Les milles facettes de Gael Faure au Cheval Blanc

LIVE REPORT – Nouveau passage de Gael Faure dans l’Est français. Après une date automnale solo, place au groupe au grand complet. Pour la dernière fois.

Une petite salle en périphérie de Strasbourg. De jolis fauteuils rouges, un balcon et une scène agréable. Le seul hic ? Le public forcément assis. Quand Gael Faure débarque en groupe, on sait bien qu’un public assis, ce n’est pas forcément l’idéal. On sait aussi qu’il faut faire notre deuil du guitare-voix qu’on aime tant avec lui. Et on sait qu’il faut se préparer à tout.

Et effectivement, il y a eu de tout ce soir. Il y a eu une entrée sur les titres phares de Regain : « Courbes et lacets », « Quelque chose sur la Lune », « Caractère ». Une lumière parfaite, une entente immédiate, un groove contagieux. Oui, le public est assis et le restera même quand Gael tentera subtilement de le faire se lever, mais les pieds tapent la mesure, les têtes dodelinent en rythme. Tout le monde est déjà dans son concert.

Les surprises du passé

Il y a eu le moment de grâce. Toujours et encore sur « Only Wolves ». Les frissons pour ce titre qui frôle la perfection, monte en puissance dans une lumière rougeâtre et prend une telle ampleur que cette salle du Cheval Blanc devient un écrin bien trop petit pour la contenir toute entière… Ce titre… ce titre…

Il y a eu quelques moments plus en creux aussi, sur « Ereinté » ou « Le goût des choses ». Mais il y a eu la surprise d’entendre des anciens titres. Mauvaise surprise de la ré-instrumentation de « Tu me suivras » qui me donne envie de crier au blasphème, tant le titre a pris une tendance électronico-dancefloor (on peut bien nous appeler puriste, on assumera). Mais l’excellente surprise de ré-entendre « On dirait l’Islande » dans une version délicate à la guitare électrique.

Et puis il y a eu l’anglais, qui va si bien à la voix de Gael Faure avec la belle « Lonely Hour », et le français si parfait pour faire passer directement le message de « Colibri » au public. Il y a eu l’instant confidence, durant lequel Gael évoquera son passé à la Nouvelle Star, et ses choix de carrière, chose qu’il ne fait pourtant jamais de lui-même d’habitude. De quoi penser que l’air de rien et le plus naturellement du monde, une connivence s’est installée dans cette petite salle. Une connivence qui se fera sentir quand il s’agira de « Siffler » tous ensemble, ou d’évaluer la moyenne d’âge à l’aide de la reprise « Quand on n’a plus rien à perdre » de Starmania.

Petits instants suspendus

Et puis il y aura eu les têtes-à-tête en guitare sèche. On reste fidèle à nos premières amours, toujours, et cette simplicité, cette façon de laisser toute la place à la voix pour se déployer jusqu’à nos petits cœurs de guimauve, cette impression de se retrouver tout à coup protégé de tout, la tête dans les nuages, tout ça on connaît bien, mais on ne s’en lasse décidément pas. « Traverser l’Hiver » et « Muddy Shoes » en seront les preuves, une fois de plus.

Alors oui, décidément, il y aura eu beaucoup de belles choses ce soir au Cheval Blanc. La parfaite manière pour le groupe de conclure une tournée avec Arnaud à la batterie et Édouard à la basse, qui s’envoleront bientôt pour d’autres missions. Et la parfaite manière surtout pour le public de découvrir ou redécouvrir un artiste français sur qui on peut compter.

Advertisements