au premier week-end de concerts de la 51e édition.

Matt Holubowki est dans le radar de Rocknfool depuis quelques temps maintenant. Le Québécois a sorti son album Solitudes en France il y a quelques mois à peine. Ici, c’est un auteur-compositeur-interprète déjà bien installé. Son passage à La Voix semble bien lointain quand on le voit se muer dans un silence possédé et passionné tandis que sa musique nous enserre le cœur et l’esprit. Place d’Youville, le public est au rendez-vous pour écouter ses ballades folk-rock mélodiques aux atmosphères sauvages et oniriques. La beauté.

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« Ce soir, Neil est bon. »

Après The Weeknd la veille, c’est Neil Young qui trône en haut de l’affiche de ce premier vendredi. Le papi rockeur fait office de novice à Québec, où il n’était pas encore venu de sa longue carrière. Les plaines d’Abraham sont bien chargées, fournies d’un public de tous âges. Si on regrette un son en demi-teinte de là où l’on était, l’ex de Crosby, Stills, Nash and Young ne démérite pas lors de séquences instrumentales qu’il semble bien plus apprécier que de taper la chansonnette (en témoigne le jam de quinze minutes sur « Like An Inca » en ouverture de show). Si la foule se réjouit des « Rocking the Free World » et « Hey Hey, My My », elle semble assez inattentive lorsque Lukas Nelson, guitariste de Neil (et de Lukas Nelson & Promise of the Real) entame « Turn Off The News », pourtant une bien belle chanson. Nous on capote sur « Angry World », tout comme mes voisins de derrière qui entre deux cris enthousiastes lorsque Neil Young cassera toutes ses cordes lanceront : « Ce soir, Neil est bon. » En effet.

Un samedi pot-pourri

Rien de pourri dans notre samedi, tu nous pardonneras l’expression. Juste une journée de concerts à l’éclectisme assez exacerbé. Débutée avec le quatuor rock-psyché Fuudge dont on avait rencontré le bassiste lors de son passage aux Francouvertes en solo. Musicalement ils sont au point. Sentimentalement parlant, on a des difficultés à se raccrocher au bateau. Une proposition pas forcément accessible pour le public plutôt familial du Cœur du FEQ. Néanmoins, un bon pavé envoyé dans ta face.

Dans un tout autre registre, les Pick Brothers Band venus de Toronto avec leur cinq musiciens prennent le relais. De la pop groovy, des mélodies accrocheuses, quelques harmonies, et de l’énergie à revendre avec ce trio de cuivres qui vient pimper la formule. Ça passe crème et c’est même plutôt addictif. Mais voilà qu’on file du côté de l’ex-Pigeonnier, désormais scène Loto-Québec. La souriante et toujours très bonne Lou-Adriane Cassidy ouvre la soirée pour Jane Birkin, accompagnée de ses quatre fidèles musiciens. Pour l’occasion, et dans sa ville, la Québécoise présente tout plein de nouvelles chansons en plus de ses titres habituels. Sûrement plus pop que folk, ils figureront sur son tout premier album dont elle nous annonce la sortie fin septembre !

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Loud : he came, saw and conquered

On passe au rap du côté des Plaines, puisque Loud et son DJ Ajust ont fait grimper la chaleur et l’excitation effarante du public en quelques minutes. Des vigiles sur la défensive, des malaises en veux-tu en voilà dans les premiers rangs comprimés contre la barrière de sécurité… et du mosh-pit dans la fosse. Voilà un peu l’ambiance dans laquelle le rappeur québécois débarque avec « So Far, So Good ». Sourires aux lèvres, Loud arpente inlassablement la grande scène Bell allant chercher son public qui scande chaque mot avec lui. Il s’accordera même une petite immersion dans le pit pour aller saluer ses fans. Définitivement un concert record pour Une année record.

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Fin de soirée avec une jolie découverte bien festive : The Soul Rebels. Neuf Noirs-américains de la Nouvelle-Orléans qui maîtrisent leur instrument comme personne. Un quintet de cuivre qui joue en harmonie au quart de soupir près. Pour la section rythmique très fanfare : deux percus et un soubassophone en arrière. Quelques passages chantés et voilà la place d’Youville qui fête l’été et la musique. Très bon !

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Un beau dimanche d’émoi

On entame notre jour du seigneur avec Casual Rites, un quintet québécois bien heureux d’ouvrir la soirée pour The War on Drugs. Pas de chichis, le groupe annonce d’emblée préférer jouer que parler, vu le peu de temps qui leur est imparti. Tant mieux. On découvre un rock teinté de blues, que ce soit dans les instrus que dans le timbre de voix de Phil Matte, qui nous fait rapidement penser à celui de Devon Portlieje de Half Moon Run dans les aigus. Leur set de 40 minutes et extrêmement plaisant, entre ballades plus folk et titres plus allants où les musiciens se retrouvent pour des séquences plus rock.

Sur les Plaines, la moyenne d’âge chute abruptement. Les têtes d’affiche de la soirée ne sont autre que Camila Cabello (ex-Fifth Harmony) et Shawn Mendes, le nouveau Canadien préféré des jeunes filles en fleurs. La première fait un show en bonne et due forme, avec danseurs, cheveux qui volent et des « make some noise » à foison. Visage radieux, voix impeccable, l’Américaine aux origines cubaines commence par « Never Be The Same » et finit avec « Havana ». Rien à dire, c’est propre et fort sympathique à écouter et à regarder.

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Nos tympans ayant déjà beaucoup soufferts pendant Camila Cabello, on s’échappe vers le Cœur du FEQ où Helena Deland est en train d’hypnotiser le public de son timbre franc et inspiré. Elle annonce qu’elle est ravie d’enfin pouvoir jouer au FEQ, dont tous ses amis lui ont parlé. Elle ajoute être fort reconnaissance de la présence du public, qui l’a préférée à Shawn Mendes. Good point. Ses compositions sont douces et bourrées d’émotions qui convergent droit vers nos petits cœurs. Elle nous semble à la fois timide lorsqu’elle prend la parole mais extrêmement solide lorsqu’elle joue et chante en anglais les chansons de ses deux EPs. Un réel coup de cœur.

« C’est quand même de la bonne pop Jain. »

Last but not least, un peu de fierté hexagonale avec Jain, qui fait très vite de la place d’Youville un grand dancefloor. Désormais vêtue d’une combinaison bleue, aux épaulettes rouges, la Française porte également une manchette de robot qui lui sert à lancer ses boucles à distance. Ainsi, nous explique-t-elle plus tard, elle peut s’éloigner de sa tablette plus longuement et venir danser en avant. En attendant la sortie imminente de son deuxième album, Souldier, elle alterne nouveaux titres et anciens hits pour le plus grand plaisir des milliers de spectateurs, curieux et fans de l’extrême, rassemblés en cette fin de semaine. « C’est quand même de la bonne pop » lancera un touriste convaincu sur la rue Saint-Jean. Une belle démonstration de force pour la Française qui sera de retour au Canada en fin d’année.

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Photos : Emma Shindo

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