Une journée en studio avec Mort Rose

I’M WITH THE BAND – On a fait un tour en studio avec Mort Rose, en plein enregistrement de leur premier album, dont la prévue est sortie cette année.

C’est par message qu’Alex (chant/guitare) de Mort Rose me propose de passer les voir en studio l’été dernier. Les quatre garçons enregistrent leur premier album prévu pour le printemps 2019. Il fait beau et chaud, les Montréalais et les touristes sont de bonne humeur. Montréal dans sa plus belle parure.

Rendez-vous est donné un samedi midi dans Hochelaga, le quartier de prédilection du groupe. Julien (guitare) vient nous ouvrir la porte blindée du lumineux et cosy Studio B. Il y a des instruments et des câbles partout. Des bières dans le frigidaire et du café à disposition. Les Velvet en fond sonore.

Alex, Julien et Mark (batterie) sont déjà là. Christophe (basse) travaille dans la matinée et va nous rejoindre quelques minutes plus tard. En attendant, les trois gars écoutent les enregistrements de la veille, concentrés autour de la table de mixage. Ils peaufinent ce qu’ils peuvent. Ils sont déjà bien fiers de leur travail.

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Un jardin presque secret

Lorsque Christophe fini par arriver au Studio B, c’est parti pour l’enregistrement de « Jardin secret », leur titre live qui a passé la sélection des chansons qui ont potentiellement la chance de figurer sur la version finale de l’album. La préférée de Christophe. En cercle au milieu de la pièce, les garçons donnent du leur.

Julien est passé à la basse, et Christophe à la guitare. Ils la referont plusieurs fois. Sur la fin, Christophe commence à souffrir un peu des doigts, suite à ses solos enflammés où il se donne corps et âme. Ils m’encouragent à passer entre eux, sans aucune gêne. Finalement, j’apprendrais quelques semaines plus tard que la partie de batterie de Mark a été supprimée pour devenir uniquement cymbale. Une idée nocturne d’Alex, soutenue par Benoît, leur réalisateur. « Ça sera peut-être l’une des meilleures décisions de l’album ! », s’exclame Alex.

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« On se chicane, puis on se fait une joke et on se prend dans nos bras et on rit. »

Sur une semaine de studio, ils ont bossé plus qu’ils ne l’espéraient. « On est entré en studio avec l’idée de faire les bases, et les voix si t’es chanceux. On était supposé faire 16h-22h, finalement on a fait du 14h-0h. On est arrivé avec onze chansons on est reparti avec onze chansons. C’était une immersion incroyable ! » me dit Alex quelques jours plus tard, attablés dans un bar de Rosemont en compagnie de Christophe. « On n’a pas bloqué, on était sûr de nous. Le squelette de l’album au complet est fait, et c’est Blaise Borboën-Léonard (Lydia Képinski) qui va faire les arrangements. »

Malgré un bel enthousiasme, ce premier album n’a pas été qu’une partie de plaisir. Christophe m’explique : « Il y a 5-6 mois c’était un album complètement différent qu’on allait enregistrer. On faisait beaucoup de shows après les Francouvertes et on enregistrait parfois des sessions de 2h en fin de semaine. On n’était jamais tous là. Au final c’était des pièces qu’on aimait moins, avec une esthétique moins cohérente, quelque chose qui nous représentait moins. »

Résultat, ils prennent le temps de se poser au début de l’été. De discuter et de repartir travailler à leur local plusieurs jours par semaine, à partir de fragments de nouvelles chansons enregistrés sur le téléphone portable d’Alex. L’album naît de cette table rase. « On a écrit l’album en une semaine suite à ça. On s’est beaucoup éloigné de ce qu’on faisait », annonce Christophe.

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« On prend des chansons pop traditionnelle et on criss plein d’affaires dedans. »

Aucune chanson de leur EP ne figurera sur l’album. « Techniquement on pourrait reprendre ‘La femme flemme‘, ça pourrait fiter dans l’album. C’est juste que ça appartient aux gens qui nous ont connus avant. On ne devrait pas nécessairement prendre ancrage sur notre EP » explique Alex.

La principale différence de l’album avec leur EP ? Il n’y aura aucun synthétiseur. Ils iront chercher le côté cheesy avec des violons et d’autres instruments variés : des cordes, des vents (clarinette), cuivres et percussions (marimba, timbales), même une harpe et un thérémine. Ils font également appel à leurs amis pour dénicher et tester certaines guitares et basses. 18 en tout. « Ça ne nous tentait pas de faire un album rock comme l’EP pendant 12 chansons, on trouvait ça plat », avoue Alex. « On s’était toujours dit que lorsqu’on ferait un album, il montrerait l’ampleur de ce qu’on est capables de faire. L’amour sous tous ses angles. Quatre chansons ce n’était pas assez pour tout dire. »

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« On ne fait pas semblant, on s’aime et on a du fun ensemble. »

« Il y avait une petite vibe rétro sur l’EP, qui passait plus par l’exécution et le sujet que par le son, et là c’est totalement l’inverse, précise Christophe. « On a décidé de faire un peu comme si on était dans les 60’s car ce qui unit les quatre gars de Mort Rose c’est l’amour des musiques 60’s, le rock et les ballades ultra sentimentales.« 

Pendant une semaine, les garçons ont donc trituré tout un tas de vieux instruments, essayé une pléthore de micros, fait des micro-siestes, chanté des harmonies à gorges déployées, discuté des titres des chansons, retiré des parties instrumentales sur des coups de tête, enregistré un titre entièrement live, ou misé sur une chanson plus vocale, plus Beatles comme ils disent. Ils ont expérimenté au possible. Ils se sont pris un peu la tête bien sûr, mais ils ont toujours fini par se rabibocher autour de la musique. Car il n’est pas question de faire semblant : « on s’aime vraiment et on a du fun ensemble » promet Alex.

Au final, ça sera « du rock et de la pop avec un côté doux et tendre (…) de la musique d’amour avec un côté ludique et récréatif. On écrit des chansons d’amour, souvent très ironiques, très second degré. On écrira toujours des chansons d’amour et si les gens n’aiment pas ça, on n’en a rien à chier », assène-t-il. Christophe tient à circonstancier qu’il n’y aura aucune prétention dans cet album. Ils sont avant tout quatre amis qui font du rock, et « l’important, c’est faire ce que tu fais pour les bonnes raisons. »

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« Peu importe ce qui va arriver avec cet album-là, c’est un album que j’écouterai longtemps, je le trouve vraiment bon. C’est exactement ça que j’avais envie de faire, c’est comme ça que j’avais envie que ça sonne. C’est un mix de nos quatre personnalités », conclue Alex entre deux pintes de bière et plus de 2h de conversation pleines de digressions très drôles où il a été question de Gaspésie, de dumplings, d’Hubert Lenoir, de carte cadeau L’Aubainerie et de saucisses sur des Bloody Ceasar. En attendant l’album…

Mort Rose sera en concert à l’Escogriffe le 7 février. Pay what you can.  [EVENT]

Propos recueillis par Emma Shindo

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