Opération séduction pour Gaël Faure à La Laiterie

LIVE REPORT – C’était la semaine des premières parties. Hier soir, à la Laiterie, Gaël Faure avait pour mission de séduire le public strasbourgeois de Cœur de Pirate. Mission accomplie.

Ce soir, c’est le concert de Cœur de pirate. Le monde se presse devant la porte, plus d’1h30 avant l’ouverture. Les fans de la Canadienne sont nombreux. Ceux de Gaël Faure, ce soir, probablement moins. C’est pourtant lui qui nous intéresse.

II est fatigué, n’a plus le temps d’aller chez le coiffeur et enchaîne les dates et les voyages en train à un train d’enfer, justement. On le surprend en fin d’après-midi dans une salle vide en tête à tête avec sa guitare électrique. Moment suspendu. Joie de savoir que ce sera comme ça qu’on le retrouvera pour 30 courtes minutes un peu plus tard.

Un guitare-voix électrique

Son set sera exclusivement composé des morceaux de Regain, son dernier album sorti en début d’année. Pas le temps de se perdre dans le passé, le public doit savoir à qui il a à faire. C’est un peu ça, le jeu des premières parties, surtout lorsque le public n’est pas forcément la cible la plus évidente de son propre projet. Mais c’est à un très grand Gaël Faure que le public a à faire ce soir. Est-ce la fatigue qui le pousse dans ses retranchements, qui le force à aller puiser dans une force brute et simplement élégante ? Une chose est sûre, je re-découvre des titres comme « La Saison », « Siffler », ou « Colibri ». Dépouillés, le message passe, la force du texte est là, la puissance de la voix aussi. La faute à la guitare électrique seule, sans aucun doute, charpente solide et vibrante de chaque chanson. Parfois douce, parfois percutante, elle caresse ou fait danser au gré de l’énergie que l’artiste y laisse.

Chamanisme et grands espaces

Au milieu de ses interventions, Gaël Faure fait rire la foule. Il lui explique la légende amérindienne du colibri. Fait éclairer la salle à maintes reprises pour mieux voir son public. Réussit la prouesse de faire siffler toute la salle de concert. Mais l’instant fort, le moment de grâce, c’est « Only Wolves ». Cette chanson, c’est ma pépite de Regain. Écrite avec Piers Faccini, chantée en anglais, elle m’a toujours paru la porte entrouverte sur tous les possibles de la voix de Gaël. Ce soir, cette porte a été ouverte complètement. Le frisson monte dès l’introduction, magistrale. Il y a quelque chose de chamanique dans la voix qui s’élève, lentement, implacablement, et emplit soudain tous les vides extérieurs et intérieurs. L’absence de batterie et juste ce pied qui martèle la scène au rythme d’un cœur qui bat est une bénédiction. Le public ne s’y trompe pas, le silence est complet, les applaudissements épatés. La clôture du set sur « Traverser l’hiver » finira de séduire définitivement tout le monde.

La suite, elle, se passera de commentaires. Mais gardons en tête que parfois, il y a tout de même du bon à aller voir un concert de Cœur de Pirate. Même si ce bon n’est « que » la première partie.

Gaël Faure de retour dans la région Alsace le 1er mars à Schiltigheim, au Cheval Blanc.

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