Dear Criminals, noirceur et volupté

PASSION – Tu connais ce sentiment ? Cette pression autour de ton cœur, cette force qui le compresse pour laisser s’échapper de minis décharges d’adrénaline dans toutes les terminaisons nerveuses de ton corps ? Cette impression d’avoir atteint, sans bouger d’un pouce, une terre parallèle où résonne une musique pour laquelle tu sembles avoir été fait ?
Une musique impossible à passer au second plan, une parmi tant, que tu écouterais en boucle jusqu’aux premières lueurs du jour. Et puis tu partirais bosser avec ce poids sur ton âme, cette sensation de manque cruel, de ne pouvoir poursuivre à subir les fadeurs des heures sans ces notes, ces silences, ces voix. Dear criminal est entré dans ma vie par le petit soupirail de la cave, comme des voleurs. Des criminels.

Dear CriminalsDear Criminals s’est immiscé dans ma tête comme une hache serait entrée en contact avec mon crâne. Une hache qui force son chemin agressivement jusqu’à mon cerveau, sans lui laisser le choix de comprendre ce qu’il est en train de se passer. Une hache qui a atteint son but en un mouvement brut mais indolore. Une lame qui a réveillé ma conscience violemment, lui rappelant qu’il m’est encore possible d’aimer autant la musique. De ressentir un amour fulgurant. Un shoot intense, qui fait tellement de bien.

Ils ne sont que trois. Trois c’est suffisant pour un hold-up. Deux mecs, une fille. Ils viennent de Montréal. Leur plan est simple : de l’indie-folk sombre et minimaliste, aux éclats électro, porté par deux voix claires et pures, celles de Frannie et de Charles, lascive et fébrile pour la première, fiévreuse et tendre pour le second. Vincent, le troisième acolyte, arrange le tout. Bien sur, on entend des échos de Cat Power et de Portishead. Mais ce sont de très doux échos.

Crave leur deuxième EP vient tout juste de sortir, après Weapons sorti l’année dernière. Les deux combinés ferait un album absolument par-fait. On se sent tellement bien quand on les écoute, dans une bulle douillette où l’on est bercé par la finesse des deux timbres de voix qui se marient idéalement, étourdi par ce choix audacieux, celui de ne pas chercher à tout prix à combler le blanc mais plutôt à l’enrichir subtilement. La bulle n’est en revanche pas hermétique à l’embrasement des émotions qui nous parcourent l’échine quand viennent les parenthèses (toujours bien amenées) plus électro, entre noirceur, amertume et volupté.

Dear criminals, bourreau de mon cœur.

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