M pour Montréal : la jeunesse canadienne a du talent

LIVE REPORT – Cette semaine c’était la quatorzième édition de M pour Montréal. Au rendez-vous : rock, pop, funk, folk, etc. De quoi s’en mettre plein les oreilles !

Une nouvelle édition de M pour Montréal se tenait cette semaine, dans plusieurs salles de la ville québécoise. Une programmation riche et variée nous a donné l’occasion de découvrir sur scène des artistes comme Claudia Bouvette ou Efy Hecks, et d’en revoir d’autres, Busty and the Bass ou Mort Rose.

La soirée où on a dansé

On entame l’événement le jeudi à la Société des Arts Technologiques. Quand on arrive Claudia Bouvette commence tout juste son set. Le public est pressé devant la scène et se déhanche déjà sur les rythmes de « Found Lust in the Dark ». La jeune femme chante d’une voix pure et rappe à la perfection. Sur « Cool It », elle enchaîne même les deux.

La musique est pop, parfois sensuelle (« Rough Zone »), parfois offensive (« Don’t Like It »). Claudia Bouvette a de nombreuses facettes, et on les aime toutes. Elle chante ce soir les titres de son premier EP sorti en juin dernier et un nouveau single, « You’re Coming Back to Me » paru en octobre. On reviendra en effet vers elle le plus tôt possible ! J.C.

Dans un tout autre style, Soran investit la scène de la SAT. Le folkeux romantique à la voix rauque un peu cassée, s’accompagne d’une guitare, et d’un trio de basse-guitare-batterie, pour chanter l’amour en commençant par « Wrong ». Il fait chanter le public sur un titre aux rythmes reggae, « Time to Time ». Il raconte l’histoire de « Not In Love W Me », qui a été inspiré par sa rencontre avec une femme qui était, malheureusement pour lui, plus amoureuse du moment que de sa personne. On accroche moyennement à la musique, malgré une belle énergie qui semble bien convaincre le public. J.C.

Ce sont les 8 garçons de Busty and the Bass, qui prennent la suite de la soirée en mains. Des cuivres, une grosse basse vibrante, des percus dansantes, des guitares et claviers groovants, et deux voix complémentaires, l’une qui rappe, l’autre qui chante, il n’en faut pas plus (littéralement, la scène aurait été trop petite) pour enflammer le public. Ils entament leur set avec « Memories and Melodies », jouent la dansante « Up To », mais aussi des titres plus doux comme « Things Change ». L’énergie est au rendez-vous, comme toujours ! J.C.

La soirée (très) tardive et underground

Vendredi soir c’est au Diving Bell Social Club qu’on se retrouve. Vers 22h20 c’est Efy Hecks qui entame la soirée. La pop psychédélique des garçons se marient à merveille avec le lieu, sombre, un peu secret et branché. En plus du quatuor classique (un chanteur-guitariste, un guitariste, un bassiste, un batteur), le saxophoniste apporte une touche de romantisme, d’envolées lyriques ou de rythmes jazzy. Les morceaux sont composés de manière à laisser beaucoup d’espace à la musique instrumentale. La voix s’y fond. On y retrouve un peu d’ambiance à la Velvet Underground, un côté old school, de romantisme garage. Ça fonctionne bien, on se fait bercer par les riffs, souvent joués à l’unisson, et la pédale wah-wah langoureuse. J.C.

Il est 23h30 passées lorsque le groupe Mort Rose entame son set, heureusement, dans la salle, le public est encore bien réveillé. C’est avec « You Wish », premier single de leur album à venir, que les quatre garçons prennent possession de la scène. Un peu crooner, un peu rockabilly, il fait tout d’un coup très chaud dans la salle. On se croirait presque dans une boume adolescente, où l’on chante des textes au romantisme sucré (et collant). Les quatre garçons ont le don de donner envie de retomber en jeunesse, d’aimer impatiemment et de danser jusqu’au petit matin. J.C.

La douce soirée de l’Ouest canadien

Dernière soirée de M pour Montréal et on décidé de prendre nos quartiers Quai des brumes pour la soirée vitrine organisée par l’APCM, qui soutient les artistes franco-ontarien et de l’Ouest canadien.

En ouverture, on retrouve le groupe folk Post Script venu du Manitoba. Depuis leur passage aux Francos de Montréal il y a deux ans, le groupe mené par le couple Stéphanie Blais et Paul Cournoyer (sur scène et dans la vraie vie) a pris un chemin plus pop qui leur sied comme un gant (exit la contrebasse). Alternant entre français et anglais, harmonisant subtilement chacun leur tour la voix de l’autre, les mélodies viennent déterrer notre côté fleur bleue, trop souvent refoulé. Coup de cœur absolu pour « Dead Flowers », une bien belle chanson extraite de leur dernier EP sorti en début d’année, The Light I Can’t Block Out. E.S.

Au tour de Louis Venne, ex Louis-Philippe Robillard de monter sur scène. Le Quai des brumes est bondé pour cet artiste adulé par les Québécois et primé à de nombreuses reprises au début de la décennie. Après une longue pause loin de la musique (plus de sept ans), le Canadien désormais installé dans les Laurentides a sorti son deuxième album le mois dernier.

Et visiblement, le public n’a pas oublié ce musicien de talent. Le timbre de voix rauque et affirmé, la plume affutée, le rockeur tantôt bluesman est comme un poisson dans l’eau sur la scène du Quai, entouré de trois musiciens (guitare bottleneck, basse, batterie) qui lui fournissent le carburant nécessaire à ses chansons décomplexées et engagées (« Comptoir »). Une chanson pour les amitiés « Plaine » et un rappel plus tard « Retrouvailles », Louis Venne réussi à nous donner une furieuse envie de découvrir Comme une bête dans les headlights. E.S.

Pour clore la soirée, et notre festival, c’est Mehdi Cayenne qui monte en scène, accompagné de son batteur. Tout de rouge vêtu, il chante, cri et saute à son micro. Il joue, lors de son trop court set, notamment « Craque-Pomme », titre paru sur son dernier album Radio Batata sorti en février dernier. Le garçon est surexcité. Excellent interprète, il vit ses textes et les fait vivre au public qui semble plutôt impressionné. Il chante surtout en français mais aussi en anglais, notamment un titre abordant le sujet de l’immigration. J.C.

Textes : Emma Shindo et Jeanne Cochin
Photos : Emma Shindo

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