Pomme, le swag, grand-maman et Montréal

LIVE REPORT – Une fois n’est pas coutume, on a retrouvé la française Pomme pour son concert en tête d’affiche à la Tulipe. Des blagues et des surprises au menu.

Annoncé dans un premier temps à la Sala Rossa, le concert de Pomme à Montréal avait finalement été déplacé à la Tulipe. Quelques jours auparavant, la Française annonçait sur les réseaux que son concert affichait complet. Une belle surprise pour la chanteuse que l’on retrouvait pour la seconde fois de l’année après son passage remarqué cet été aux Francos de Montréal.

Suite à la vague de froid qui a touché de plein fouet le Québec, la température a fini par remonter, et la sloche a fait son grand retour sur les trottoirs de Mont-Royal. Pour l’occasion, La Tulipe est installée en mode cabaret ce vendredi soir, la grosse boule à facettes tournoie doucement au plafond de cette jolie salle du Plateau. En première partie, on retrouve Philemon Cimon, désormais chevelu et barbu. Avec sa guitare, le Québécois reprend superbement du Félix Leclerc et n’hésite pas à chanter de longues chansons de son catalogue. Pourquoi se priver ?

 

Renaître au printemps

Pomme débarque sur scène quelques minutes avant 21h, et après avoir fait une courte introduction instrumentale avec une petite machine électronique posée sur ses genoux, elle entame le bal avec « À peu près ». La jeune femme s’accompagne uniquement de guitares et de sa fidèle auto-harpe. Elle chante les titres de son premier album sorti il y a un maintenant.

Entre deux chansons, elle raconte des anecdotes sur son swag montréalais inexistant en période de froid, sa paire de bottes à 300$ essentielles à sa survie mais qui n’a pas d’allure. « À Paris c’est plus facile d’avoir du swag, mais ici vous êtes plus gentils » finit-elle par conclure. Elle s’amuse des paroles de « La lavande », qui prennent un sens inédeit. « Mourir maintenant et renaître au printemps » correspond étrangement bien à la situation actuelle des Québécois. Rire général.

Elle chante sa plus récente chanson « Séquoias » qui figurera sur son prochain album ainsi que « En cavale », l’une de ses plus anciennes qu’elle s’est remise à chanter récemment « après avoir appris ma vie ». Son timbre de velours toujours aussi maîtrisé laisse la Tulipe silencieuse et admirative. Ses graves viennent nous chatouiller l’échine, ses mélodies nous font frissonner.

Pomme, Safia, Philemon et grand-maman

On s’attendait à des surprises, Pomme n’a pas fait les choses à la légère. Si l’on a aperçu Pierre Lapointe dans la salle, ce soir-là il ne sera que spectateur de sa douce amie. C’est Philemon Cimon qui revient chanter « La violence » qu’il a coécrit avec Pomme, « une chanson vraiment joyeuse » s’exclame ironiquement Pomme, « comme un hymne à la joie, une chanson de Noël. » Puis c’est Safia Nolin qui rejoint le duo, pour une reprise de « Qui a tué grand-maman » de Michel Polnareff. On vous laisse imaginer les harmonies sur le refrain. Superbes. Pour finir en beauté, Safia Nolin reste sur scène pour interpréter la bouleversante « On brûlera » avec Pomme, comme elles l’avaient fait à la Boule Noire.

Affirmant être une angoissée des rappels, Pomme fait un pacte à l’amiable avec son public qui se prend au jeu et l’acclame telle une Céline Dion. Pour son deuxième rappel, celui-ci pas prévu donc, et une deuxième standing ovation,  le public choisit « Sans toi », l’une de ses premières chansons, qu’elle exécute de bonté de cœur, bien que courant un peu après le temps, une soirée disco a lieu juste après dans la salle. « C’est cool de faire de la musique et d’être toute seule, alors merci à vous de venir à des spectacles et consommer de la musique » glisse Pomme entre deux remerciements. On n’aurait pu mieux dire.

Photos : Emma Shindo

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